Les Filles d’Olfa
Note moyenne
4,1
1540 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

126 critiques spectateurs

5
30 critiques
4
59 critiques
3
25 critiques
2
7 critiques
1
3 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Jade
Jade

1 abonné 79 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2026
Un documentaire sur Olfa Hamrouni dont 2 de ses 4 filles ont rejoint l’Etat islamique pendant leur adolescence. Il y a énormément de passages liés à la religion, parfois difficile à comprendre. Mais c’est globalement très instructif sur l’impact de la radicalisation sur la famille.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2025
Qui est le film ?
Après La Belle et la Meute et L’Homme qui a vendu sa peau, Kaouther Ben Hania poursuit son exploration des zones où fiction et réalité s’emmêlent, mais elle franchit cette fois une frontière plus risquée. Nous sommes en Tunisie, pays encore travaillé par les secousses postrévolutionnaires, et Ben Hania s’empare d’un fait divers brûlant : la radicalisation de deux adolescentes parties rejoindre l’État islamique. Le film veut déplacer notre regard de la simple enquête vers les conditions mêmes de sa possibilité. Sa tension principale est claire : comment filmer un traumatisme sans le dévoyer ? Comment faire entendre des voix quand le cinéma, par nature, impose une forme ?

Par quels moyens ?
Ici, Ben Hania invente un dispositif qui oblige chacun à regarder le réel autrement. Les scènes rejouées, les intervenantes en face de leurs propres pastilles de mémoire, les allers-retours entre archives et fiction composent un laboratoire de cinéma. Ce dispositif est la manière même dont le film construit son savoir. En exposant la fabrication de l’image, Ben Hania nous rappelle que comprendre ne passe pas seulement par « enregistrer », mais par éprouver, comparer, confronter.

Le film navigue entre les traces indexicales (vidéos amateures, photos, enregistrements) et la puissance émotionnelle de la fiction. Les archives disent « cela a eu lieu ». La fiction dit « voilà ce que cela a fait ». Cet entremêlement produit un espace ambigu, fertile, où le spectateur doit sans cesse ajuster sa position. Le film rend ce flottement perceptible, parfois inconfortable, mais c’est là que naît sa force : il refuse que la vérité soit un bloc, il la donne comme un tissu à facettes.

Rejouer une scène vécue suppose des conditions éthiques : consentement informé des témoins, usure éventuelle de la mémoire, risques de retraumatisation. Ben Hania place ces problématiques au centre de son œuvre : la caméra ne vient pas « prendre » la douleur, elle négocie sa présence. Mais surgit la tension inévitable, qui tient le pouvoir narratif ? Les personnes qui ont vécu les événements, ou la réalisatrice et ses acteurs ? Le film met en lumière ce déséquilibre entre celui qui a l’autorité de filmer et celui dont l’expérience est filmée. Montrer ces négociations à l’écran (les hésitations, les rires nerveux, les moments d’incompréhension) est précisément le geste du film : rendre visible la fabrication du récit.

Visuellement, Ben Hania construit un cinéma de l’exactitude. Ses plans fixes, ses espaces dépouillés, ses cadres presque trop clairs, révèlent la dimension construite du film et instaurent à regarder sans confort. Le montage joue lui aussi un rôle actif : les ruptures, les ellipses, les retours sur l’archive rappellent au spectateur que chaque image est une décision. En montrant ses archives et le cadre judiciaire, les lenteurs, les impasses, Ben Hania situe le drame dans un horizon politique.

Où me situer ?
Face à ce film, on oscille entre admiration et vigilance ; ce qui n’est pas une contradiction, mais la condition même de son expérience. J’admire cette manière d’ouvrir son propre atelier au regard du spectateur. J’apprécie son souci constant de ne jamais confisquer la parole. Et en même temps, je perçois les zones d’ombre : certains gestes de reconstitution flirtent avec la dramatisation, certains silences semblent trop chargés, certaines images risquent la sur-interprétation. Mais ces limites ne sont pas des fautes : ce sont les tensions constitutives d’un film qui prend des risques, qui accepte de ne pas être pur, ni sûr, ni confortable.

Quelle lecture en tirer ?
Les Filles d’Olfa invite à penser non pas les faits, mais la manière dont les faits s’inscrivent dans des corps, des récits, des institutions. C’est un cinéma qui ne cherche pas à clore, mais à ouvrir. Certaines scènes éclairent mieux que tout un dossier juridique. De cette traversée, on retient peut-être une idée : toute image est une construction, mais certaines constructions valent par la manière dont elles éclairent une complexité plutôt que de la simplifier. Le film nous confronte au paradoxe suivant : pour donner voix au réel, il faut parfois le mettre en scène mais en le mettant en scène, on le transforme.
Babou
Babou

9 abonnés 121 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 octobre 2025
Je ne nie pas la qualité de ce film mais je ne suis pas parvenue à rentrer dedans. Le parti pris narratif est original mais je me suis perdue entre les "vraies" protagonistes et les actrices. Du coup, le charme n'a pas opéré
Christine SALAVERT GRIZET
Christine SALAVERT GRIZET

3 abonnés 97 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 octobre 2025
Film très étonnant mi docufiction, très original par sa forme, les actrices se mélangent aux témoins
Dans un climat de violence familiale et de rires entre femmes, les hommes ne font que passer, ils n’ont jamais le beau rôle
Ce témoignage poignant sur cette mère tunisienne et ses 4 filles nous fait traverser l’histoire récente de la Tunisie , jusqu’à Daesh
Instructif et triste
Jenaie
Jenaie

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 octobre 2025
Ce film résonnera longtemps.
C’est un chef-d’œuvre qui soigne sans panser qui montre sans juger. Si délicat malgré le fouet.
Un instrument à guérison, un art de survie, un art du pardon, si tant est que pardonner, ce soit d’abord regarder.
C’est l’histoire d’Olfa et de ses quatre filles, dont deux ont rejoint Daesh.
Mais c’est avant tout une histoire de peur.
Une peur qui traverse les générations, qui se transforme en loi, en voile, en silence.
Une peur qui se confond avec l’amour et qui frappe pour tenter contenir.
« Une chatte, quand elle a peur pour ses petits, peut les manger. Moi, je ne les ai pas mangés, mais je ne les ai pas protégés non plus. »
Dans ce silence, le cri de toutes les mères qui ont cru bien faire, confondu obéissance et soin, éducation et dressage.
La mère, dépassée et fragile, a finalement laissé entrer la peur dans sa maison. Un beau-père qui la nuit la mère la journée les filles.
« J’aurais tout fait pour lui. » dit encore Olfa.
L’amour devient aliénation, la peur fidélité.
Et ces peurs, les filles les transforment en religion, en révolte, en fuite vers la mort. Pour être libre le seul choix que de sauter en enfer.
« Tout ce que ma mère a fait, je le reproduis. »
La maltraitance pousse à la souffrance, la souffrance à la domination, la domination au fanatisme.
Et le film tente de briser cette chaîne, par la parole, par la reconstitution, par le jeu, par l’art.
Ce n’est pas juste un film sur la Tunisie, ni sur Daesh, ni sur les femmes.
C’est un film sur la transmission du mal quand la protection échoue.
Sur la maternité qui étouffe, sur la foi qui se confond avec la peur, sur la maltraitance pour croire enrayer.
Et sur la possibilité, fragile mais réelle, de recommencer autrement.
Jusqu’à ce qu’arrive une génération qui brise la chaîne.
La maltraitance entraîne vers la soumission à autre chose, la violence à soi, la destruction.
Et le pire, c’est la négation :
quand personne ne croit, quand plus rien n’existe, ni code, ni parole, ni refuge.
C’est peut-être là, dans ce vide, que l’art, le film, l’écriture deviennent nécessaires.
Pour entendre voir et survivre.
Pommesuperpomme
Pommesuperpomme

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mai 2025
Passionnant, boulversant, tortueux
Kaouther Ben Hania , relate la radicalisation de deux soeurs tunisiennes
Un film puissant et troublant
1Cinéfil2+
1Cinéfil2+

28 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 mai 2025
Un mélange émouvant et troublant.
Ce film/documentaire poignant m’a profondément touché.
Il entrelace le documentaire et la fiction avec une originalité rare, créant une forte intensité émotionnelle.
J’ai particulièrement apprécié la démarche psychologique de la réalisatrice, qui remonte aux racines des traumatismes familiaux avec une grande sensibilité et subtilité.
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mars 2025
Film très fort. La famille d'Olfa qui accepte de se mettre en scène (on comprend dans le film qu'elle a initialement été mise en scène par les médias) nous apprend énormément, sur le rapport qu'une femme tunisienne peut avoir à la séduction, sur les pudeurs inhibantes, sur la pression intégriste etc..
Le procédé cinématographique, qui confronte notamment Olfa avec une actrice qui joue de façon discontinue son propre rôle, est très riche. Il permet, de façon souvent drôle, de creuser l'analyse des situations, des nœuds relationnels. On pense parfois à une jolie thérapie familiale...

Vu à Visions d'Afrique 2023
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 février 2025
Entre documentaire et fiction, ce film dense met en place un dispositif complexe, à la fois libérateur de parole et de souvenirs pour les femmes présentées à l’écran – une mère tunisienne et ses deux filles, les deux autres ayant rejoint la Libye voisine pour y rejoindre les rangs de Daesh – et un brin étouffant pour un spectateur parfois perdu dans la masse d’informations. Il n’empêche que ce film nécessaire raconte la condition des femmes dans une Tunisie patriarcale – c’est le grand sujet de la cinéaste Kaouther Ben Hania, réalisatrice du bouleversant La belle et la meute (2017) – et la façon dont les femmes elles-mêmes reproduisent ce modèle. César du meilleur film documentaire en 2024.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 21 août 2024
J'ai détesté.
Le sujet principal de la radicalisation des deux filles n'est traité que superficiellement.
Le scénario est décousu, on ne comprend rien.
Les scènes s'enchaînent sans aucun lien, mis à part la vulgarité et la médiocrité de l'environnement dans lequel les personnages évoluent.
Triste de l'image que ce film renvoie de la Tunisie et de son peuple qui ne ressemble en rien à cette "famille".
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2024
Si j'ai eu un peu de mal au début du film avec le procédé utilisé : documentaire ou fiction ? Témoignages de la famille entrecoupés de scènes de reconstitution, j'ai fini par me laisser glisser dans ce film qui m'a parlé de la Tunisie au début du 21e siècle.
Une mère qui éduque ses filles comme elle a été éduquée avec le déni de son corps de femme.
Des filles qui se cherchent à l'adolescence avec une période gothique pour finalement tomber dans l'extrême inverse.
J'ai trouvé touchante ces deux dernières qui ont été sauvé par leur placement qui leur a ouvert les yeux sur le Droit et leur a permis de réfléchir : on sent plus de réflexion chez les filles que chez la mère qui a fait comme elle a pu.
Un film émouvant au-delà du procédé.
isa
isa

3 abonnés 79 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mai 2024
Je ne connaissais pas le fond de l'histoire avant de visionner ce film/documentaire.
La surprise n'en a été que plus grande !
C'est vraiment passionnant de bout en bout, bien amené, bien joué

De cette réalisatrice j'avais vu la Bête et la belle.

Talent confirmé film à voir absolument. En vostfr !
Sur le DVD il y a une interview de la réalisatrice c'est très intéressant aussi.
Jovacheron fait son ciné
Jovacheron fait son ciné

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 avril 2024
Le film de Kaouther Ben Hania présente deux soeurs et une mère, héroïnes et tragédiennes d'une histoire poignante ayant ému la Tunisie. En miroir on voit deux actrices jouer les rôles de deux des filles d'Olfa, disparues un jour, "prises par le loup". La ligne frontière entre la réalité et la fiction n' est pas effacée, mais celle entre la réalité et sa reconstitution joue avec nous. Que dire de la mère? Interprétée tantôt par la vraie personne et tantôt par son interprète. Le Vertige nous prend. La mise en abime est infinie. Cette confusion peut perturber le spectateur, qui par moments ne sait plus s'il assiste à des témoignages dits authentiques ou à des reconstitutions de certaines scènes. Pourtant, c'est précisément cette magnifique complexité du dispositif qui suscite à la fois l'émotion (très puissante) OUI NON OUI NON OUI "Les filles d'Olfa" a une grande part de manipulation et d'impudeur: et alors.? La réalisatrice assume et met en scène tout cela dans la clarté! Un film magnifique
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 avril 2024
vu à la télé ! entre film et documentaire comme annoncé. je ne sais pas qu'en penser.
Min S
Min S

68 abonnés 473 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 avril 2024
Excellent documentaire, nous pouvons comprendre les étapes de l’embrigadement, les histoire de vie nous forgent et nous guident dans nos désirions, par tapis il suffit d’une rencontre
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse