Selon comment on regarde ce film, il est presque d'un autre temps. Celui des pat' d'elph', certes, mais avec plus de 50 ans d'écart, on constate plus ou moins amèrement combien les choses ont changé. J'adore ce film pour tout, pour le sujet sur les rapports père-fille, juste sortie de l'adolescence, l'affrontement avec son père est douloureux dans ce post-68. Tout est en train de changer et pas lui, il le vit d'autant plus difficilement jusqu'à ce que cela remette en cause sa carrière de prof ! Lino Ventura est formidable (comme toujours, je suis totalement fan, quelque soit son rôle). Isabelle Adjani au tout début de sa carrière est exceptionnelle, peut-être un de ses meilleurs rôles : je ne suis pas fan en général, mais là oui, j'aime sa prestation. J'adore l'Annie Girardot des années 70, dans plein de comédies, elle y est très fantasque. On atteint le sommet dans ce film et tout particulièrement quand elle parle anglais. On peut comprendre que la carrière aux Etats-Unis n'a pas eu lieu. J'aime aussi ce film pour toute cette bande de jeunots, qui gravitent autour d'Isabelle Adjani. On en voit certains lors du match de foot. Incroyable, tous ou presque étaient quelques années plus tard des têtes d'affiche. C'est comme si on avait réuni tout le futur cinéma français avec Lino Ventura comme une sorte de "parrain". C'est merveilleux de les voir, certains, on les reconnaît à peine ! Tout particulièrement j'aime la rencontre de deux comédiens que j'adore, Francis Perrin et Jacques Spiesser. Personne n'a eu idée de les réunir à nouveaux que plus de quarante plus tard, un peu changés dans un cross-over de Magellan et Mongeville, deux épisodes extraordinaires. Ce film, c'est ça, c'est la réunion d'acteurs et d'actrices de grand talent et formidables !