Quinzième volet de la saga de films mettant en scène James Bond, le quatrième d'affilé réalisé par John Glen, Tuer N'Est Pas Jouer est un cru vraiment pas terrible. L'histoire nous fait suivre l'agent 007 qui, après avoir aidé un officier soviétique à traverser le Rideau de Fer pour passer à l'ouest, découvre avec stupeur que celui-ci a été retrouvé et kidnappé. Partant sur ses traces, la piste le mène vers Kara, une belle violoncelliste, qui va l'entraîner dans de nombreuses situations dangereuses, jusqu'à devoir mettre fin à un trafic d'armes. Ce scénario, adaptation cinématographique de la nouvelle Bons Baisers De Berlin de Ian Fleming, extraite du recueil Meilleurs Vœux De La Jamaïque, paru en 1966, dont le film ne reprend quasiment rien, s'avère peu emballant à visionner pendant toute sa durée de deux heures et dix minutes. Pourtant le prologue est plutôt prometteur et nous fait découvrir le nouveau visage de l'agent secret qui est bien introduit, avant de basculer sur un générique d'ouverture d'une belle esthétique. Hélas, s'ensuit une intrigue sans grand intérêt à base de géopolitique reprenant tous les ingrédients de la franchise. Mais ces derniers ne sont pas de première fraîcheur ce qui rend cette soupe insipide. Les scènes d'action sont nombreuses mais sont loin d'être les plus spectaculaires de la licence. Les gadgets sont eux assez nombreux et la romance unique plus poussée qu'à l'accoutumée. Mais tout cela n'est en rien original arrivé au quinzième épisode. Le ton se veut tout de même plus sombre et sérieux, délaissant l'humour et la légèreté. L'ensemble est porté par un James Bond interprété par Timothy Dalton qui succède ainsi à ses trois comparses. Et il faut dire qu'il incarne plutôt bien le rôle. Il est accompagné dans sa mission par Maryam d'Abo qui joue une James Bond Girl utile et très présente à l'écran. Le reste de la distribution comporte des antagonistes peu charismatiques et d'autres seconds rôles sans consistances campés pêle-mêle par Jeroen Krabbé, Joe Don Baker, John Rhys-Davies, Art Malik, Andreas Wisniewski, sans oublier les indéboulonnables Desmond Llewelyn et Walter Gotell. Lois Maxwell laisse pour sa part sa place à Caroline Bliss dans le rôle de Miss Moneypenny. Tous ces individus entretiennent des rapports comme toujours basés sur la coopération ou la trahison selon le camp. Des échanges soutenus par des dialogues fades, à l'image des répliques sortant de la bouche du nouvel espion loin d'être aussi incisif et drôle que ses prédécesseurs. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique s'avère bonne. Sa mise en scène est ambitieuse mais elle évolue dans des pays peu attirants entre la Tchécoslovaquie, le Maroc, l'Autriche et l'Afghanistan. Ce visuel terne est accompagné par une b.o. signée une nouvelle fois par John Barry. Ses compositions sont appréciables, puissantes, et ont un véritable impact sur les images, en plus de reprendre à de nombreuses reprises les thèmes iconiques de la franchise pour notre plus grand bonheur auditif. La chanson du générique d'ouverture est quant à elle interprétée par a-ha. Seulement, ses sonorités new wave ne collent pas vraiment avec l'esprit de la franchise et le titre est loin d'être mémorable. Cette énième aventure s'achève sur une fin attendue et au goût de déjà-vu, venant ainsi mettre un terme à Tuer N'est Pas Jouer, qui, en conclusion, est un long-métrage valant le coup d'œil uniquement par curiosité afin de voir un autre acteur dans le rôle car pour le reste on n'aperçoit aucune évolution à l'horizon.