La lente humanisation du héros se fait à petites touches, dans un tempo maîtrisé. La caméra suit le mouvement entre plans serrés et plans larges alternés avec maîtrise. C’est émouvant sans tomber dans le pathos ou le mélo. Bref, j’ai aimé.
J’ai cru comprendre que c’était le premier film de la réalisatrice et qu’elle s’est énormément renseigné sur tout se sujet qu’est la réhabilitation en milieu carcéral avec les animaux. Et ben autant dire que c’est excellemment bien foutu. Autant expédier les défauts tout de suite, la relation entre Roman et Marquee peut être un peu trop rapide, c’est très bien fait et suffisant pour un film de 90min, mais nous ne somme pas sur une historie aussi bien développée que dans « l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » par exemple... mais bien sûr ce dernier était bien plu long, ça y joue ;) Quelque petit soucis pour bien filmer des scènes, notamment celle où Roman commence à monter à cheval, on nous ne le montre peut être pas assez et c’est peut être un peu trop « cut » par moment. En soit c’est plus des points à améliorer peut être à l’avenir pour de prochain film que de véritable point négatif ;) En ce qui concerne les points positifs : - très bon acteurs, notamment le père et la fille, ça suffit à rendre poignant l’histoire de Roman, et aussi sa relation avec Marquee. - Marquee personnage à part entière, extrêmement bien dressé/dirigé pour que son lien avec Roman paraisse très naturel - une photographie très correcte (malheureusement je peux pas mieux discuter de ce point à cause de l’écran de mon cinéma qui sont juste dégeu...) j’en retient surtout les plans larges sur les groupes de chevaux en liberté au début. - une très belle histoire de Redemption pour ses gens qui finalement #légérSpoiler : auront effectué des homicides par des excès de colère, sur un coup de tête, que par véritable méchanceté, des cas qui peuvent/veulent se racheter# - et bien d’autre encore... Voilà tout ça suffit à en faire une histoire excellente, très intéressante à découvrir et rarement vu au cinéma :)
Matthias Schoenaerts et son mustang sont les principaux atouts, tout en sincérité, de Nevada. On commence le film en se disant qu'on a déjà vu ce film dix fois (The Rider, La Route Sauvage...) mais Nevada parvient à se soustraire du piège du "déjà-vu complet" par un duo qui fonctionne, plongés dans des gros plans qui ne gardent que l'essentiel (l'œil, la main qui effleure les flancs lentement...). On apprend aussi la dure réalité des troupeaux de mustangs sauvages aux États-Unis, abattus ou dressés par la force, ce qui déchire le cœur. On se doute de la fin, on n'évite pas les séquences qui rappellent un peu "L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux", on se dit que les analogies entre les deux personnages ne sont pas toujours très fines (lorsque les deux sont maîtrisés au sol), mais globalement, Nevada est un beau film, contant une belle histoire entre un homme et un cheval. Deux rebelles qui se rencontrent, se cabrent et se domptent.
Elle sait jouer la comédie, et maintenant elle sait mettre en scène. Pour son premier film Laure De Clermont-Tonnerre a de quoi inquiéter la planète cinéma en lui racontant une histoire triste et difficile, sans pathos ni mièvrerie, mais en plaçant juste l’émotion à hauteur des sentiments réels. De la même manière qu’elle place toujours la caméra de façon à opter pour un point de vue chaque fois pertinent dans la construction de son récit et du rythme qui en découle. Ce qui donne aux acteurs un jeu profond et sincère. Il y a Matthias Schoenaerts, bien évidemment mais aussi Le formidable Bruce Dern sa prestation gaillarde lui colle à la peau. Après quoi l’histoire tout aussi formidablement bien écrite est un poil prévisible dans l’ensemble. Mais au regard du décor général, on en veut bien des histoires comme ça tous les jours au cinéma. Celle de la guérison d’un prisonnier de son enfermement au contact d’un cheval sauvage, qu’il va apprivoiser Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Sensible et naturaliste, le film touche par sa sincérité, bien servi par le charismatique Matthias Schoenaerts! Bien qu'un peu simpliste et édifiant, l'ensemble demeure suffisamment convaincant pour être sympathique!
La mise en scène d'une intrigue de détenu qui entraîne des chevaux pour calmer leurs nerfs explosifs en prison territoire américain, l'état du Nevada où elle se situe son tournage, tout doux le caïd de l'histoire..., des signes qui calment le jeu du film. Il manque quelque chose, un oubli quelque part dans cette réalisation française fascinée par l'Amérique moyenne, pays des rodéos boys, c'est bof.
Superbe film que ce "Nevada" avec dans le rôle principal l'époustouflant Matthias Schoenarts. Réalisé par une française avec un acteur belge et se déroulant aux Etats-Unis, cette œuvre alterne entre le milieu carcéral et l'équithérapie. Matthias Schoenarts dégage une rage immense, parfois contenue, mais toujours prête à exploser. Les scènes avec les chevaux sont formidablement filmées et sans vouloir me répéter, cet acteur a vraiment une présence que l'on ne retrouve que très rarement chez les autres. A mi-chemin entre drame carcéral et western, "Nevada" est un petit bijou parrainé par Robert Redford.
Un premier film très maîtrisé. Les acteurs sont bons, l’atmosphère et la photographie très réussies. On suit ce film avec plaisir mais il manque de l’originalité et de la singularité. Un très bel exercice de style prometteur. On sent que la réalisatrice sait ce qu’elle veut , a du talent et sans doute un grand sens de la persuasion pour avoir réussi à tourner aux États-Unis dans une prison qui existe vraiment, avec de nombreux anciens taulards. Elle ne verse jamais dans le mièvre , filme les chevaux et les hommes avec beaucoup d’âpreté, et de poésie brute. Elle a un vrai point de vue mais manque quand même un peu d’originalité. A voir et à suivre.
Très bon film, avec un sujet original et une très belle photo. La réalisation est efficace et maîtrisée, notamment pour tout ce qui concerne les scènes avec les chevaux. L'acteur principal, très sobre, est excellent. Dommage que l'intrigue secondaire soit si mal et si vite expédiée, le film n'aurait pas souffert d'être un peu plus long.
Si je ne mets "que" trois étoiles à ce film généreux, c'est surtout en raison de la frustration, voire du scepticisme que j'ai ressenti en tant que vieux cavalier, lors des séquences traitant du travail des chevaux. Le film aborde le parcours de réhabilitation de prisonniers difficiles au Nevada par des contacts de travail avec des chevaux sauvages, et focalise sur le lien qui se tisse entre Roman (M.Schoenhaert, magnifique de retenue) et le cheval qu'on le charge de "dresser", cheval qu'il nomme Marquis et qui va lui faire tant de bien, en le conduisant vers la découverte du contrôle de soi, en l'acceptant comme complice dominant... Certes, le film adopte un parti-pris de sobriété narrative, comme en témoigne une forte scène de règlement de compte entre Roman et son co-détenu (on ne sait pas ce que devient ce dernier et peu importe, pour le coup l'ellipse me paraît juste). Mais pour ce qui concerne la progression rapide de l'entente entre Roman et "son" Marquis, l'influence de Redford (car oui, Redford apparaît au générique, lui qui avait pris tout son temps pour nous détailler le lent cheminement de la confiance quand il murmurait à l'oreille d'un cheval traumatisé) ne se voit pas, c'est le moins qu'on puisse dire ! Et cette rapidité de la progression m'a semblé d'autant plus invraisemblable que Roman n'avait jamais mis les fesses sur une selle, nous dit le scénario, ni approché les chevaux avant d'intégrer le programme... La scène de la première séance de travail monté, dans laquelle ce grand costaud de Schoenhaert peine à trouver son équilibre même au pas, est tout sauf crédible. Pour qui a déjà pratiqué des débourrages elle confine même au ridicule, à la supercherie, car un cheval "neuf" ne tolère pas ce genre de maladresses. Les brusqueries, même involontaires, sont pour le jeune cheval des agressions, surtout si elles s'accompagnent de chocs sur le dos et d'agitation dans son champ de vision arrière, toutes choses qu'il peut ressentir comme l'attaque d'un prédateur, tous incidents auxquels il ne manquera pas de réagir violemment s'il a, comme on dit, "un peu de sang"... C'est dommage car pour le reste (l'essentiel du film en fait), à savoir le cheminement intérieur d'un homme torturé, fermé à double tour, vers un peu de lâcher-prise, vers un début d'ouverture à l'amour, le film fonctionne avec finesse. Bruce Dern vaut d'ailleurs le détour en vieux cow-boy revenu de tout, superviseur du programme équestre, bourru débourreur d'hommes autant que de broncos. Bref, ce film m'a touché, mais en tant que cavalier presque agacé parfois, et sûrement pas en tous cas dévasté, comme avait pu le faire "The rider", un film humainement déchirant lui aussi mais parfaitement crédible, quant à lui, sur le plan équestre...
Nevada est un drame qui se déroule à l'intérieur d'une prison. Une univers de base assez sombre et dur. La souffrance du prisonnier est mise en parallèle avec celle du cheval (qui au final est lui aussi prisonnier). Les dialogues sont très peu présents et tout est mis dans l'émotion. Un bravo à Matthias Schoenaerts qui interprète son rôle à merveille. spoiler: A la fin, il choisit d'offrir au cheval sa liberté à défaut de pouvoir le sauver.
Intéressant de savoir que des centres pénitentiaires américains accompagnent des détenus dans des programmes relatifs au dressage équin. D’après les statistiques, ils seraient moins récidivistes à leur sortie de prison. Quelques longueurs néanmoins.. Thème original.