Un film très littéraire au sens difficilement accessible. Maurice Pialat ne se met en aucun cas au service du spectateur et intellectualise tout. Si la démarche peut être intéressante, elle ne crée ici aucune émotion.
Ce drame basé sur les thèmes du pardon, au sens le plus catholique du terme, et de la crise de foi est déprimant. Si on admet que c'est là ce que recherchait à nous faire ressentir Pialat, alors on ne peut qu'admettre que c'est une réussite grâce aux interprétations magistrales de Depardieu et de Bonnaire plus qu'à la mise en scène simpliste, cependant si le réalisateur voulait nous faire réfléchir sur les sentiments des personnages, et donc les partager, alors il ne méritait aucunement de palme d'or.
Film polémique car il fut hué quand la palme d'or lui a été décerné. En adaptant le roman de Bernanos, Pialat quitte son style vif, documentaire et réaliste au profit d'une mise en scène plus "classique" et de dialogues poétiques. Ainsi, Sous le soleil de Satan ne serait pas le plus pialatesque des Pialat. Qu'importe ! Il s'agit à mon avis d'un très grand film, porté par un Depardieu gigantesque, Sandrine Bonnaire magnifique et Pialat himself, presque aussi bon acteur que metteur en scène. La photographie, de toute beauté, participe au mystère envoûteur de film magnifique, tragique, desespéré, qui semble incomprehensible en surface, mais parce qu'il parle d'invisible, de foi, de grâce et de spiritualité. Au-delà de sa religion, on est porté vers un ailleurs indiscible et fascinant.
1h25 !? Vous avez eu de la chance moi il durait 1h30. 1h30 de ma vie que j'ai perdu et qu'il va falloir que je rattrape en mangeant plus de légumes. Zut j'ai encore perdu du temps en écrivant cette critique... Argh... Satan doit être derrière tout ça.
Mon premier Pialat, et c'est un grand film, Bonnaire et Depardieu sont excellent, les dialogues envoûtants nous captent dès la première seconde. L'histoire est ambiguë pas facile à cerner, mais très belle.
Dérangeant et marquant. Des phrases qui restent. Par exemple : "Tu l'entends le rire de celui qui te trompe ?" pour exprimer le fait que le diable rigole bien quand nous croyons être originaux dans le mal que nous faisons. Nous pouvons tirer un certain orgueil du mal que nous faisons, mais nos actes restent banals ...
Palme d'Or discutable sur deux points... Dans un premier temps, Sous le Soleil de Satan apparaît comme un film austère, aussi bien dans son esthétique que dans son rythme : à l'image du vicaire Donnissan, il s'agit d'un long métrage sévère et rébarbatif. Maurice Pialat joue les ascètes au risque de rendre son film pratiquement ennuyeux et repoussant. Dans un deuxième temps, le traitement des personnages m'apparaît comme hésitant. A la fois trop psychologique et pas assez, le film nage en permanence entre deux eaux : Pialat cherche apparemment à nous faire pénétrer l'âme de Donnissan ( en nous présentant ses tourments intérieurs et ses visions ) mais bannit dans un même mouvement cette introspection, faute à un traitement curieusement impersonnel... Et pourtant, le film possède des qualités : la prestation de Gérard Depardieu est assez impressionnante, dans la mesure où l'acteur change de registre ( moins exubérant, plus sobre que d'habitude, il intériorise et quitte l'univers théâtral de la majeure partie de ses films ). Par ailleurs, certaines scènes m'ont pour le moins marqué : l'errance de Donnissan dans la campagne ou encore le suicide de Mouchette. Une certaine grâce se dégage de ce film ambigu... Sous le Soleil de Satan n'est donc pas la réussite que j'attendais mais il reste intéressant à voir. Et le roman...?
Curieuse de découvrir cette palme d'or qui a essuyé tellement de sifflets, je suis restée finalement très impassible devant ce film où je me suis franchement ennuyée, malgré un sujet que je jugeais fort. J'ai essayé de me convaincre que le film avait juste mal vieilli, mais la réalisation est plate (ajouter un filtre bleu quand il y a un peu de mystère, mouais...) et le lien entre Donissan et Mouchette aurait dû être, à mon avis, plus appuyé. En tout cas, je suis passée à côté.
Fondalement parlant, il nous est nécessaire d'être clair avec le spectateur pour lui clamer explicitement que cette adaptation d'une oeuvre littéraire très difficile, qui n'est autre que celle de Georges Bernanos, reste d'une approche épineuse; et encore plus dans le domaine cinématographique. Tout d'abord, Maurice Pialat fait le choix réfléchi de nous laisser dans l'ombre. En effet, Sous le soleil de Satan est un film ambigu, emprunt d'une symbolique complexe et pessimiste. Le personnage de l'abbé Donissan, incarné par l'éblouissant Gérard Depardieu, en est le prototype. Eperdument équivoque, cet homme comme tous les Hommes devient le sujet d'une quête mystique terrifiante, où les hallucinations et la réalité se mêlent, obscurcissent l'être dans le néant d'une vérité glaciale, repoussante. Sa liaison inattendue avec Mouchette, jouée par la virtuose Sandrine Bonnaire, installe une complicité dérangeante entre ses deux proies du destin. D'ailleurs, leurs ressemblances deviennent la seule raison d'être ce qu'il sont : des être perdus. A propos, le personnage de l'abbé Donissan nous fait indirectement penser par moments au personnage de Blaise Pascal, notamment lorsque celui-ci se flagelle. Bien sûr, cela reste est discutable. Mais le ton du long-métrage est de cette envergure. Comment peut-on en en effet comprendre entièrement ce qui d'emblée est fait pour nous déstabiliser ? C'est l'expérience qui est l'essence de l'adaptation de Maurice Pialat. Sous le soleil de Satan est une peinture abstraite de l'être humain et de sa perte, et dont sa faculté à l'entendre l'engage dans une volonté nébuleuse à trouver le chemin de la compréhension : la quête sur soi et de son Salut. Bien sûr, l'interprétation est de mise; elle n'est d'ailleurs jamais exactes. Mais c'est par ce caractère universel que l'on doit placer le film au-delà l'image religieuse et chrétienne que nous impose l'histoire. Et bien qu'il soit controversé à Cannes en 1987, il n'en demeure pas moins fascinant.