Mais pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de poser mon cerveau ce vendredi soir ?
Et pourtant, au début, ça commençait très mal. The tomorrow war enchaîne les clichés et le déjà-vu après une petite scène d'intro spectaculaire et incompréhensible. On sait qu'on est pas devant un Lynch et que tout ça va s'éclairer sans qu'on ait besoin de bâtir un pont entre nos neurones mais quand même, ça intrigue.
Puis, on tombe sur Chris Pratt en père aimant au milieu d'une banlieue américaine typique de studio - c'est dire, sur un plan, y'a même la château d'eau de la Warner en fond. J'avais l'impression d'être dans Pleasantville. On s'attend presque à voir débarquer le voisin avec son assiette de cookies en slow motion. Mais ce sera finalement des militaires en plein match de foot, enfin de soccer - comme si les américains en avaient quelque chose à faire du football anglais.
Tu veux avoir de l'impact, de la portée médiatique, tu viens pendant la finale du Superbowl, pas pendant Brésil - Grèce. Niveau crédibilité : zéro !
Alors, les militaires, pépouses, viennent annoncer, dans un déferlement d'effets pyrotechniques façon "color race" - c'est limite si on va pas voir débarquer une licorne - qu'ils viennent du futur, dans lequel une guerre fait rage contre un envahisseur redoutable, les Whitespikes !
Ok donc dans le futur, le monde est anéanti par un groupe de rock chrétien !
On est loin derrière l'arrivée d'un Terminator et l'évocation de Skynet.
Je me suis dit, ça va être long. Evidemment, Chris Pratt va devoir y aller, se mettre torse nu, dire au revoir à sa famille et là... là, je ne me doutais pas que ce serait le tournant qui transformerait mes craintes en petit moment de détente surprise.
Le présent, c'est chiant mais alors le futur... L'arrivée du voyage temporel nous ramène à cette courte introduction. On a la confirmation que c'est pas du Lynch mais franchement, le rythme, la découverte des Whitespikes, l'urgence de l'instant, ça a beau être mille-fois vu, ça fait le job. Les monstres sont intéressants, franchement bien rendus, assez impitoyables, genre chiens de chasse aliens et même si ça empile les instants de bravoures clichés, le divertissement est total.
Alors oui, le scénario empile les "comme par hasard" et les tours de passe-passe, d'un gamin fan de volcans à une fille Commandant en passant par un malade sacrifiable et un père pilote d'avion, mais tout s'enchaîne sans temps-mort avec des combats haletants, jusqu'à la découverte du poteau rose et l'affrontement final.
Je ne pensais vraiment pas écrire ça mais The tomorrow war est un bon divertissement calibré qui m'a procuré un certain plaisir coupable. Le plaisir bizarre de ne pas avoir été pris pour un con devant un film con. Et j'avoue, cerise sur le gâteau, j'ai même trouvé quelques dialogues aux petits oignons !
- Did you tell it to die? - Yeah. - It worked. - Why didn’t you tell it sooner ?