Les Etendues imaginaires
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 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2019
"Les étendues imaginaires", premier long-métrage du singapourien Siew Hua Yeo, témoigne d'une ambition formelle enthousiasmante et pointe aussi les quelques faiblesses d'une écriture manquant de rigueur – problème récurrent des cinéastes plasticiens. La beauté du film tient dans l'homogénéité d'un rythme indolent aux rares ruptures, condition d'envoûtement du spectateur, et dans sa démarche obtuse de ne pas démêler le réel du rêve; à ce sujet, le cinéaste ose un paradoxe qui nous défie de chercher une quelconque explication à cette enquête obscure : le policier et l'ouvrier disparu sont tous deux insomniaques, et tous deux rêvent (il se pourrait qu'ils ne fassent même que cela) l'un de l'autre. Par de très beaux effets de symétrie aux subtiles variantes et dont le point commun serait une jeune femme séduisante – quoi d'autre, quand on lorgne du côté du film noir – "Les étendues imaginaires" nous perd dans ses méandres que l'on sent pas loin d'être vaines mais convainc in extremis par une recherche de transe hallucinée, échappatoire à un système social ravageur. Implacable dans sa description des conditions de travail d'ouvriers, la plupart immigrés, exploités par des patrons sans scrupules et menacés par l'absence de sécurité sociale, le film peine toutefois à connecter rigoureusement ce constat à son projet onirique et planant. Malgré sa difficulté à jouer sur les deux tableaux, "Les étendues imaginaires" interpelle, séduit et donne envie de se pencher sur la carrière de Siew Hua Yeo.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mars 2019
Faux polar et vrai film introspectif, avec tout ce que ça comporte de défauts pour ma part. Film de genre prétexte, qui ne s'embarasse pas trop de la continuité de son intrigue, puisque le vrai but est de nous faire ressentir le spleen, le vide et le sentiment de rêve voire de cauchemar de ses personnages. Narration déconstruite, brouillage des frontières entre rêve et réalité, le film démontre son désintérêt total pour une narration classique, ne plantant pas correctement le point de départ (pourquoi le duo de flics vient là) et plantant un twist jamais complètement éclairci ( spoiler: à quoi servait ce personnage de gamer au final ?
). Bref, c'est à peu près tout ce que je déteste, le film se concentrant sur l'atmosphère et le ressenti pur donc. Alors que veut-il dire ? Pourquoi tout ça ? Notre monde est-il bel et bien pourri ? C'est passionnant sur le fond, mais le rythme est trop indolent, le propos parfois abscons et je dois dire que je suis allergique, de manière viscérale et profonde, à ce type de films. Alors oui, ça éclate les intellos et les bobos en recherche de profondeur, mais pour ma part, c'est juste pénible à suivre et sans réelle profondeur ni propos. Beau mais creux. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2019
Une histoire policière incompréhensible à laquelle on se désintéresse vite mais on peut se laisser prendre au charme esthétique d'un récit au ton très lynchien.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mars 2019
Les étendues imaginaires est un film insaisissable, venu de Singapour, moins percutant que Apprentice mais captivant malgré tout pour ses emprunts aux codes du film noir et sa résonance sociale. Singapour, son miracle économique, son absence d'identité, son obsession de gagner des terres nouvelles sur la mer ... Comme à Dubaï, l'envers du décor est constitué de sa légion de travailleurs immigrés, corvéables à merci, ou peu s'en faut. Ces ouvriers du sable, insomniaques, Les étendues imaginaires les fait exister tels qu'ils sont en réalité, presque invisibles pour les singapouriens ou les touristes. Perdus entre des rêves nocturnes, dont on ne perçoit plus les contours, seuls remèdes à la solitude et au déracinement, et la dure réalité sur les chantiers. Yeo Siew Hua, jeune cinéaste doué, réussit parfaitement à brouiller les repères, temporels et identitaires, dans cet univers somnambule. Le film souffre tout de même de son caractère hybride, à la limite de l'abstraction, dans une narration qui fascine moins que, disons, chez Wong Kar Wai qui, il est vrai, joue une partition beaucoup plus romantique que Yeo. Mais C'est justement à Wong que l'on pense avec le personnage qui lie les différentes strates du récit, une responsable de cybercafé jouée par la mystérieuse et ravissante Luna Kwok. Sans doute pas complètement abouti, Les étendues imaginaires est tout de même un film notable pour sa volonté de mélanger réalisme et onirisme, échappant ainsi à toute tentative d'être rangé dans une catégorie précise.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 avril 2019
« Les étendues imaginaires » est un drame policier singapourien. Siew Hua Yeo y décrit l’enquête d’un policier sur la disparition d’un ouvrier chinois sur un chantier d’aménagement du littoral. Si l’esthétisme est irréprochable mais que le thriller patine beaucoup entre ellipses et fausses réalités, le long-métrage a le mérite de mettre en évidence l’exploitation de travailleurs immigrés pour faire gagner chaque année quelques mètres à Singapour sur l’océan.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 avril 2025
Huan Tu intègre un propos politique tel que les apprécie Jia Zhangke – les considérations sur un territoire en pleine évolution, occasionnant des révolutions sociales – avec les envolées lyriques et mélodramatiques du cinéma de Wong Kar Wai, tout cela au sein d’un récit dialoguant avec Insomnia (Christopher Nolan, 2002). En résulte un premier film qui manque de personnalité, mimétique peut-être de l’entrelacs des cultures dans le pays représenté, mais qui dispose d’un indéniable savoir-faire en matière de construction labyrinthique du récit, qui procède par superposition de deux trajectoires parallèles, et que distingue la conception d’un temps qui répète sans négliger l’accomplissement authentique et identitaire des individus. Ce choix se subordonne au lieu investi, à savoir Singapour et sa position limitrophe occasionnant des déplacements de populations dans un but de travail et la construction d’eldorados précaires. Le rapport au numérique s’avère également digne d’intérêt : les protagonistes se projettent dans les jeux vidéo, semble tout aussi égarés que leur avatar engagé dans une guerre à l’aveugle au sein d’un espace désertique. Ils y font l’expérience de l’altérité, découvrent la vérité enfouie, apprennent la fuite. Une curiosité pertinente.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mars 2019
C’est un premier film assez étonnant qui entre le genre policier, la psychologie et l’écologie développe l’idée que l’homme se perd dans le monde qu’il façonne lui-même . Ce qui ne me semble pas très original et encore plus ardu avec un traitement cinématographique où le recul de la caméra, le piétinement de la mise en scène amalgament tout aussi aisément le sort des travailleurs migrants aux méfaits des jeux vidéo. Entre les deux , un policier tente de retrouver deux ouvriers disparus dans le décor des chantiers d’aménagement du littoral de Singapour . Une pieuvre titanesque qui mange un peu plus chaque jour le naturel de l’environnement. Des mondes en totale contradiction pour une pensée un brin fumeuse quand aux attendus des civilisations mises en péril. C’est bien encore le grand, le gros, l’escroc qui mangeront le petit. Dans un univers aux perspectives à jamais repoussées. Le film policier vire à la psychologie de bazar.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 mars 2019
Les étendues imaginaires est le premier long-métrage de Siew-hua Yeo qui fait l’objet d’une distribution en France. Cette diffusion à l’international de ce film singapourien trouve pour partie son explication dans l’obtention du Léopard d’or au Festival international du film de Locarno 2018. Entre réalisme et onirisme, Yeo fait dériver son film en eaux troubles. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2019
En Asie, d’immenses chantiers contribuent à la poldérisation de Singapour. Le sable est importé de Malaisie, du Vietnam et d’ailleurs pour les extensions et des centaines d’ouvriers chinois, bengalis travaillent dans des conditions déplorables , laissant leur passeport aux patrons.

Un jour, l’inspecteur Lok vient enquêter sur un de ces chantiers à propos d’un ouvrier chinois disparu, Wang, sans qu’on sache qui l’a prévenu de cette disparition. L’enquête commence et mène Lok au dortoir sordide des ouvriers. Il trouve des somnifères sous le matelas de Wang. C’est alors qu’un glissement progressif se produit : l’inspecteur Lok laisse la place à Wang , après s’être rendu dans un cybercafé tenu par l’étrange et belle Mindy.

On découvre l’histoire de Wang. Plus tard, un autre glissement nous ramène à Lok, bientôt, les identités se mêlent.

Ce film a trois visages : photographique, réaliste et hallucinatoire.

Ce dernier côté onirique est à mon avis le moins réussi, parce qu’assez nébuleux, pour l’apprécier il faut se laisser porter sans se poser de questions, mais c’est difficile.

La photographie de Singapour, des chantiers, des lumières de la ville la nuit est fascinante et dépaysante, j’ai été magnétisée par l’ambiance créée par Siew Hua Yeo.

L’aspect réaliste du film est intéressant et montre une face méconnue de Singapour qu’on décrit souvent comme la Suisse de l’Asie : tout ce monde d’ouvriers exploités sur ces chantiers aux allures de paysages de science fiction. La fuite vers le rêve serait alors presque une nécessité.
Mon blog : larroseurarrose.com
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2019
On y apprend comment les travailleurs immigrés à Singapour issus de Chine ou du Bangladesh sont pris en otage par leurs patrons qui détiennent leurs passeports, logés dans des dortoirs insalubres, comment ils ne dorment pas et passent leur nuits dans des clubs vidéos, comment l'île s'étend sur la mer en arasant les montagnes. On voit comment cet cité-état de 6M d'habitant, deuxième port mondial après Shanghai, premier ou deuxième pays le plus riche du monde par habitant, traite les travailleurs en les réduisant à un quasi-esclavage. Une histoire compliquée et un peu fantastique s'y déroule entre un flic singapourien, deux ouvriers chinois et bengali, une employée de videoshop chinoise. On ne comprend pas tout mais l'image est belle et surtout on y voit vivre la réalité de Singapour et pas seulement la façade prétendument moderne et policée, on commence à saisir pourquoi ce pays dont l'économie croit de 10 à 8% par an est l'un des plus inégalitaires du monde.
Brady20
Brady20

10 abonnés 138 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2019
Les étendues imaginaires nous transportent loin, très loin ... dans ce mystérieux pays qu'est Singapour. Une oeuvre vraiment très originale ... Un photo sublime, des acteurs qui ont du charisme et nous touchent ... Bref, une belle invitation au voyage.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 10 mars 2019
Créer le fantastique à partir d'une réalité des plus terne. Mystérieux du début à la fin, coloré, et hors du temps.
JCADAM
JCADAM

6 abonnés 370 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 octobre 2021
Film avec un scénario alambiqué, qui en plus est très lent. Par contre la photographie et les jeux de lumières sont impeccables. Pour revenir à l'histoire on semble perdu plusieurs fois, on ne sait pas si on est dans le réalisme ou l'onirisme, trop de passages pas assez développés et des changements de séquences sans queue ni tête qui nous perdent encore plus, le scénario en plus d'être compliqué et assez banal. Le final donne une réponse assez vague et peu convaincante, je pense que le réalisateur à voulu faire une sorte de "Fight Club" version asiatique, mais c'est raté . Déçu, ce film n'est pas une réussite pour moi.
OzDeniro
OzDeniro

2 abonnés 35 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2019
Ce film c'est d'abord un contexte. Une enquete sur la disparition de 2 ouvriers bossant sur des chantiers de construction à Singapour, cité état extremement riche, au développement exponentiel à la manière d'un état d'arabie saoudite. Qui dit chantier en asie, dit ouvriers, et le film dépeint ce contexte de mélange de communautés asiatiques (chinois, bengalais, indiens...) travaillant en communauté sur des chantiers, dans des conditions de merde....

Ce n'est pas un film social, car il se concentre sur des individus en l’occurrence les 3 persos principaux que sont wang, la fille et le flic. Mais on sent que le réalisateur a quand même insisté sur ce contexte, et également ce que j'ai trouvé intéressant c'est comment le film dépeint cette réalité entre d'une part la vitrine que peuvent être les tours d'ivoire en asie, et la façade avec les ouvriers qui arrivent de partout pour gagner un peu plus que dans leur pays natal. A ce titre j'ai aimé la relation entre ajit et wang, ce mélange de communautés qu'on ne voit pas au cinéma, une relation assez belle et tres simple.

Puis pour rentrer dans le coeur du sujet, des le départ le réalisateur veut jouer sur la temporalité, à travers des flashbacks et flashforwards, avec ce plan dans lequel le flic explique que depuis toujours les rêves lui permettent de "parcourir" le monde, et c'est sur cette phrase que la caméra se détache du personnage et vient se focus sur l'accident de wang. A ce moment j'en tire 2 interprétations, premièrement une plus abstraite dans laquelle on peut considérer que les evenements sont tirés des rêves/interpretations/hallucinations du flic (qui est insomniaque on le rappelle), soit une approche plus terre à terre ou tous les événements sont à prendre pour argent comptant. Je retiendrai pas la 1e interpretation car le réalisateur n'a selon moi pas laissé assez d'indices étayant ce propos.

Au final je pense que le réal voulait nous montrer cette aliénation que peut ressentir beaucoup d'hommes dans le cas du perso principal : ouvrier charbonnant pour une misère, personnage mutique caractéristique du cinéma asiatique, s'abandonnant à l'alcool et les jeux vidéos comme exutoire... Le personnage féminin vient rajouter un peu d'humanité. Apres son accident et ses insomnies répétées il finira par péter un peu un cable, il va croire que son ami a disparu, va retrouver un cadavre d'ouvrier sur la plage ( vision hallucinée ou réalité ? ca peut etre les 2, d'autant que y'a un plan dont je me souviens, c'est une image de chantier dans laquelle on voit un tractopelle soulever du sable, et étrangement la caméra pendant de longues secondes... comme pour dire que sous ce sable il peut y'avoir des choses glauques)
Au final wang de peur de représailles après avoir trouvé ce cadavre s'enfuit, et le flic le retrouve à la fin dans la boite de nuit. Un peu à la manière d'un Heat ou le flic et la proie se ressemblent sur plein d'aspect
Au final wang avait juste besoin d'échapper à cet environnement toxique, de conditions sociales inhumaines

Selon moi l'histoire avec le personnage du troll832 est la traduction des névroses de wang
Sibylleanne
Sibylleanne

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4,0
Publiée le 10 juillet 2019
Dans le microcosme des chantiers singapouriens, une enquête entre rêve et réalité, sur fond de rame économique et social.
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