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fabrice d.
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3,5
Publiée le 19 mai 2026
Ce film n’a rien d’un film commercial, bien au contraire. C’est une œuvre singulière, portée par un univers très personnel puisqu’elle s’inspire de la vie de Carole Achache et qu’elle est réalisée par sa fille, Mona Achache. Ce qui m’a séduit ici, ce n’est pas tant le fond que la forme. Le travail de création est remarquable: c’est artistique, poétique, difficile à ranger dans une catégorie précise. Ce n’est ni vraiment une fiction, ni un documentaire, ni même un simple mélange des deux. C’est un peu tout cela à la fois. Et bien sûr, il y a Marion Cotillard, impressionnante dans le rôle de Carole Achache. On sent chez elle une véritable intensité et une profonde conviction dans l’interprétation. Le passé et le présent s’entremêlent constamment, ce qui rend parfois le récit exigeant et demande une attention particulière pour saisir tous les détails. Mais cette construction participe aussi à la beauté du film : quelque chose de profondément créatif, sensible et immersif. La réalisatrice utilise de nombreuses techniques narratives et visuelles pour transmettre ses émotions et raconter cette histoire intime. Avec les écrits et les photographies laissés par l’auteure, la matière était immense. Pourtant, il a fallu sélectionner, structurer, transformer tout cela en cinéma. On imagine sans peine le travail colossal qu’il y a derrière ce film.
Little Girl Blue C’est original mais je n’ai pas aimé ! Impossible de rentrer dans ce film surjoué. Malheureusement, j’ai toujours l’impression que Marion Cotillard joue toujours son personnage d'Édith Piaf. C’est la voix, le physique qui ne font pas oublier alors qu’elle joue pourtant un autre personnage. 2,6/5
« À la mort de sa mère, Mona Achache découvre des milliers de photos, de lettres et d’enregistrements, mais ces secrets enfouis résistent à l’énigme de sa disparition. Alors par la puissance du cinéma et la grâce de l’incarnation, elle décide de la ressusciter pour rejouer sa vie et la comprendre. »
Mona Achache perpétue la tradition de la lignée de femmes de sa famille, rendre hommage à celle qui fût sa mère, Carole Achache, photographe de cinéma et écrivain. Elle-même qui avait évrit « Fille de… », sur sa mère Monique Lange, romancière et scénariste. Elle écrit par la réalisation de son film, sur sa mère, et sur l’énigme qu’elle reste pour elle. Elle opère avec sa caméra une mise en abyme de sa propre vie, ou tout au moins de celle qui la relie à sa mère. Cette dernière s’est suicidée en 2016, à l’âge de 63 ans, la laissant sans réponse face à cette disparition brutale et violente.
L’écriture sur le lien mère-fille se veut cathartique, et apparaît ici en parallèle d’une malédiction transgénérationnelle qui dans cette lignée de femme fait qu’elles vivent toutes des abus sexuels, qui semblent une fatalité et viendraient quasiment s’inscrire dans l’éducation d’une fille. Je n’ai pu m’empêcher de penser à « My Little Princess » sur la propre histoire d’Eva Ionesco, ou encore au livre de Vanessa Springora « Le Consentement » fraîchement adapté au cinéma, où la mère sensée protéger son enfant, démissionne et laisse faire, ou même à contrario utilise son enfant comme faire valoir. Mais aussi au sublime « Aftersun » de ce début d’année sur cette petite fille devenue femme, Charlotte Wells, qui cherche celui qui a été son père au travers de souvenirs de vacances et tente de trouver une réponse à sa disparition. Ce dernier aura été le film qui m’a le plus surprise et bouleversée en 2023, une véritable claque cinématographique.
Marion Cotillard se travestie pour devenir Carole Achache, et parvient à créer un personnage troublant qui échappe à l’actrice, qu’on finit par ne plus voir. Le fantôme de Carole Achache prend le dessus en surimpression de son interprétation. Mais un grand nom d’actrice et une performance peuvent-ils suffire à porter un film et le rendre pour autant intéressant ? A moins de vouer une passion à l’actrice, la réponse reste mitigée. Tout comme « Les filles d’Olfa » dont le procédé cinématographique était très original pour recréer une fratrie séparée, « Little Girl Blue» trouve de la même manière ses propres limites dans son idée originale, que le film ne parvient pas à transcender. Il finit par tourner en boucle comme une psychanalyse à laquelle on assisterait en tant que spectateur. Oui mais, il manque un petit supplément d’âme et d’émotion à cette histoire personnelle à laquelle une prestation d’actrice ne peut être suffisante.
Il est temps de revoir 3 films exceptionnels sur des secrets de famille ou énigmes laissées aux proches qui doivent vivre avec leurs terribles interrogations, « Aftersun » de Charlotte Wells, « Carré 35 » d’Eric Caravaca ou encore le très beau « Histoire d’un regard » de Mariana Otero, film documentaire sur Gilles Caron.
Little Girl Blue (FRance– 1h35) de Mona Achache avec Marion Cotillard et Mona Achache.
Quel film incroyable ! J'avais peur de son austérité mais c'est tout l'inverse. La réalisation est incroyable, créative, poétique, pour illustrer un sujet hyper personnel. Et puis cette recherche pour comprendre ces femmes de sa génération, à travers Carole la mère suicidée, fait étonnement écho. Les hommes sont responsables du malheur des femmes. La réalisatrice accuse le modèle patriarcal qui rend les femmes victimes et complices du désastre. Pour l'objet de cinéma et pour l'histoire récente des femmes, je conseille très vivement ce film.
On peut juste écouter ce film en mode postcast, on ne perdra pas grand chose des éléments le composant, car je n'ai pas trouvé véritablement d'intérêt dans les images. Un documentaire avec uniquement des photos aurait fait le même effet ; Marion Cotillard joue bien certes, mais incarner le personnage en mettant habits et perruque n'a rien apporté à l'ensemble qui est plutôt narcissique et bavard à la sauce intello-parisienne.
Avec "Little girl blue", Mona Achache propose une forme de cinéma unique. Ni fiction, ni documentaire, mais à cheval entre les deux. Une œuvre singulière où elle explore ses origines à travers le passé et la vie de sa mère. Personnalité qu’elle tente de faire revivre à travers Marion Cotillard (qui a l’occasion ici de faire taire toutes les critiques tant elle parvient à s’effacer et à incarner cette femme complexe) et l’utilisation d’images d’archives. Le tout est parfaitement agencé par un montage extrêmement travaillé.
Un concept étrange, complexe et originale qui se rapprocherait du docu fiction, c est un travail du deuil que fait la réalisatrice mona achache qui ressuscite sa mère à travers Marion Cotillard dont le travail de mimétisme est assez époustouflant mais aussi troublant. A travers ce film, elle raconte la vie de sa mère photographe dont on parcourt les années 60-70 dans un milieu interlope,artiste avec ses géniales inspirations mais aussi ses travers Nous suivons avec intérêt et tendresse le parcours de vie de cette mère pas comme les autres et aimante, jusqu à sa fin tragique. Un film très émouvant avec une interprétation majestueuse de.marion Cotillard.
Magnifique, très dur, mais c'est la stricte vérité..... De beaucoup de filles... Jeunes filles, ados, femmes. Beaucoup de peine pour la famille, la dur vie de toute les mères.... On survit comme on peut a tout cela.... On avance, se rebelle, puis le temps n'efface rien mais s'intensifie je trouve.... Courage à vous, à nous, aux autres. Merci pour ce beau film très original.
Un docu-fiction au procédé expérimental assez casse-gueule et au final un peu trop perso mais plutôt réussi, qui nous plonge dans les fantômes du passé familial de la réalisatrice, afin de tenter de comprendre les raisons du suicide de sa mère interprétée par une épatante Marion Cotillard.
Mona Achache fait revivre sa mère sous les traits de Marion Cotillard, au moins le temps d'un film, pour mieux comprendre son suicide. L'occasion, à travers ce procédé experimental, de nous faire découvrir les tumultes internes de Carole Achache (Carole Lange) face à un certain milieu litteraire français, d'ausculter la condition féminine à travers les âges, mais aussi et surtout de conjurer la transmission psychique et la répétition intergénérationnelle, avec une empathie et une bienveillance flagrante. Une vraie réussite.
Il s’agit d’une œuvre difficile à juger tant son caractère personnel et son concept déstabilisant lui confèrent un statut unique. En 2023, la réalisatrice Mona Achache rend hommage à sa défunte mère disparue quelques années auparavant. Pour tenter de comprendre les raisons de son suicide, elle retrace le parcours intime, artistique et social de cette femme libérée à l’aide d’une multitude de documents d’archives. Le caractère docu-fiction est transcendé grâce à l’accaparation de l’âme et du corps de ce personnage par une Marion Cotillard complètement investie. Bref, une mise en abyme vertigineuse mais quelque peu austère si l’on ne ressent aucune empathie pour cette intellectuelle aussi égoïste que torturée.
Est-ce une mode ? Injecter de la fiction dans un film documentaire.
Après « Les filles d’Olfa », « Little Girl Blue » de Mona Achache. Pour relater l’absence de ses deux premières filles parties rejoindre l’Etat islamique, Olfa se voit adjoindre trois actrices : l’une jouant ponctuellement Olfa elle-même et deux jeunes actrices jouant ses deux premières filles. Un documentaire troublant dans la mesure où la vraie Olfa reconstitue un passé avec deux actrices jouant ses deux filles.
Avec « Little Girl Blue » c’est la réalisatrice Mona Achache qui demande à Marion Cotillard de prêter ses traits à sa maman Carole Achache.
Ce qui est troublant, ce n’est pas tant que Mona Achache se confronte à Marion Cotillard qui joue sa mère, c’est l’actrice Marion Cotillard qui me donne à voir son processus de création pour parvenir à être la maman de Mona Achache. Moi qui suis sensible à la direction d’acteurs, au travail de l’acteur, j’ai été agréablement servi. Comme j’ai apprécié l’option du décor : plusieurs lieux en un seul lieu ; une usine désaffectée pour restituer l’appartement de Carole Achache, une brasserie, une station de radio, un plateau de télévision.
Enfin ce qui est impressionnant, ce sont tous ces documents constitués de lettres et de photos, de cassettes audio et vidéo, un océan de témoignages sous lequel Mona Achache tente d’émerger afin de mieux comprendre et connaître cette mère. Elle y parviendra... peut-être. On n'est jamais sûr de rien.
Pour le reste, comment ne pas être indifférent aux abus sexuels de ces deux femmes victimes d’hommes plus âgés alors qu’elles étaient de toutes jeunes filles : 11 ans pour Carole, donc la maman de Mona, et Mona elle-même à 13 ans ! Comment ne pas s’indigner de ces mères faussement silencieuses sur ses crimes d’attouchements : la mère de Carole, Monique Lange et surtout Carole elle-même ! Comme une monstrueuse fatalité.
Dernièrement « Le consentement » : milieu littéraire où un certain Matzneff sévissait grâce à l’hypocrisie des uns, au silence des autres, quand ce n’est pas les deux à la fois !
A part le dispositif, à part le travail captivant de Marion Cotillard, à part ces crimes odieux dont ont été victimes ces deux femmes, je suis resté à distance de leur vie. A aucun moment, j’ai envié cet anticonformisme adoubé par Marguerite Yourcenar. J’ai préféré mille fois l’histoire de madame Olfa, qui elle aussi partage malheureusement la même et triste part d’ombre que Monique Lange et Carole Achache…