Comme le film d’horreur en found-footage, la science-fiction “Young adult” s’est évaporée au moment où la surabondance de propositions similaires est devenue intolérable. Du coup, quand un timide nouveau représentant du genre pointe le bout de son nez, on a envie d’être gentil, quand bien même c’est très mauvais. Pour ne pas changer, la dystopie table sur un “Meilleur des mondes” où, sous couvert de lutter contre les discriminations, tout le monde passe sur le billard à seize ans pour devenir un “Pretty”, une version améliorée de lui-même pour qui la vie est une fête perpétuelle. En attendant, les “Uglies” végètent dans leurs HLM et avalent la propagande leur présentant leur société comme juste et idéale.. Même si le mode de vie dont tout le monde rêve rend à la fois kitsch et ’insupportable - c'était sans doute l’objectif, du moins je l’espère - et si les “Pretties” ont des gueules de Bogdanov quasi impossibles à différencier les uns des autres, j’admets qu’il y avait un sujet intéressant à traiter pour le public-cible. Malheureusement, sans même qu’on trouve ça très surprenant, tout est lissé, effleuré et abonde en banalités lénifiantes. Le réalisateur préfère filmer les scènes d’action (faiblardes) et les grandes émotions (convenues)...car tout se passe comme dans n’importe quelle franchise “Young adult” : foi aveugle, amitié subversive, triangle amoureux, désilage des yeux, révolte. Comme je l’ai dit, ça fait longtemps que je n’en ai plus regardé…et le coeur de cible, ce sont les 12-16 ans. Ce n’est pas pour moi, c’est une évidence…mais ça ne m’empêche pas de constater que c’est vraiment pas terrible.