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Isabel I.
50 abonnés
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4,5
Publiée le 29 juillet 2021
C'est bien au au-delà de l'alibi du départ : voyage vers un nouvelle relation amoureuse. C'est vraiment ce que j'attends d'un film : me laisser emporter dans l'histoire, les histoires . Sans chauvinisme je crois que certains réalisateurs français sont vraiment les meilleurs pour saisir ces instants de rencontres du quotidien de gens dits ordinaires. Savoir transmettre avec magie et pourtant simplicité ces petits moments de vie c'est vraiment une qualité de ce film . J'ai particulièrement aimé l'amitié naissante ,improbable presque, entre Edouard et Chérif et aussi Chérif avec ... mais je n'en dis pas plus... Des comédiens novices déjà prometteurs. Bref que du bonheur !
Oubliez Qu'ai-je fait au bon Dieu, Oubliez Les Misérables, voilà un film qui sans rien souligner, sans avoir un ton prédicateur, nous montre comment l'on peut venir d'horizons différents, s'accepter, voir s'aimer. Alors oui la réalisation n'est pas parfaite, le jeu des acteurs n'est pas incroyable, mais il possède une fraîcheur, une humanité, une simplicité et, surtout, une honnêteté que toutes les comédies françaises au kilomètres, les films bobos prétentieux ou les films exploitant la vie dans les quartiers populaires peuvent lui envier. Avec un petit goût de documentaire, un peu à la façon d'Avant la fin de l'été de Maryam Goormaghtigh, les vacances, l'insouciance du soleil, de la baignade et des amourettes, vous convaincront que oui, l'on peut vivre ensemble, voire même que le bonheur est possible pour tous! Le film idéal pour cet été 2021.
C'est contrasté. Certains acteurs et actrices bien , d'autres moyen. On dirait un premier film pas abouti. Reste un film plutôt léger , parfois amusant , pas desagreable a regarder mais un peu simpliste.
Avec des petits bijoux comme "Un homme sans femme" et "Tonnerre", Guillaume Brac est un réalisateur français dont on ne parle pas assez. Chez lui, il y a toujours un charme particulier lié à son empathie pour ses personnages et à sa façon de se plonger dans les beautés de la nature. Un charme que l'on retrouve dans "A l'abordage", primé à Berlin 2020, un film diffusé directement sur Arte, sans avoir, précédemment, fréquenté les salles de cinéma. On y retrouve de jeunes personnages interprétés par de jeunes acteurs très prometteurs (comédien.ne.s de la promotion 2020 du Conservatoire National d'Art Dramatique de Paris) : Félix (interprété par Eric Nantchouang), un noir de La Courneuve, le prototype du jeune qui a du bagout, sûr de lui, sympathique mais un peu lourd sur les bords ; Chérif (interprété par Salif Cissé), son meilleur ami, comme quoi, parfois, les contraires s'attirent car ce gros nounours de Chérif est plutôt du genre timide et réservé ; Alma (interprétée par Asma Messaoudene), une jeune femme de 22 ans, un peu versatile, dont Félix s'est entiché lors d'une fête parisienne, au point de décider d'aller la retrouver sur son lieu de vacances, dans la Drôme ; Édouard (interprété par Édouard Sulpice, qu'on retrouvera bientôt dans "Des hommes" de Lucas Belvaux), avec qui Félix et Chérif vont faire le trajet Paris - Die via BlaBlaCar, un jeune blanc, un "fils à maman" de "bonne famille", par ailleurs très sympathique, qui va devenir la tête de turc de Félix et de Chérif ; Héléna (interprétée par Ana Blagojevic), une jeune mère de famille et sa toute petite fille Nina, qui pourrait bien finir par succomber à la gentillesse de Chérif. On est dans un cinéma plein de fraicheur qu'on peut rapprocher d'Eric Rohmer et, surtout, de Jacques Rozier, et Guillaume Brac nous parle avec justesse, sans porter de jugement, de l'incompréhension qui peut exister entre les femmes et les hommes.
Il y a des films de bord de mer ( dernier en date « Nana et les filles du bord de mer » ) , il y a des films de vacances. Dans la spontanéité, la fraîcheur et la fantaisie Guillaume Brac s’empare du genre avec un appétit qui rend immédiats les personnages et les situations qu’ils rencontrent. Un jeune homme est tombé amoureux d’une jeune fille qui le quitte tout simplement pour aller passer ses vacances dans sa famille, dans la Drôme. D’où sa surprise quand l’idylle débarque au village avec deux copains qui n’en demandent pas moins. Tout ce qui arrive est bon à prendre et le spectateur peut aussi se laisser prendre. Voire même surprendre. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un pur bijou de réalisme, de drôlerie et d'émotion! Tellement rare! L'interprétation est d'une grande finesse dans ce film positif et délicat. Guillaume Brac est magicien et tous ses acteurs sont à suivre, Salif Cissé en tête.
Guillaume Brac nous avait habitués à quelques très beaux films ("Tonnerre", "Contes de Juillet") ; il passe encore un cap avec un long-métrage en apparence modeste de par son budget et son sujet, mais d'une grande liberté narrative permettant de faire circuler une pluralité d'affects. Le film commence en tout cas comme une pure comédie (deux amis, un conducteur moqué) qui enchaîne des gags savoureux et hilarants – le sommet de ceux-ci étant la scène où Chérif demande à son patron de lui accorder quelques jours de congé en prétextant un enterrement – avant de se laisser imprégner d'une teinte plus mélancolique, sans toutefois sombrer dans le pathos. Guillaume Brac ne renonce pas à ses variations sur les relations amoureuses, et ce n'est pas la première fois qu'il met en scène chez des trentenaires une hésitation entre l'affirmation de soi et l'attachement à l'enfance, mais il pousse cette ambivalence plus loin, en la liant d'une part à un bel esprit de camaraderie et d'autre part à la connaissance de celui ou celle qu'on désire (une femme seule avec un enfant en bas âge, une autre qu'on ne peut séduire car elle appartient à une autre classe sociale). Cette réflexion sur le devenir adulte de ces hommes a priori immatures – ou pas encore suffisamment mûrs – est donc enrichie grâce à cette confrontation sociale et l'appréhension du parcours de vie de l'autre ; elle existe aussi grâce à la formidable interprétation de ses trois principaux comédiens qui font preuve d'une évidente complicité, et grâce au chemin narratif emprunté par le film, qui se révèle être d'une liberté rappelant les longs-métrages de Jacques Rozier. Pour être à la hauteur de l'imprévisibilité de la vie, le cinéma doit trouver un rythme et une forme scénaristique refusant le parcours fléché et les transitions entre événements : sans parvenir au niveau de déconstruction de Rozier, Guillaume Brac tisse un subtil jeu d'échos qui passe moins par des actions que par des émotions. Ainsi, c'est en partant à l'aventure, à l'abordage, que le film parvient à transmettre un profond sentiment de joie, de liberté, tout en bouleversant sans que l'on s'y attende.
Joli film où les personnages sont noirs ou blancs de couleur de peau sans que ça soit un sujet, pas plus que les origines sociales. Simplicité, gentillesse, sont aussi de la partie. Et une réalisation très honorable.
Guillaume Brac s’imagine que le fait de mettre en scène deux blacks sympathiques des cités suffira à lui attirer l’indulgence. Il se trompe lourdement (sauf pour Libé !) ; son film est réalisé à la va comme je te pousse, ses dialogues sont étiques, sa direction d’acteurs erratique et son scénario sans surprise. On s’ennuie ferme devant ce pensum bien pensant. A oublier.
À L'Abordage est un film d'une simplicité sans nom mais justement c'est bien souvent de la simplicité que naît la beauté. L'histoire nous fait suivre le temps d'un été un groupe de jeunes personnes qui vont vivre toutes les émotions. En effet durant environ une heure et demi on va rire, se mettre en colère et s'aimer à travers leurs relations. Les personnages sont le cœur du film et fort heureusement ils sont tous attachants, touchants et ils trouvent tous leur place. Il y a Félix qui est à l'origine de tout ça car il souhaite rejoindre un amour de vacances sur son lieu de villégiature. Son sourire est communicatif et s'entend jusque dans sa voix mais il est aussi très sanguin et agressif par moments. À ses côtés se trouve Chérif un jeune homme très drôle et serviable qui va vivre une jolie relation avec Héléna une jeune maman dont on ne sait pas si ce qu'elle prétend est vrai. Nous avons Édouard un fils de bonne famille assez coincé qui va voir son plan initial bouleversé ce qui va l'agacer mais qui au final va totalement se lâcher au contact de Félix et Chérif. D'ailleurs tout semble séparer les deux copains et Édouard au début mais finalement ils parviennent à comprendre qu'ils se ressemblent malgré leurs milieux sociaux différents qui se ressent notamment dans leur langage qui n'est pas le même. Alma elle, qui est l'objet du désir n'est pas la plus sympathique sous ses airs de gentille fille, elle est opportuniste et pas très clair dans ses intentions. Et surtout elle ne semble pas aussi attaché à Félix que lui ne l'ai. On a aussi Lucie la grande sœur d'Alma qui connaît bien sa sœur et qui donc ne se range pas forcément de son côté ainsi que Martin un maître nageur provocateur et très sûr de lui. Tous les acteurs qui campent ces rôles sont absolument mignons, sympathiques, joviales et surtout parfaitement naturels ce qui fait que c'est très authentique. Les dialogues sont remplis de sincérités, de doutes, de tendresse, d'amitié, de bonhomie et les réactions sonnent justes. De plus le film aborde subtilement certains thèmes, très légèrement, sans opinion et très brièvement. Les défauts du film sont plus de l'ordre du visuel que de son histoire. En effet la réalisation n'est pas franchement travaillée et se veut très sommaire même si le genre s'y prête, un effort n'aurai pas été de trop. Mais surtout elle est frustrante car les paysages et la saison offrent des images lumineuses mais les décors ne sont pas assez mis en valeur. C'est vraiment dommage de ne pas pouvoir plus profiter de ce beau cadre. La b.o. pour sa part est très discrète et c'est là encore dommage car elle est très jolie le peu de fois ou on l'entends. Reste une fin qui m'a satisfait. À L'Abordage ne paye pas de mine mais fait passer un agréable moment dont on sort les yeux humides et avec un large sourire tant ce film fait du bien car il parle d'amour et de bienveillance d'une fort belle manière. Je ne peut que vous le conseiller.
Apres plusieurs courts-metrages drôles et mélancoliques sur ce thème, Guillaume Brac affine son approche des romances estivales en proposant un scénario plus complexe, un peu manichéen mais pas comme on s'y attendrait. Très bon film dont on se demande pourquoi il ne bénéficie pas d'une sortie sur grand écran.
Qu’il fait du bien le cinéma de Guillaume Brac ! Avec encore ici sa bienveillance attentive et minutieuse, tellement plus politiquement pertinente que le reste du cinéma français et ses contresens pathétiques sur les milieux populaires ou les jeunes filles sont nécessairement voilées de force , brimées par leurs frères misogynes ou « radicalisés » ,et attendant d’être émancipées par la gentille copine blanche. D’avantage que chez Rohmer , c’est « du coté de d’Orouet « ,chez Rozier que cousinent les personnages du film, ne représentant qu’eux-mêmes sans qu’à aucun moment, pourtant les rapports de classe, de race, la difficulté de trouver sa place ne soient évacués de ces portraits tout à la fois émouvants et drôles.
À l’abordage laisse après visionnage le souvenir d’une franche et sincère camaraderie : nous nous rappelons un visage, une réplique ou une situation, et ce sont des amis que nous voyons, et ce sont comme des souvenirs que nous revivons mais en faux, quoique le cinéma soit l’art qui donne vie à la fiction. Guillaume Brac n’a pas son pareil pour croquer ses personnages : il leur confère une authenticité d’autant plus forte qu’elle gagne à investir le terrain du non-dit et du silence. Car il s’agit surtout de regards. Dans les yeux nous lisons l’attente et l’espoir qu’elle procure ; nous lisons également l’incertitude puis la désillusion, aussitôt apparue aussitôt ébranlée par un événement qui va remettre en marche le cœur humain et donc nos adolescents. Ces personnages, nous avons l’impression de les avoir côtoyés, de les aimer encore – ou de les détester franchement. La démarche sociale entreprise par le long métrage, explicite par le rapport de classes entre Félix et Alma, ne prend jamais le pas sur la fluidité d’un récit qui coule à la manière de la rivière et se construit en épousant le mouvement de ses protagonistes, de leurs corps dans un espace et dans un temps ralentis, suspendus pour la période estivale. Voilà une œuvre dépourvue de grandiloquence et d’effets tape-à-l’œil qui donne à voir et à vivre l’humain dans sa simplicité la plus complexe, réussissant le tour de force d’esquiver l’axiologie lors d’un retournement ultime qui raccorde chaque personnage à sa propre fragilité. Certainement l’un des meilleurs films de l’année.