Ça ne fonctionne pas. A l’image de son récit qui dévoile petit à petit son personnage principal, son histoire, ses fêlures. Le film va multiplier les genres, les mystères, les flashbacks, fausses pistes et interprétations. Il en ressort un film fouillis, inutilement alambiqué, tentant tant bien que mal de dissimuler ses incohérences et ses rebondissements improbables. Je n’ai pas cru à ce que je regardais et j’ai même totalement décroché à la moitié du film. Reste la prestation de Virginie Efira une nouvelle fois épatante, mais autant la revoir dans un bon film, de mon point de vue ce n’est pas le cas ici.
Des acteurs excellents, une mise en scène maîtrisée, mais une histoire et un montage trop bourrés d’artifices pour qu’on ne descende pas du train, très régulièrement. (Ainsi, Justine Triet voudrait nous faire croire que nos souvenirs nous absorbent jusqu’à revoir parfois des scènes entières alors qu’on est en face de quelqu’un d’autre, c’est ridicule.) À noter que ces souvenirs sont trop souvent des scènes de sexe impudiques qui ne servent absolument à rien. À noter aussi que qu’il est très gênant que beaucoup de personnages secondaires soit seulement des bouche-trous incrédibles au service de l’ego démesuré du personnage principal, à l’image sans doute de Justine Triet
On sait combien le cinéma occidental aime les personnages en crise dont les tourments sont souvent le reflet d'une société en proie à un malaise profond. Dans le dernier film de Justine Triet, nous sommes amplement servis : la névrose y éclate de partout. Sibyl - dont le prénom à lui seul constitue une énigme - est une psychanalyste qui décide de changer d'orientation professionnelle et de s'adonner à la rédaction d'un roman. Mais l'appel désespéré d'une jeune actrice vivant un conflit intérieur des plus vifs va la conduire à mener de front ses activités de psy et de romancière débutante. Pour cela, elle va user d'un stratagème qui, outre l'enfreinte à la déontologie la plus élémentaire, constitue un bel exemple de manipulation mentale. Dès lors, les névroses vont se croiser, s'alimenter réciproquement et déboucher sur un méli-mélo dont il sera difficile de sortir. Le sexe y joue du reste un rôle non négligeable : tout le monde dans le film est tenaillé par des pulsions érotiques qui s'expriment soit par l'attirance et la réalisation du désir, soit par la frustration voire par la répulsion. De ce point de vue, le film peut se lire comme une réflexion sur l'état d'une société aisée mais narcissique à souhait et contribuant à son propre malheur. Deux parties correspondant à deux "théâtres" différents composent le film : la première est entièrement parisienne (des bobos remâchant leurs "bobos" intérieurs), la seconde nous transporte sur un lieu de tournage, l'île de Stromboli dominée par un volcan dont la symbolique n'échappera à personne. Occasion de rendre hommage à Rossellini, mais aussi à Godard, du moins à celui du "Mépris" : si le tournage n'a pas lieu à Capri mais à Stromboli, tous les ingrédients du "Mépris" sont réunis dont une belle mise en abyme (un peu lourde cependant) et la confusion entre vie privée et vie professionnelle. De ce drame qui adopte par moments l'allure d'une comédie (s'il faut voir ce film, c'est d'abord pour la première séquence, d'une drôlerie irrésistible), on retiendra surtout la prestation de Virginie Efira qui se donne corps et âme à son personnage : difficile d'imaginer un plus grand engagement personnel au service d'une œuvre cinématographique. Quant à Adèle Exarchopoulos, elle a un rôle qui lui convient à merveille, celui d'une jeune paumée susurrant des mots qui expriment autant de douleurs intérieures. Il n'empêche que l'on ne peut que regretter dans ce film l'abondance des situations extrêmes et une certaine complaisance à entretenir une vision noire et désespérante des temps modernes.
Quelle déception ! Je m'attendais à voir un très bon film. Bande annonce attrayante critiques élogieuses. La film commence bien, une belle scène dans le restaurant japonnais. On s'attend à un film plein d'humour et de légèreté mais la suite et complètement plombante. Virginie Efira est une très bonne actrice mais elle ne peut rien faire pour relever ce film médiocre. Une histoire qui ne tient pas debout, des personnages tous plus pleurnichards les uns que les autres. Adèle est en pleurs pratiquement pendant tout le film. Tous les personnages ont leur crise de larmes et c'est vraiment agaçant. Plusieurs histoires se croisent sans aller jusqu'au bout ( que viennent faire l'enfant ? la soeur ?) On a juste envie que ça se termine et on se dit que la prochaine fois on fera moins confiance aux critiques
Avec son petit bout de cinéma, Justin Triet questionne l’urgence de nos existences frénétiques dans leur rapport à l’imagination et à la création. Victoria mettait au tribunal la dépression contemporaine pour en extraire une force autant burlesque que vitale. Avec Sibyl vient la métaréflexion sur le cinéma et, plus largement, sur la naissance de toute fiction, une naissance incertaine pour une forme qui, une fois accouchée, incarne l’identité-caméléon accompagnée du vertige existentiel. Avec Sibyl, Triet ose la forme. Ses scènes se succèdent selon une esthétique du choc qui fait perdre pied au spectateur : les frontières entre les âges et les songes deviennent opaques à la manière d’un tissu que l’on aurait nourri de motifs successifs, jusqu’à aboutir à un ensemble disparate, un kaléidoscope d’influences et des mouvements. Avec Sibyl, Triet ose les formes d’un corps : Virginie Efira n’a de cesse de se transformer et joue une collection de personnages tout autant que l’actrice en train de les interpréter. Pourtant, la superposition des rôles n’empêche en rien la cinéaste de coller à la peau de son effigie, de penser sa chair et de donne vie à chacun de ses souffles, à chacun de ses désirs. Du faux pour du vrai. Car le film s’interroge sur la propension d’une femme à simuler pour s’accomplir ; dès lors, l’ivresse contemporaine, qui résulte d’un rapport frénétique au temps, permet au personnage de déborder de ses structures, tel un monstre dont la taille se décuple à mesure qu’il dévore ce qui l’entoure. Le débordement aboutit à l’affirmation « ma vie est une fiction », ou plutôt la somme de toutes les fictions, et répond en cela aux propos tenus par la réalisatrice dans le film : la réalité doit détruire le monde du fantasme afin de rétablir l’harmonie initiale. « Gardez le drame pour la fiction », crie-t-elle à ses acteurs. C’est témoigner d’une croyance paradoxale dans un art qui enracine ses bases-mêmes dans la puissance du faux et le langage de la fiction. Et Justine Triet n’arrête pas de démonter cette distinction trompeuse par les jeux constants d’interdépendance et de collages qui confectionnent des liens de solidarité entre deux univers souvent séparés. Le réel et la fiction se nourrissent l’un l’autre, ils se confondent dans l’esprit de l’artiste au point de brouiller les frontières entre le biographique et le psychique. Sibyl est un film mental, en ce sens où il teste ensemble les souvenirs et les projections, le fini d’une histoire individuel et l’infini offert à l’être protéiforme qui, comme le phénix, est capable de renaître à lui-même. Voilà, en creux, une magnifique définition de l’art.
Présenté en compétition au Festival de Cannes 2019, le dernier film de Justine Triet m'a semblé bien confus. En effet, malgré une pléiade d'acteurs talentueux, ça part dans tous les sens et c'est peu de le dire. Virginie Efira dans son rôle de psychanalyste rêvant de revenir à ses premiers amours (l'écriture), outrepasse ses fonctions et son personnage devient trop difficile à cerner. Entre celle-ci, Gaspard Ulliel ou Adèle Exarchopoulos, chacun fait son petit numéro d'acteur au détriment de la crédibilité de l'œuvre. Tous ces pleurs font tomber le film dans le pathos et deviennent vraiment agaçants à force de répétition. Une réelle déception que ce "Sibyl"!
Justine Triet revient avec un nouveau film assez bon mais elle ne participe pas vraiment avec sa caméra et je trouve ça dommage. Le duo Virginie Efira et Adèle Exarchopoulos est formidable, deux excellentes actrices pour jouer deux personnages très bien écrits, Sandra Hüller est aussi très très bonne dans son rôle de réalisatrice légèrement colérique. Le scénario reste assez basique mais quand même très efficace. La BO est très bonne et tout est bien éclairé avec de beaux plans ne serait ce que sur les visages des actrices ce qui fait que nous ressentons clairement mieux leurs émotions. Bref, un bon film avec un casting de fou et une bonne réalisation.
6 209 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,5
Publiée le 26 août 2020
Sibyl est une grande déception. J'ai été surpris de constater que les gens considèrent ce film comme une comédie. Cela ressemble plus à un récit de la façon dont une femme en convalescence après l'alcoolisme revient à la boisson. Pourquoi : est-ce un sujet amusant ? Il se passe trop de choses et il est difficile de savoir comment les prendre. Il y a un bon sujet de base (si l'on peut dire qu'il en a un) : un psychiatre qui vole la vie d'un patient pour en faire une fiction à succès. Un traitement plus simple et plus conventionnel aurait pu être assez intéressant. Mais Triet empilent sur la complexité et obscurcis ce thème. En plus de cela il y a une technique de montage surréaliste de flashback et de montage de très courts clips (une mauvaise idée nouvelle a la mode) qui est prétentieuse et ajoute de la confusion. D'une certaine manière Victoria était aussi un désordre sauvage et désordonné avec Efira dans un rôle minable mais sexy. Une séquence hilarante absurde vers la fin, le charme et la suavité du grand Melvil Poupaud ainsi que la douceur de Vincent Lacoste en tant que baby-sitter amoureux d'Efira pourrait rendre ce film charmant et amusant. Mais cela n'arrive pas ici. Finalement la responsabilité ou la succession de rôles inappropriés en enfreignant toutes les règles de l'éthique médicale fait échouer Sibyl. C'est aussi embarrassant et maladroitement mis en scène et profondément pas drôle. Alors que je me suis rangé du côté des critiques français sur Victoria contre les anglo-saxons qui l'ont saccagé cette fois je suis d'accord avec les anglo-saxons et j'espère que Triet aura plus de succès avec son matériel dans son prochain long métrage...
En vrac, j'ai trouvé dans ce film la caricature d'un certain cinéma nombriliste ( avec ses petites préoccupations endogamiques d'un certain milieu mi-bobo mi-intello) ; voyeuriste ( des scènes de fesses en pagaille souvent gratuites et dépourvues de toute sensualité ) ; gênant quant à l'instrumentalisation d'autrui à tout-va ; loufoque pour ce qui est d'un scénario un tantinet tiré par les cheveux ( pour ne pas mentionner le manque de déontologie de la psychologue ; quant au glissement du cabinet de consultation à la direction d’acteurs ?!) ; narcissique dans le jeu de la petite Adèle ( qui ne se sent plus exister devant la caméra) et du beau Gaspard (qui n’a presque pas besoin de jouer pour renverser les filles) ; alambiqué dans l'emboîtement des instances narratives adossées au jeu des regards ( tout ça pour dire quoi ?) ; et... cerise sur le gâteau, in-ter-mi-nable, ouf !
Film où les personnages n'ont pas leurs problèmes personnels et professionnels occultés par de basses considérations matérielles. Histoire très parigocentrée. Cependant, la réalisatrice réussit l'exploit de donner à chacun de ses personnages un caractère qui lui est propre sans en faire des archétypes. On a parlé d'un beau portrait de femme en parlant de Virginie Efira, mais tous les personnages, féminins comme masculins, sont soignés et montrés sans jugement. Il n'y a aucun règlement de compte envers les hommes. On sent que la réalisatrice aime les gens et qu'elle a un regard apaisé sur eux. En plus c'est bien écrit et on se bidonne parfois. A voir, cette vision des gens est finalement peu courante au cinéma.
La moitié d’une étoile c’est encore trop pour cette daube ! Scénario prétentieux pour un résultat insipide , film qui paraît long long ...... On se fiche complètement des états d’âme de l’actrice principale qui n’est au meilleur d’elle même que quand elle montre ses fesses . La psychanalyse en prend pour son grade ,cela dit en passant , Inquiétant quand même !
Sibyl est un thriller qui explore l'arrière-plan psychologique d'une romancière en panne d'inspiration et suit sa rencontre clé avec une actrice en plein drame sentimental. Malgré ce bref synopsis qui peut paraître intéressant, l'histoire est malheureusement sans fil conducteur et tordue à l'image de ses personnages. Virginie Efira a beau être une actrice magnifique, Sibyl est malheureusement un personnage qui a eu du mal à avoir mon empathie, et un film qui m'a laissée de marbre.
Un très grand film dont on est légitimement en droit de s'étonner qu'il n'ait rien raflé à Cannes.
Une histoire de femmes qui ne savent pas s'aimer, d'hommes trop contents de se laisser ravir, d'enfants non désirés qui se posent des questions sur le monde, de mensonges, de morts, de traumas et de manipulation. Une histoire où personne n'est à sa juste place, parce que beaucoup sont persuadés de n'en avoir aucune, où chacun/ une lutte avec l'envie désespérée d'appartenir : le temps d'un film, d'un tournage, les couples se font , se défont, et le spectateur et sans cesse tiraillé, du rire aux larmes. Une histoire racontée comme un livre, au langage soutenu voire littéraire mais interrompue par des scènes crues ou violentes, à l'utilité d'ailleurs questionnable. Une belle histoire, une triste histoire. celle de la vie, de 'l’amour, du cinéma, du destin d'humains qui se joue sous nos yeux et nous emporte.