Les Ailes du désir
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3,9
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150 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 29 juillet 2018
Un film-allégorie où un ange qui tombe du ciel sert de symbole à une ville (Berlin) qui renaît lentement de ses cendres. Une jolie fable qui fait entendre la conscience des hommes (leur recherche du sens de la vie, leur volonté de mettre l’histoire en récit) et la confronte au point de vue des anges (plaisir du fragment, de l’instant suspendu, regard détaché sur la vie qui coule comme un fleuve). La mise en scène est très belle, les monologues intérieurs très bien écrits et le générique a de la gueule (Bruno Ganz, Peter Falk, Nick Cave, Claire Denis, Laurie Anderson). C’est aussi très contemplatif et mélancolique, il faut avoir envie d’entrer dans cet univers ou tout est signifiant, ou tout avance avec lenteur. Je ne trouve pas que ce soit un chef-d’œuvre mais un bel exemple de réalisme magique au cinéma et une jolie déclaration à la ville de Berlin, deux ans avant la chute du mur.
Jipis
Jipis

45 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 janvier 2012
Je suis las de mon existence d'esprit. Je veux être maintenant et non plus depuis toujours et à jamais.

Ne plus lire toutes les senteurs d'un monde impalpable et interdit.

Supprimer un voyeurisme total condamné au toucher virtuel dans une écoute intensive ou l'on ne peut s'impliquer.

Sortir d'exaltations privées de véritables larmes ou de sourires francs que seuls les enfants perçoivent sans en définir le sens.

Un ange ne fait toujours que passer.

Cesser dans un état inexistant de contempler la joie, la nostalgie ou la misère des autres dans une ville grise et poussiéreuse, accablée par le souvenir sombrant lentement dans ses interrogations et son mal de vivre.

Sortir du néant, briser cette solitude ou l'on appartient à rien ni à personne. Être illuminé par le mouvement. Se blottir concrètement au creux d'un épaule en devenir ou désespérée.

Conquérir une histoire dans l'espace et le temps.

Pour arriver à cela, il faut être mortel et s'intégrer dans le seul concept susceptible d'entretenir la vie sans en définir la véritable chose en soi.

La thématique des sens et ses diversités attire un esprit carbonisé par l'ennui dans l’impossibilité de ressentir le nomadisme de ses contemporains.

Les ailes du désir est un film remarquable sur la spasmophilie d'une ville persécutée par son histoire faisant de ses habitants des éléments perturbés par la présence permanente d'un traumatisme.

Une cité euphorique ou désemparée sur le bas coté cherchant à reconquérir une identité dans le doute et l'excès.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 2 juillet 2018
La mise en scène de film avance lentement, le calme absolu comparé à « la cité des anges » dont l’héritage est un remake, la différence au moins de ne pas avoir de méli-mélo à l’excès mais du bavardage philosophique. Les anges regardent, écoutent les pensées des mortels, passe le temps à longueur de journée à ne faire que ça, on y trouve un romantisme spirituel, un des anges tombe amoureux au coup de grâce devient chair et os saignant comme un humain. La cohérence de la réalisation avec ce changement de couleur, à l’ancienne en noir et blanc du point de vue des êtres célestes et une fois passé mortel, la découverte des couleurs de la vie dans une ville de Berlin au mille visage diversifié, animé par le rock n roll au charme de serpent Nick Cave et compagnie, des forains saltimbanques malgré le rideau de fer avant sa chute deux ans plus tard. En guest star, Peter Falk alias inspecteur Colombo rendu hommage par son réalisateur Wim Wenders.
stans007
stans007

41 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 août 2025
Ça y est ! Wim Wenders a prix la grosse tête ! Résultat : j’ai arrêté au bout d’une heure, assommé par cette suite de saynètes à problèmes existentiels observées par deux anges gardiens et commentées par une vois off résignée suintant l’ennui. J’ai quand même retenu de ce film primé à Cannes pour sa mise en scène que « Nul n’a jamais pensé à écrire une épopée sur la paix ... ».
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 novembre 2011
Très beau film empreint de mélancolie et de poésie, "Les Ailes du désir" est également un peu expérimental et surtout beaucoup trop littéraire pour moi. Les monologues intérieurs des personnages que rencontrent les deux anges sont soit trop écrits, soit trop récités, en tout cas pas très agréable à suivre, hormis ceux de Peter Falk (probablement l'une des meilleures prestations d'un acteur dans son propre rôle). Il m'a tout de même fallu deux jours pour regarder ce film, qui est probablement un vrai chef d'oeuvre, mais qui m'a malheureusement perdu en route, car assez difficile à regarder à moins d'entrer tout de suite dans le bain. Si vous y arrivez, vous avez de la chance, et vous ne devriez pas être déçus. Quoiqu'il en soit, c'est à voir une fois dans sa vie.
Akamaru

3 512 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 juillet 2010
Un conte déconcertant car épuré,calme,d'une poésie surprenante et mêlant la véritable Histoire à des considérations plus philosophique.Wim Wenders a réalisé 2 films mémorables:"Paris-Texas" et celui-ci.Sa science de la mise en scène langoureuse peut au choix envoûter ou ennuyer.Cela dépend de son humeur j'imagine..."Les ailes du désir" suivent les pas de 2 anges de passage sur Terre,à Berlin plus précisément,épiant chacune des pensées intimes de ses habitants.Des anges portant des longs trench-coats et affichant un sourire stoïque.Bien sûr,personne ne peut les aperçevoir.Leur présence n'est pas palpable.Seul Peter Falk(littéralement l'inspecteur Colombo)peut les ressentir.L'un de ces anges tombe amoureux d'une jolie trapéziste,et devient du même coup simple mortel.Elégiaque,le film fascine,utilisant le noir et blanc pour réprésenter la vision des anges et la couleur pour le point de vue des mortels.Wenders y mêle une réflexion sur le passé chargé de Berlin,ses ruines,son mur(en passe de s'écrouler,nous sommes en 1987).Il vante surtout la beauté suprême de la vie.Universel et expressionniste,je ne donne pourtant qu'une étoile à ce classique.Trop lent,trop auteuriste et accordant de longs monologues pas toujours explicites.
Stéphane R
Stéphane R

31 abonnés 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mai 2019
L'allemand peut se faire poème. Wenders et sa voix off, grave, signent ici un poème magnifique et romantique. désespérément beau. On ne saurait expliquer le souffle d'un poème. Il faut se laisser guider par ces anges qui chuchotent au dessus de Berlin et aident les vivants que nous sommes
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 novembre 2008
Prix de la mise en scène à Cannes en 1987, Wim Wenders nous transmet une histoire bien singulière où l'amour est porteur d'espoir et de bonheur mais tout aussi bien de souffrance dans le pire des cas. Arborant un noir et blanc sublime avec des passages en couleurs chez nous, humains, des plans léchés et une photographie tout aussi travaillée, le cinéaste allemand nous montre l'amour impossible d'un ange, Bruno Ganz juste et touchant, envers une femme trapéziste de cirque, la défunte Solveig Dommartin ravissante et magnifique à observer. Même si l'enveloppe métaphysique du film, qui ne cesse de nous questionner sur la philosophie de notre monde et de l'au delà en déroutera plus d'un, on ne peut qu'être séduit par la poésie qui émane de ces ailes du désir et d'un esthétisme proche du rêve. Dans un contexte pourtant peu glamour: présence du mur de Berlin, bas-fonds underground de la ville, noirceur de l'âme humaine ou encore le tournage d'un film sur la seconde guerre mondiale; et bien font que l'aventure n'en est que plus belle et renforce la beauté de cette œuvre pourtant pas si accessible que ça, tant le fond peu paraître complexe et vite barbant à la longue. Se préparer à certaines longueurs mais aussi à savoir observer ces lenteurs qui peuvent être bénéfiques pour mieux apprécier la valeur artistique, proche du concept, comme si Wenders peignait des vers en prose sur pellicules...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 décembre 2009
Ce film est un objet abstrait, totalement à l’écart des productions américaines sur le même thème. Ce film a pourtant une âme vivante, quelque chose de sincère et de poétique, le tout filmé avec une telle pudeur qu’elle en devient suffocante. Peter Falk, qui joue son propre rôle, a toujours la fibre astucieuse à l’image de son personnage de Colombo. Bruno Ganz a un rôle sans ampleur lorsqu’il redevient humain et la fin est un peu trop contemplative. Les scènes dans la bibliothèque sont les meilleures.
stebbins

569 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2008
Ce film me fait penser à la célèbre réplique de Jean-Pierre Melville dans A Bout De Souffle de Jean-Luc Godard : " Devenir immortel...Et puis mourir ". Les Ailes du Désir est un film magnifique, complexe et original sur la condition de l'être humain, sur la sensibilité, sur la perception du monde. Un film audacieux aux parti-pris quelque peu déroutants ( importance de la voix-off, alternance de la couleur et du Noir et Blanc...) mais qui s'avère être une belle expérience. Le film de Wim Wenders peut paraître ampoulé alors qu'il n'en est rien : le réalisateur apporte un regard profondément humain sur ses personnages et son humilité n'a d'égale que son talent de cinéaste. Ici, il n'est pas question d'être original pour être original, et l'équilibre entre le fond et la forme est admirable. Peter Falk ( qui joue en même temps son propre rôle et celui d'un ange devenu humain ) ajoute un soupçon de dérision au film de Wim Wenders. Cela dit, j'ai été déçu par l'inteprétation de Bruno Ganz ( monolithique, bien que le sujet s'y prête ). Un film gracieux, à l'image de cette trapéziste convoitée par un ange ( la symbolique est sublime ). A voir absolument, de la même façon que Paris, Texas.
Sergio-Leone
Sergio-Leone

213 abonnés 1 096 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 janvier 2010
Quelle classe! Avec un esthétisme proche du divin, Wim Wenders prouve avec son confrère Herzog que les cinéastes allemands ont encore des beaux restes depuis les Lang et Murnau. Le souffle calme et la plénitude du film dégagent un je ne sais quoi audacieux et impressionnant. Le regard d'un ange sur notre monde ne pouvait pas mieux être représenté. Peter Falk est génial dans son propre rôle.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 mars 2011
Les ailes du désir est un magnifique film de Wim Wenders, le film apporte une réflexion sur la vie, l'amour lors des passages où les anges observent les hommes avec un noir et blanc sublime, le tout est très proche de la poésie, d'ailleurs les ailes du désir est une véritable œuvre d'art qui faut voir.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

166 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2017
Un retour à la douceur pour Wim Wenders qui s'insinue dans les pensées chaotiques de ses concitoyens berlinois avec l'histoire de deux anges qui les observent. Ce mythe d'ordre théologique est prodigieusement mis en scène sans le panache qu'on accorde d'ordinaire à ces êtres, et même avec moins de panache, puisque leur vision, quand elle est celle du spectateur, est en noir et blanc. On ne réalise qu'à peine ce que les textes languissants peuvent avoir d'ennuyeux tant ils apparaissent au spectateur comme les reflets fidèles de sa propre conscience. Et sans besoin d'aller dans la dimension allégorique, on peut s'étonner de la présence de Peter Falk et des allusions historiques discrètes qui nous ramènent à la réalité. Car oui, l'histoire tourne bien autour du mur du Berlin (et surtout pas de part et d'autre).
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 août 2025
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :

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Un ange, ça regarde. Ça écoute. Ça veille. Mais ça ne touche pas. Les Ailes du désir n’est pas seulement un film, c’est un vertige. Une caméra suspendue au-dessus du monde, qui enregistre le souffle des vivants. Wim Wenders filme Berlin comme un palimpseste : gris, fragmenté, hanté par ses cicatrices.

Bruno Ganz — Damiel — ange fatigué d’éternité. Il erre, carnet invisible à la main, notant les pensées humaines comme on recueille des prières abandonnées. Son complice, Otto Sander, Cassiel, reste témoin. Toujours présent, jamais acteur. Deux silhouettes en manteaux sombres, invisibles mais brûlées par la proximité des hommes.

Puis vient Marion. Solveig Dommartin. Trapéziste fragile, suspendue au-dessus du vide, funambule entre ciel et terre. Elle incarne l’appel du corps, du poids, du désir. À travers elle, Damiel découvre la tentation : quitter l’immortalité pour sentir le froid du métal, le goût du café, la chaleur d’une peau.

Et là, soudain, Peter Falk. Lui-même. Acteur américain devenu guide inattendu. Figure étrange, presque burlesque, mais dépositaire d’un savoir secret : lui aussi fut un ange. Il rit, fume, improvise, et tout à coup, l’éternité devient accessible, humaine, imparfaite.

La mise en scène — sublime. Wenders choisit le noir et blanc pour la perspective céleste. Chaque pensée entendue, chaque solitude saisie, prend une densité spectrale. Puis, au moment du basculement, quand Damiel décide de tomber du ciel, la couleur surgit. Explosion douce. Comme si l’univers, enfin, retrouvait sa chair.

Ce n’est pas seulement une histoire d’amour. C’est une méditation sur la condition humaine. Sur ce qu’on perd, et ce qu’on gagne, à être mortel. L’éternité observe, mais ne vit pas. La finitude saigne, mais embrasse. La vraie grâce, nous dit Wenders, ce n’est pas l’ange : c’est l’homme, vulnérable, imparfait, traversé de désir.

Et puis il y a Berlin. Avant la chute du mur. Une ville divisée, un peuple partagé. Les anges se déplacent à travers les blocs, les terrains vagues, les cicatrices urbaines. La métaphore est évidente, mais jamais lourde : la frontière politique résonne avec les frontières intimes.

Peter Handke, co-scénariste, glisse ses incantations. « Quand l’enfant était enfant… » Une litanie qui revient, comme un poème à demi oublié. C’est la musique intérieure du film. Une prière laïque.

Deux heures dix de flottement. Pas de narration classique, mais une succession de gestes, de murmures, de visages. Une errance. Et soudain, une révélation : l’essentiel n’est pas au ciel. L’essentiel se joue au ras du sol. Dans un baiser, dans une tasse, dans une caresse.

Note : 16 sur 20. Parce qu’il n’y a pas de faille. Parce que Wenders, avec ses anges mélancoliques, a donné au cinéma une métaphore définitive. Parce qu’aucun spectateur n’en sort indemne : chacun, à la fin, se demande ce qu’il choisirait. L’éternité spectrale ? Ou la brûlure fragile de vivre ?
Trelkovsky
Trelkovsky

84 abonnés 264 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2011
"Les ailes du désir" est une oeuvre réunificatrice. La scission fait office de principal motif récurrent du film ; Il y a celle qui sépare la chair de l'esprit, celle qui sépare la terre du ciel (le titre original, "Der Himmel über Berlin", l'évoque d'ailleurs beaucoup plus directement), et même celle qui sépare Berlin en deux ; c'est peut être même celle-ci qui a la plus grande portée. Car c'est celle qui dissocie les deux parties d'un même corps, de la même façon que la photographie noir et blanc évoque cette scission entre la chair et l'esprit. Mais, furtivement, puis subtilement, les couleurs apparaissent ; l'esthétique du film trouve alors une nouvelle harmonie, faite de couleurs plus vives, symbolique d'une réunification réussie entre ces deux éléments qui constituent chaque être humain (et peut être également annonciatrice de la réunification à venir des deux Allemagne ...). Superbe film, servi par un Bruno Ganz d'une justesse exceptionnelle.
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