J'ai terminé Ceux qui veulent ma mort avec un sentiment mitigé, entre un certain plaisir de retrouver l'univers brut de Taylor Sheridan et une déception face à un film qui manque cruellement de souffle. J’en attendais sans doute plus, peut-être à cause du nom du réalisateur, habitué à des récits tendus et profonds (Comancheria, Wind River…), mais ici, la promesse n’est que partiellement tenue.
L’histoire, centrée sur une pompière traumatisée (Angelina Jolie) tentant de protéger un adolescent pourchassé par deux tueurs implacables, avait de quoi séduire. Il y a quelques scènes de tension efficaces, une mise en scène solide, et des décors naturels (les forêts du Montana) qui offrent un vrai cachet visuel. Mais très vite, le film révèle ses limites : un scénario trop mince, des personnages peu développés, et surtout, une impression de survol. Les enjeux dramatiques, pourtant bien posés, sont expédiés au lieu d’être approfondis.
Angelina Jolie, pourtant habituée aux rôles d’action, semble ici un peu en retrait, comme si elle n’avait jamais eu l’occasion de vraiment s’emparer de son personnage. Le duo de tueurs, bien qu’efficace en apparence, manque de consistance. Et certaines situations
notamment le déclenchement de l’incendie
tombent dans l’exagération ou le cliché, affaiblissant la crédibilité de l’ensemble. On a l’impression que le film veut être à la fois un thriller nerveux et un drame humain, mais qu’il ne parvient jamais à choisir son camp.
Au final, Ceux qui veulent ma mort n’est pas un mauvais film, mais c’est un film oubliable. Il se regarde sans ennui, mais sans passion non plus. J’aurais aimé vibrer davantage, ressentir la tension monter, être happé par les dilemmes moraux ou la détresse des personnages. Au lieu de ça, je suis resté à distance, comme si le feu ne prenait jamais vraiment. 2,5/5, pour l’intention, les quelques scènes qui fonctionnent, et parce que Sheridan, même en petite forme, reste un conteur intéressant. Mais je ne le reverrai pas.