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Emmanuel Cockpit
91 abonnés
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5,0
Publiée le 30 janvier 2022
Fort et poignant, souvent cru et parfois dur, un film d’une grande humanité dans lequel le spectateur n’oubliera pas les personnages. Bernard Campan et Alexandre Jollien, réalisateurs et acteurs principaux, font exploser trois tabous : le traitement de la mort en détaillant la vie d’un conseiller funéraire, le handicap vécu et pas seulement interprété par Alexandre Jollien et les relations sexuelles des handicapés au travers d’une expérience sensorielle toute en délicatesse. Le mélange subtil de gravité, de tendresse et de rire portés le philosophe malicieux et souriant et le croque-mort fragile et sensible distillent avec réussite des messages de générosité et de tolérance. On en ressort le cœur purifié et l’âme légère.
“Presque” s’inscrit dans un thème original, car il regroupe deux sujets délicats : l’handicap et la mort. Et malgré le côté difficile du métier de croque-mort, ainsi que la vie d’infirme, il en ressort beaucoup de positif, notamment grâce au personnage de Igor (Alexandre Jollien) rayonnant de courage et positivité. Malgré tout, “Presque” souffre d’un scénario court qui ne laisse pas vraiment les sujets s’exprimer sur leurs maux. Le film apparaît plus comme un divertissement qu’une réflexion propre sur la place de l’handicap et la fin de vie en société. Un point mérite tout de même d’être souligné car audacieux, spoiler: c’est d’avoir abordé le sujet de la sexualité en tant qu’handicapé et le fait d’accepter son corps tel qu’il est, peu de films osent le présenter, bien que la sexualité fasse partie intégrante de l’être humain.
Ce film m'a immédiatement fait penser à "Le huitième jour" avec Daniel Auteuil et Pascal Duquenne. On sent dès le début avec l'accident que ces deux là vont devenir inséparables. Et pourtant, la magie de cette rencontre n'opère pas tout de suite, Alexandre Jollien débitant à la chaîne des citations philosophiques. Ce road movie est donc dans un premier temps assez prévisible mais il se dégage une énergie positive qui gagne le spectateur au fur et à mesure que le duo Campan/Jollien s'apprivoise. C'est une oeuvre sympathique mais un peu trop prévisible qui a quand même le mérite d'apporter une réflexion sur le handicap.
Il le dit, d'ailleurs, dans le film. Une fois seulement, l'air de rien.
Mais comment fait-il pour aimer la vie quand-même, cette vie qui ne lui a pas fait de cadeau ? C'est ce qu'il nous explique en toute modestie, à coup de petites citations des philosophes qui ont compté pour lui, au fil des évènements tour à tour drolatiques ou dramatiques qui jalonnent ce road-movie gentiment déjanté. Jollien se laisse porter, chahuter, bousculer, moquer, aimer. Il aime aussi, il accepte la vie comme un voyage, passager qui ne s'en laisse pas conter. Il est vraiment sympa, Jollien.
Son road-movie, c'est un corps bizarre dans un corbillard. Au volant, Campan campe un chauffeur qui se laisse faire lui aussi, qui met les freins et profite, qui tire les leçons, gamberge puis s'abandonne, donne et se donne. En spectacle, comme son ami. Deux spectateurs dans l'expectative attentive, chacun à sa manière.
Les leçons du film que j'ai préférées, c'est la joie du corps pour tous sans tabou, c'est l'amour qu'on chante à côté de la mort, c'est le dénuement-dénudement des deux nus déments pour finir, pas fous du tout en fait !
Ca fait du bien. Manque juste un peu de gamberge sur la place de l'homme au milieu du reste du vivant... car tout est lié !..
Un film qui marque durablement, c'est avant tous un film qui provoque du changement, c'est mon cas avec Presque, qui m'a permis de m'exprimer sur mes douleurs, sur ce que je vivais. Le film m'ayant marqué, touché,ému et même forcé à parler de ce qui n'allait pas, j'en remerci donc infininement Alexandre Jollien, qui me guide chaque jour vers une volonté de mieux vivre, de mieux évolué et d'être simplement plus heureux.
Excellent, Bernard Campan sait vraiment écrire de bonnes comédies et de bons drames touchants. La réalisation est hyper planante, et le scénario est enfantin ; tout cela en fait un film très feel-good. Les personnages présentent des situations très drôle sans pour autant que cela devienne lourd, c'est très bien dosé. Sachant que le film est très court, chaque séquence a une utilité et son impact arrivera à un moment X, sans pour autant nous le rappeler ; le film ne prend pas le spectateur pour un imbécile, que ce soit dans la réalisation ou dans l'écriture. D'ailleurs, le personnage de Bernard Campan a une superbe évolution bien que prévisible même si sans cette évolution, le propos aurait été différent... S'il faut chipoter, une certaine histoire d'amour sort un peu de nulle part à la fin, ce qui est un peu étrange, mais c'est vraiment un détail futile. Je recommande ce petit bijoux tant pour le scénario que pour la mise en scène.
Classique mais très bien interprété (Alexandre JOLLIEN & Bernard CAMPAN assez naturel), émouvant sans être larmoyant, vous invitant a la réflexion sans pour autant vous prendre la tète, "Presque" nous raconte la story d'un handicapé physique amoureux des lettres, de la philosophie et de la vie et d'un croque mort désabusé . De cette rencontre petit a petit naitra une amitié peu commune mais profonde, désintéressée et riche d'échange. Traité sans concession avec une belle pointe d'humour (Parfois caustique) cette relation est une bouffée d'air pur, tendre et vivant, mais quand même cousu de fil blanc et légèrement "facile"...A nous d'apprendre a vivre ensemble ....J'ai presque adoré
Non seulement Presque nous démontre à quel point philo et amis peuvent rendre la vie plus belle, mais encore il nous invite aux voyages : époustouflante Lausanne où le Léman nous fait des clins d'œil à chaque coin de rue, si riche région de Montpellier où, au delà du Peyrou, le rouge Salagou ou l'étang de Thau nous transportent. Merci Bernard & Alexandre !
Presque, réalisé par Bernard Campan et Alexandre Jollien, est un feel good movie vraiment touchant qui donne le sourire en sortant de la projection. Bien sur, il y a quelques imperfections, bien sur c'est un peu cousu de fil blanc mais on s'en fout parce que ça sonne vrai, tout a l'air sincère dans ce film. Bernard Campan est d'une justesse folle dans le rôle de cet homme renfermé sur lui même qui s'ouvre à la vie au contact du personnage joué par Alexandre Jollien. Ils sont tous les deux sublimes et leur histoire est touchante. On suit une belle tranche de vie, ces personnages vont faire des rencontres qui vont leur permettre de s'ouvrir l'un à l'autre et qui va les rendre vraiment touchants pour le spectateur. Ce film fait du bien, il rend heureux.
Beau film qui réconcilie avec notre monde. C'est un film qui fait du bien avec pleins de bons sentiments, on en sort heureux. Le duo d'acteurs Bernard Campan, Alexandre Jollien dans ce road trip est excellent, il forme un trés grand tandem. C'est le film du mois de janvier 2022 à voir.
Beaucoup de choses prévisibles, des moments qui manquent de spontanéité ou de finesse, une fin qui semble sortie de nulle part, mais de bons moments avec Alexandre Jollien. Quelques préceptes de philosophie de la vie qui sont optimistes et sans doute utiles. Un bon film qui aurait mérité un peu plus de profondeur.
Je n'ai pas découvert Alexandre Jollien avec ce film. Cela fait plus de 10 ans (ça ne nous rajeunit pas !!) que je suis son évolution philosophique, puisque Philosophe, c'est son métier !. Donc aucune surprise pour moi quant au contenu humaniste de ce film. Cela lui ressemble. Il a la particularité de gommer la frontière que l'on fait habituellement entre le coeur et les sentiments d'un côté et la pensée rationnelle de l'autre. Donc je me posais vraiment des questions quant au passage à l'écran de la vie d'Alexandre (ou de presqu'Alexandre) par lui-même. ce n'est pas évident de jouer son propre rôle, on tombe facilement dans le faux. Ce n'est pas le cas. Le duo Campan / Jollien fonctionne très bien malgré quelques raccourcis scénaristiques qui, finalement, passent, gommés par la force humaine du film. Au delà des aphorismes philosophiques, c'est ce qui est "accessoire" ou complémentaire qui est aussi réussi dans le film : nous assistons de très jolies scènes autour de la mort et du métier de croque-mort, ce qui donne au film une profondeur qui dépasse le duo. Par petites touches parfois plus ou moins adroites, il aborde la problématique du vivre avec un handicap au quotidien : le problème des gestes du quotidien, de l'autonomie, du travail, cette façon que les gens ont de se demander si les handicapés comprennent, sans leur adresser directement la parole. Mais avant tout, le tabou de la vie sexuelle des handicapées avec cette sublime scène de la prostituée. Une comédie modeste et géniale, même si imparfaite.