L’étreinte
Exploration du vide
Acteur habitué des seconds, pour ne pas dire 3èmes rôles, Ludovic Bergery s’essaie au drame pour son 1er film et 1er scénario. Rarement, on a vu un premier film aussi ennuyeux et aussi peu original. 100 minutes pour rien ou presque. Margaux a perdu son mari et commence une nouvelle vie. Elle s’installe chez sa sœur et s’inscrit à l’université pour reprendre des études de littérature. Mais rapidement, elle ressent le besoin d’autres émotions. Elle part en quête d’amour, au risque de s’y perdre... Voilà, tout est résumé… c’est vous dire. Ce drame repose entièrement sur la présence d’une star… sur le retour. Elle fait ce qu’elle peut, mais n’y croit pas un instant… nous non plus.
Ce film se veut une sorte d’exploration du domaine du ressenti par une veuve de fraîche date qui tente de se reconnecter à l’existence. Le problème majeur, c’est qu’à aucun moment on ne parvient à partager la détresse et la solitude de l’héroïne. Bergery n’a pas peur de filmer le silence, mais l’écueil sur lequel il fait naufrage, c’est que ça provoque l’ennui. Certes, l’ambition est là, et mettre l’absence au centre de u film était audacieux, car l’on sait – ô combien avec la période que nous traversons -, qu’être privé de l’étreinte est l’une des choses les plus cruelles qui soit. Mais on ne croit ni aux personnages sans consistance et ni aux situations qui paraissent factices. Bref un film inutile.
Depuis 2014, on n’avait plus vu Emmanuelle Béart dans une fiction à l’écran. Elle revient à 57 ans et on doit avouer qu’elle a le courage d’assumer son âge. Ce n’est pas si fréquent chez une actrice qui fut un sexe-symbole. Malgré tout ça, elle ne sait visiblement pas quoi faire de ce personnage dont on ne saura jamais s’il est à la recherche de l’amour, de l’amitié ou, de manière plus prosaïque, de sexe. Sans doute les 3 à la fois. Mais le flou nuit beaucoup à l’empathie que l’on pourrait ressentir pour elle. A ses côtés Vincent Dedienne se demande franchement ce qu’il fait là. Citons quelques autres noms du casting, Tibo Vandenborre, Sandor Funtek, Nelson Delapalme, Arthur Verret, Yannick Choirat… bref, pas grand chose de « bouleversifiant ». Tout comme ce film hautement évitable.