Stephan Streker souhaite certifier sa dernière œuvre au label drame psychologique, mais qu’en est-il lorsque la tension s’effrite et que les enjeux manquent à exister ? Le fait divers dont il s’inspire aura bien secoué la Belgique, notamment du côté de l’opinion publique et c’est bien entendu à travers ce regard que le récit capte notre attention, du moins un certain moment, avant de lâcher prise sur son martyr. Il est à la fois un symbole politique et un symbole humain en disgrâce, mais c’est là qu’intervient cette fameuse chasse aux réponses. Nous n’y aurons pas droit, pas dans le formalisme que l’on aurait traité en sursis ou au détour d’une enquête. C’est un jeu de pouvoir et surtout de possession qui préoccupe cette adaptation, où les mots n’auront ni la force de convaincre, ni d’émouvoir.
À l’échelle humaine, nous découvrons un corps gisant là et une caméra de surveillance viendra installer ce point de vue objectif et pourtant très fictif. Immunité diplomatique pour l’époux ou bien la guillotine ? On se placera entre les deux, en évoquant forcément ces frontières. Et malheureusement, il n’y aura pas assez de politique, afin d’accentuer cette descente aux enfers. Lorsque la vérité n’est plus le principal enjeu de l’intrigue, le réalisateur nous plonge dans la psyché de Louis Durieux. Jérémie Renier lui donne ainsi du crédit, de l’expression et de l’engagement dans cette partition tourmentée et réussie. Rongée par la culpabilité, on y raconte un combat contre soi, une lutte contre son ennemi intérieur. C’est celui du titre, c’est celui dont il faut à la fois dompter et respecter. Cependant, Durieux n’est conscient de rien, n’est au courant de rien. Il n’y aurait que Maëva (Alma Jodorowsky) qui tiendrait le mot final, dans une relation amoureuse passionnelle, mais fatalement étouffante pour cette dernière.
D’autre part, la scission émotionnelle de Louis passe également par son incompréhension du flamand. Pour l’homme qui souhaitait s’asseoir en haut de la colline qu’il aura bâtie, c’est une ironie, car on ne s’investira pas dans cette voie, celui de caractériser le protagoniste par ses motivations politiques, son parti ou ses actions publiques. La culpabilité d’avoir trop aimé ou de trop avoir couvé son amour tombe dans la compréhension, au lieu de la suggestion. L’exercice semblait aller dans ce sens et, finalement, dresse un tabloïd de personnages secondaires beaucoup trop unidimensionnel pour se laisser douter. Si nous n’avons pas de verdict à donner en fin de projection, c’est avant tout à cause de la confusion qui s’est enraciné. Entre un fils fidèle à la parole de son paternel, un colocataire de fortune avec qui tout colle bien et une avocate sans nuance, tout le monde semble déjà s’être positionné. Il ne reste que le Durieux, dans sa cage de folie, qui ne se rappelle plus ou qui souhaite simplement enterrer sa dérive.
Streker en vient à serrer l’étau sur « L’Ennemi » qui le préoccupe, celui d’une nation belge, qui a pris conscience du miroir qui se tenait en face d’eaux, suite au drame. Le film ne mène pas le front dans les coulisses de la politique, car la parole est une force qui n’appartient finalement plus aux accusés. Un léger clin d’œil aux réseaux sociaux ou le martellement par procès médiatique démontre que chacun tranche, d’un avis définitif, d’un avis condamnable. Malheureusement, tout cela s’efface avec la marée, ne laissant que des imperfections en surface. Et quand bien même l’histoire puisse toucher notre sensibilité, ou même nous hanter, il manquera toujours cette étincelle pour alimenter la machinerie psychologique, que l’on désire tant s’approprier.
Vu en avant-première dans le cadre du Festival du Film Policier « Reims Polar », L’Ennemi est un bel exemple, pêle-mêle, des redoutables erreurs de traduction dans les procédures judiciaires d’un pays qui a deux langues – la Belgique –, de la vie en prison, des dangers de l’alcool, de l’amour vache, et même osons le mot du féminicide, et de la face sombre de certaines personnalités. Mais même si l’interprétation est parfaite, le sujet a du mal à tenir la distance de ses 104 minutes. A noter la très belle affiche du film.
Meurtre ou pas? Voila la question qui se pose dans ce film où Jérémie Renier incarne un homme politique influent qui va lors d'un week-end en bord de mer tuer, ou pas, sa compagne. Sans en dire trop, le film est assez frustrant à voir. La partie carcérale est sans aucun doute le point fort avec la dure réalité de la vie à l'intérieur mais aussi la naissance d'une belle amitié. Sinon, l'ensemble n'est guère convaincant et malgré le fait que le film soit librement inspiré d'une histoire vraie, j'ai trouvé que ce long-métrage manquait de tension et laissait le spectateur sur sa faim. Décevant.
J'ai été un peu déçue du film... J'attendais ce film de Stephan Streker avec impatience, ce réalisateur belge avait deja fait de bonnes choses. Jérémie Renier est bon dans le film mais transperce pas l'écran, je trouve qu'il manque quelque chose au film... Je ne sais pas dire quoi je suis pas professionnel cependant il m'a manqué quelques chose. 2,5/5 pour ma part
L'Ennemi est sûrement le film OVNI de cette édition du festival du film francophone d'Angoulême. les acteurs sont très bons, le montage également et on sens que le réalisateur a bien retransmis les émotions. Malheureusement le film est bien trop prise de tête.
Un célèbre homme politique (Jérémie Renier) est accusé d’avoir tué son épouse (Alma Jodorowski) retrouvée morte, une nuit, dans leur chambre d’hôtel. Est-il coupable ou innocent ? Personne ne le sait. Et peut-être lui non plus.
Un film intense sur la justice et tout ce qui gravite autour d'elle, à commencer par la vindicte populaire, le milieu carcéral et l'intime conviction. Ce film dénonce plusieurs aspects de cette justice des hommes, tantôt rude, tantôt clémente, sans qu'il soit toujours aisé d'expliquer pourquoi. Il démontre également comment la vie et la carrière d'un homme peuvent être brisées, sur de simples suspicions et des ragots de journalistes. Le film est très bien interprété par un Jérémie Renier, qui démontre, une fois de plus, qu'il est l'un des acteurs les plus doué de sa génération, et par une distribution de seconds rôles, tous formidables, à commencer par Félix Maritaud, en codétenu plus vrai que nature et Zacharie Chasseriaud, dans le rôle du fils qui sermonne son père. Quelques imperfections : le film est un peu lent à se mettre en place et, paradoxalement, bâclé dans sa fin. Du coup, est-il coupable ou innocent ? Et qui est l'ennemi de qui ?...
Film qu'on aimerait pouvoir aimer: le plot initial est intéressant, l'image est belle, les acteurs sont très justes mais on sent une errance dans l'écriture qui contamine tout le reste. Le film n'est pas mauvais pour autant mais il en ressort une sensation d'ennui et d'envie de passer à autre chose. C'est dommage.
Je rejoins tout à fait l'approche d'Alice 025. Je complèterai en ajoutant qu'on verse dans un thriller psychologique dans lequel le "héros" principal finit par se perdre, -un peu comme nous- . Le réalisateur "décortique" des personnalités fragiles de façon chirurgicale mais pour aboutir à quoi ?...L'ensemble se décline sur un rythme très lent, de quoi décrocher l'attention des plus motivés par la question majeure : a-t-il tué sa compagne ...
Chiant .... mais on aurait dû s'en douter venant de Stephane Streker! Lent, chaotique. Les flash-back tombent de nulle-part et n'amènent rien. Ils donnent l'impression d'un film mal monté.
Inspiré librement de l'affaire Wesphael que toute la Belgique a suivi, parfois avec passion, puisqu'il s'agissait de la mort "suspecte" de la femme d'un député à l'avenir prometteur. Chaque belge avait son avis sur la culpabilité ou pas de Wesphael. L'histoire ici est la copie presque conforme des faits : la femme de Louis Durieu, interprété magistralement par Jérémie Renier, est retrouvée morte dans la chambre d'un palace de la mer du nord, le corps couvert d'hématomes et un sac en plastique sur la tête, après une énième dispute et une soirée très arrosée. Meurtre ou suicide ? Durieu ne se souviens pas ... On assiste ici à l'incarcération de Durieu avec une description assez juste de l'univers carcéral belge. Je salue au passage la performance de Felix Maritaud, son co-détenu, excellent également ainsi que celle de Sam Louwyc, qui tient un petit rôle mais qui m'a particulièrement impressionnée ! Le film traite davantage des interrogations de Durieu sur sa vie, sa femme, cette relation amoureuse compliquée que sur l'affaire elle-même, avec beaucoup de flash back et quelques longueurs. Film intéressant mais peut-être pas assez "travaillé" en profondeur et de qualité inégale.