Porté par un casting impeccable, un drame romanesque troublant et prenant sur fond de lutte des classes et d’usurpation d’identité, qui nous plonge avec finesse dans les profondeurs de l'âme humaine. Mais la fin est décevante. 3,25
J’ai adoré cette très belle histoire particulièrement bien racontée, comme beaucoup d’écrits d’origine britannique, même si la réalisation est française. Bien sûr, certains critiquent la lenteur, ou encore l’académisme dans cette histoire d’usurpation d’identité qu’on comprend du reste parfaitement ici. Mais nous sommes en 1914, et ce début de siècle ne connaît pas la frénésie de nos jours et aime le classicisme. J’ai particulièrement apprécié la prestation de Lyna Khoudri qui fait passer l’émotion avec un talent rare, et la dernière partie du film est passionnante, entre le retour d’une morte et le lien particulier qui se tisse entre la jeune lectrice et la grande bourgeoise incarnée, comme toujours avec talent, par Sabine Azéma. Pour moi une réussite.
“La place d’une autre” est l’histoire d’une prostituée devenue bonne puis infirmière pendant la guerre de 14. Et c’est sur le front que le personnage interprété par Lyna Khoudri va prendre la place d’une autre en se présentant chez une riche veuve avec une lettre de recommandation d’une certaine Suissesse de bonne famille qu’elle voit mourir sous ses yeux. Le stratagème fonctionne, d’autant plus que Nélie va devenir très proche de dame Eléonore, jouée avec retenue par Sabine Azéma. Entre film d’époque et thriller intimiste, “La place d’une autre” aborde une mise en scène discrète pour traiter du mensonge et de l’amitié sur un même niveau. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Sur deux périodes et deux thèmes différents j’ai l’impression que "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller et ce film portent le même cousinage d’une littérature populaire immédiate. Le classicisme de la mise en scène en prime tient alors lieu de repérages des humeurs de l’époque. Ici le début de la première guerre mondiale quand une pauvre fille déshéritée voit son salut dans l’aide aux blessés. Nélie soigne particulièrement une jeune femme qui ne survivra pas. Les deux femmes ont eu le temps de se raconter, Nélie y voit l’opportunité de sortir de l’ornière. L’usurpation d’identité au cinéma est logiquement cousue de fil blanc. Au scénariste de s’approprier l’inédit, l’originalité, pour nous conduire à la vérité. Si tant est qu’elle existe. La plume de Maud Ameline s’accorde à cette attente que la réalisatrice Aurélia Georges aménage assez classiquement dans les stéréotypes de l’époque . Mais le jeu des comédiens est prenant. Sabine Azéma s’entend parfaitement avec la jeune génération, au talent confirmé . Bien que rivales Maud Wyler et Lyna Khoudri font la paire. Laurent Poitrenaux juste et fort lui aussi, les chapeaute avec une élégance démentie dans un final beaucoup trop bancal et gentillet . Il brise l’esprit d’un film qui jusque-là avait su tenir sa part de trouble et d’audace. AVIS BONUS Une scène coupée intéressante, les commentaires des techniciens, l'avis d'un critique, il y a de quoi voir et entendre Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
C'est un joli film sur l'usurpation d'identité. En cas d'évènements tragiques, qui touchent tout le monde ou presque, comme la guerre, il est plus facile de prendre la place d'un autre. Il peut y avoir de nombreuses raisons, ici c'est la perspective d'avoir une vie meilleure, bref c'est une circonstance atténuante. S. Azema, femme bourgeoise jusqu'au bout des doigts, se fait alors abuser et elle n'acceptera jamais d'avoir été ainsi abusée, se cachant derrière différents prétextes pour enfin se rendre compte qu'elle porte un attachement très fort à sa jeune lectrice, interprétée par L Khoudri.
Lyna Khoudri commence à trouver des projets à la hauteur de son immense talent. Ici, elle campe le rôle d'une infirmière issue d'un milieu pauvre qui va procéder à une usurpation d'identité pour rêver d'un avenir meilleur dans une famille bourgeoise. Aurélia Georges situe l'action de ce film durant la Grande Guerre. La tension sur la découverte (ou non?) de cette supercherie m'a passionné. L'action se déroule toujours sur un fil pour maintenir un suspense constant et troublant. Sabine Azéma excelle dans son rôle de grande bourgeoise veuve et bien seule. Cette oeuvre ne fait pas dans le sensationnalisme mais nous conte sans artifice la route de deux destins croisés.
Je dois dire que ce film présente effectivement de nombreuses richesses tel la mise en scène, la photographie plutôt exploitable. Mais la direction des acteurs donc le jeu des acteurs en soit, je ne suis pas super fan. L'histoire reste tres longue et trop ennuyante. Beaucoup de moment sans rien, une inteigue très même trop longue à demarrer. Je ne suis pas hyper satisfaite par ce film. Après les decors et l'image restent tres jolies a voir.
« La place d’une autre » est un charmant portrait de femmes, sur fond de guerre d’hommes, avec usurpation d’identité. Si le film est un peu long, il est magnifiquement porté par la jeune Lyna Khoudri, forte de sobriété et de contrôle d’elle-même et Sabine Azéma (qui n’a plus rien à prouver), qui « habite » merveilleusement son personnage. Plus que romanesque, l’histoire se meut peu à peu comme un thriller social et psychologique au milieu de l’univers feutré de la grande bourgeoisie sur fond sépia et de 1ère guerre mondiale. Il projette avec magnificence le carcan de la différance de classe et son émancipation par la naissance d’un véritable amour filial.
Excellent film, j’ai été très surpris en le regardant, je l’ai choisi aléatoirement j’ai écouté mon instinct et j’ai bien fait. Je recommande vivement !
Un téléfilm d'un autre âge qui vient encombrer les grands écrans, alors qu'il aurait toute sa place sur une plateforme ou une chaîne de télé. C'est long et ennuyeux, d'un académisme étouffant, aucune tension dramatique, la direction d'actrices est étonnante, soit elles en font trop, (Sabine Azéma se tortille comme la vieille dame de Babar, au lieu de jouer simplement une femme de son âge et Maud Wyler surjoue tout et roule des yeux) soit elles ne font rien (Lyna Khoudri, décidément bien fade, qui n'a en gros que 2 expressions). Ajoutez à cela une musique composée au kilomètre, et un scénario cousu avec de grosses ficelles :spoiler: Alors qu'elle n'est jamais entrée dans la maison, la vraie Rose trouve tout de suite la chambre de Nélie, ou bien comment Azéma sait-elle où Nélie est allée dormir ? Sa calèche l'attend néanmoins devant la porte du foyer, pile au moment même où elle en sort...
Dommage, on tenait là un sujet intéressant. Il aurait fallu plus d'enjeu, plus de suspense, peut-être. On passe le temps en regardant les décors, les costumes ...
J'ai beaucoup apprécié ce film : son côté historique, de très bonnes interprétations féminines une fin pas forcément attendue. Ce film est aussi intéressant sur la réflexion qui s'en dégage autour de la place qu'on essaye de se trouver pour évoluer dans notre vie au sein de la société malgré nos difficultés.
Immorale. spoiler: Cette histoire récompense le mensonge et envoi comme message "vous voulez réussir dans la vie, brisez celle de quelqu'un d'autre" spoiler: