Film horrifique réalisé par James Wan, Malignant est une proposition déroutante, formellement superbe mais scénaristiquement perfectible, pour un résultat de bonne facture. L'histoire nous fait suivre Madison Mitchell, une femme perturbée lorsque de terribles visions viennent la hanter, dans lesquelles elle assiste à d'horribles meurtres commis par une entité vicieuse. Ce scénario s'avère très particulier à visionner tout du long de sa durée d'environ une heure et quarante-cinq minutes. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue nous plongeant immédiatement dans l'action et qui va s'intensifier au fil des minutes. Pour autant, ce récit reprend un peu trop les codes de son genre cinématographique dans sa première partie, ce qui fait qu'il n'y a rien de surprenant. Enfin jusqu'au moment où une révélation vient tout faire basculer et partir dans une direction aussi originale que déstabilisante. À partir de ce moment-là, la narration nous fait vivre une deuxième partie inattendue pour le pire et le meilleur tant c'est osé mais également risible. Tout cela donne lieu à des scènes de meurtres violentes et sadiques infligées aux victimes par une créature à l'anatomie improbable. On dirait par moments une blague sous forme de série B tant c'est déconcertant. De plus, l'enquête policière tentant de comprendre ces phénomènes meurtriers n'est pas vraiment emballante. L'ambiance horrifique quant à elle ne procure pas vraiment de tension et de peur malgré cette menace. La faute à une structure qui se répète ad vitam nauseam avec toujours les mêmes ressorts qui deviennent vite redondants. L'ensemble est porté par des personnages hélas peu intéressants. Des rôles caricaturaux interprétés par une distribution moyennement convaincante comprenant Annabelle Wallis, Mckenna Grace, Maddie Hasson, George Young, Michole Briana White, Jean Louisa Kelly, Madison Wolfe, Susanna Thompson ou encore Jake Abel. Tous ces individus entretiennent des rapports ne procurant malheureusement que peu d'émotions. Des échanges soutenus par des dialogues inconsistants. Si le fond souffre de pas mal de carences, l’œuvre se rattrape sur sa forme tout simplement époustouflante. En effet, la réalisation du cinéaste malaiso-australo-américain s'avère tout bonnement magistrale. Sa mise en scène est d'une créativité et d'une maîtrise remarquables. Sa caméra, d'une fluidité sans nom, nous gratifie de plans aux angles tous plus recherchés les uns que les autres et aux cadres léchés. De plus, la photographie est magnifiée par un jeu de lumière et un étalonnage travaillés donnant un cachet esthétique singulier au métrage. Il parvient même à iconiser la maison à l'architecture singulière au sein de laquelle se déroule une bonne partie de l'action. À cela s'ajoutent de bons effets spéciaux et une entité marquante de par sa gestuelle unique. Ce visuel exemplaire est accompagné par une bonne bande originale dont les compositions inquiétantes s'accordent parfaitement à l'action et aux images, sans être véritablement impactantes ni mémorables. Reste une fin plutôt satisfaisante venant ainsi mettre un terme à Malignant qui, en conclusion, est un film méritant d'être découvert avant tout pour son emballage devant servir d'exemple à tous les metteurs en scène au détriment de son intrigue moins aboutie.