Je ne sais pas trop quoi penser de ce film, je pensais voir une histoire d'amitié ou d'amour platonique entre un vieux Maire ronchon et une jeune et brillante diplômée de philosophie qui lui redonnerait le goût de la vie (un truc du genre) et finalement on se retrouve avec plus un film qui est là pour parler de ce qu'est que la gauche, comment elle se confronte avec le pouvoir et quels sont les idéaux de gauche, comment les défendre, sans pour autant oublier le peuple et ses intérêts, le tout à grands renforts de philosophie.
Et sur l'aspect politique c'est intéressant, ça pose des questions et ça propose même des réponses en montrant que la réflexion est nécessaire, par contre sur l'histoire d'amitié entre Luchini et Anaïs Demoustier, deux acteurs que j'aime beaucoup je suis plus dubitatif. Disons que j'ai trouvé les dialogues parfois vraiment peu naturels et un peu à côté de la plaque alors que clairement on n'est pas dans quelque chose qui se veut aussi peu naturaliste que possible. La mise en scène est assez planplan, peu inspirée et les rares envolées du film sont vraiment pour les discussions philosophiques... que je trouve malgré tout un brin superficielles et trop courtes (mais sur ce dernier point c'est voulu). Mais même dans ces moments la réalisation ne suit pas.
C'est un petit film, agréable, qui propose une vision politique par la fiction, et je comprends qu'on puisse aimer le film pour ça, malheureusement en terme de construction de personnages j'en attendais beaucoup plus... Là Demoustier rencontre des gens les uns après les autres, mais on ne sait jamais réellement ce qu'elle pense d'eux, comment elle se sent par rapport à eux... (à part l'imprimeur) et donc il est difficile de se projeter sur elle ; elle semble exister indépendamment du monde qui l'entoure.
Et c'est un peu dommage, parce que finalement ça fait que sa relation avec le Maire n'est ni particulièrement belle ni particulièrement intéressante, elle existe, sans que l'on sache trop si elle y tient ou non, ce qu'elle lui apporte concrètement...
Un scénario brillant bien qu'enfonçant parfois des portes ouvertes, une mise en scène un brin télévisuelle, des acteurs bien dirigés. Rien de bien novateur mais le film est agréable et se laisse voir sans ennui.
Film très bien interprété qui reflète ce que peut être la politique et ses aléas. Un maire très impliqué mais qui ne croit plus en ce qu'il fait et plus grave encore, en ce qu'il pense. L'aide d'Alice au départ lui paraît précieuse mais il s'avère qu'elle-même éprouve au fil du temps, le même désarroi. Un film d'actualité, s'il en est, écologie, amélioration pour les démunis, moins de banquiers plus de professionnels dans les catégories en perdition, tout cela fait que l'on ouvre la porte vers un avenir, mais lequel ? Quelle société demain et la politique a t-elle encore un sens ? Un film intéressant et qui force la réflexion. De très belles images de la ville de Lyon, ce qui ne gâte rien.
En fait, le projet du film est de faire renouer le socialisme avec une certaine idée du contrat social. Et c'est le rôle du personnage d'Anaïs Demoustier, de donner à un maire l'occasion de renouer avec une forme d'éthique philosophico démocratique face à un système économique qui depuis longtemps paralyse les idéaux de la gauche. En soit, c'est bel et bien un film politique. L'autre intérêt du film, c'est de nous montrer la machinerie technocratique dans ce qu'elle a de plus inepte avec ses intrigues internes, ces jalousies, etc... Sur ces deux aspects là, le film de Nicolas Pariser est assez remarquable. Même si parfois certaines digressions font artificielles et qu'il manque clairement un je ne sais quoi plus de plus fort ou de plus engagé que cet alignement de joutes cérébrales ou théoriques. Sinon, la mise en scène est très académique mais soignée. Mais ça ne prend pas de risques. Côté acteurs, voila un défi pour Luchini, qu'on sait plutôt saltimbanque de droite, de jouer une personnalité de gauche. Il le fait bien, dans un registre sobre mais dense. A ses côtés, Anaïs Demoustier est assez juste, mais son personnage n'est pas complétement caractérisé. Au final, "Alice et le maire" peut se voir comme un film désabusé sur un monde politique incapable de se remettre en question. Mais sa forme très convenue et l'absence d'enjeu fort l'empêche d'être vraiment passionnant.
Mieux que de filmer la politique, Nicolas Pariser la raconte, car Alice et le maire (avec son titre Rohmerien) est plus un film à écouter qu’à regarder (comme chez Rohmer, mais le parler faux en moins) tant les dialogues prennent le pas sur l’image durant tout le film et cela malgré le beau duo de cinéma que forment Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier. Mais ce sont avant tout les mots qui séduisent ce film, cette richesse verbale au service d’une pensée idéaliste et belle qui souhaite que la gauche retrouve son sens et ses valeurs premières. San sans aucune naïveté, le film montre le décalage entre un maire attaché à ses engagements et des collaborateurs qui sont devenus avant tout des communicants. Le salut viendra t-il de jeune et intelligente Normalienne incarnée par la toujours aussi craquante Anaïs Demoustier ? Vous les saurez en allant voir ce film fin et intelligent qui dit plein de choses sur ce qu’est devenue la gauche et la politique en général, de plus en plus vidée de son sens.
Ce film cumule pas mal de jolies choses, et on apprécie notamment le jeu tout en sobriété (pour Luchini, c'est un exploit) et en grande maîtrise des deux acteurs principaux, et le charme si singulier de A. Lemoustier opère toujours magnifiquement. Mais il y a quelques lourdeurs dans le scénario (les idylles de Alice sonnent faux et tombent mal à propos), et quelques aspects caricaturaux dans la description de la vie politique locale. On pense un peu à Rohmer, mais pas trop car cela fait cliché... Dire malgré tout que la réalisation est excellente et qu'on en sort plutôt heureux de l'avoir vu !
Nicolas Pariser brosse un tableau assez bancal du monde de la politique et particulièrement de celle qui vise les grandes villes. Pourquoi Lyon, et pas Rennes ou Nantes ? Question secondaire au cœur d’un système de pouvoir auquel le principal intéressé se heurte après des années d’exercice. Pour se remettre en selle, et surtout retrouver des idées nouvelles en phase avec les bouleversements économiques et sociologiques, le maire demande donc conseil auprès d’une jeune intellectuelle. Etrangère totalement au sérail, la voici très vite au sommet de la hiérarchie, faisant des envieux et opérant une révolution tranquille au sein de l’institution gangrenée par des ambitions contraires, et bien souvent personnelles. Là où Pariser peut séduire : pour poser les questions fondamentales, il use habilement de la confrontation d’idées entre l’homme mûr et la jeune femme. Il oppose très logiquement la théorie à l’action dans un raisonnement qui à force de bis repetita devient aussi fumeux que ce qu’il entend dénoncer . Pour chasser les brumes, Anaïs Demoustier et Fabrice Lucchini sont irréprochables. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
J'ai trouvé ce film succulent, il reflète bien ce milieu politique où tout le monde se croit au dessus, il y a tellement de choses inutiles, de brassage d'air.... que l'on voit bien la réalité, c'est juste un film clairvoyant, pas étonnant que plein de gens se détournent de la politique
Film très intéressant....mixant l'ambiance Politique et deux parcours certes brillants mais peu festifs ! Fabrice Luchini à la tête de la mairie de Lyon, est encore une fois très bon, pas trop extraverti, et Anaïs Demoustier, une de mes actrices préférées, une "tête" bien remplie, ouverte sur un monde compliqué. Réalisé en 35 mn (super), les images sont d'une qualité rare - de plus dans un ville Lyonnaise flamboyante, si sympathique - une recherche qui se retrouve dans les dialogues, les mots ayant tous une portée ou symbolique ou historique. En marge du climat stressant de cabinets politique, tels qu'on les imagine, c'est la rencontre de ces deux insatisfaits qui intrigue tout l’entourage, y compris nous spectateurs, d'une prise de conscience de l'intérêt planétaire plus qu'une portée immédiate (tiens ça me rappelle un film très récent *). Une réflexion profonde actuelle, bien traitée, quelque peu utopiste et compliquée, une certaine frustration politique, mais très bien portée par les 2 acteurs principaux !! **
Très intéressante et surtout très bien écrite, Alice et le maire est une œuvre qui s’interroge avec pertinence sur la politique et même le politique. Sans faire dans la provocation gratuite (le politicien en question n’est aucunement corrompu), le cinéaste parvient à dresser un portrait plutôt juste d’un monde de plus en plus gouverné par des agences de communication et non par des êtres humains animés de convictions profondes et sincères. Si le réalisateur s’en prend ici à la gauche, le constat est malheureusement général. Voilà donc une façon très intelligente et fine d’observer la dangereuse pente prise par nos démocraties actuelles. L’angoisse du réalisateur est contrebalancée par une volonté de réfléchir aux causes de ce malaise. Il en tire des conclusions vraiment intéressantes. Par contre, le film, très littéraire, ne parvient pas à incarner pleinement ces idées et on aurait aimé que les relations privilégiées entre ce maire et sa protégée soient plus tangibles et débouchent sur un peu plus d’émotion, ce qu’un Claude Sautet arrivait à faire à une certaine époque.
Scénario assez pauvre au final. Rencontre de deux personnes paumées qui ne se comprennent pas au final. L'un est totalement mégalo, l'autre perdue dans ses incertitudes. Le film est sauvé par le talent des 2 personnages principaux.
C'est un film terriblement bavard et qui oublie complètement en chemin que le cinéma c'est aussi des plans, une tension, des enjeux. On s'ennuie rapidement très ferme devant cette succession de petites saynettes qui se transforme en Que sais-je sur la Politique entrecoupée de tunnels interminables de dialogues. Grosse déception.
Bon film. Scénario bien construit, acteurs convaincus et bien dans leur rôle, bonne photographie. On peut comprendre que Gérard Colomb n'est pas apprécié, peu importe si il y a de sa vie dans le sujet, la fin est comme un conseil. La nomenclature politique est bien montrée dans son monde à l'écart des réalités sociales. On ne s'ennuie pas mais on ne sait pas si on ira voter.
Il y avait eu "Quai d'Orsay" de Bertrand Tavernier remarquablement réalisé avec un regard acéré et ironique sur les ores de la république. Là , avec un très bon Niels Arestrup, il y avait déjà Anaïs Demoustier. A-t-on voulu lui donner son heure de gloire dans un environnement semblable ? Son interprétation juste ne sauve pas le film qui pêche par un tropisme de bavardages des personnages dissertant, philosophant à tout-va. Ce gargarisme intello était ponctué, certes, par quelques bonnes répliques mais ce n'était pas suffisant. M'étais déplacé pour voir le jeu de l'édile Lucchini; mal exploité ça été une déception