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Oeuf4419
87 critiques
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4,0
Publiée le 23 février 2026
C'est trash, très drôle, émouvant, ca donne à réfléchir, c'est jubilatoire parfois... La natation parait un peu décousue, mais le puzzle se construit pour une belle réussite.
Oranges sanguines se présente comme une comédie volontairement excessive et fragmentée, qui utilise l’outrance comme un outil d’observation plutôt que comme une simple provocation.
Avant d’aborder le film, il faut comprendre que cette fragmentation relève d’un choix formel assumé. La narration éclatée, les situations dissonantes et les personnages caricaturaux refusent toute fluidité ou confort de lecture. Oranges sanguines fonctionne par collisions successives, comme si le réel contemporain ne pouvait plus être saisi autrement que dans l’excès et la discontinuité. Cette approche peut désorienter, mais elle possède une cohérence interne claire, à condition de ne pas attendre du film un récit fédérateur ou une comédie sociale classique.
Ce parti pris s’inscrit pleinement dans le parcours de Jean-Christophe Meurisse, issu du théâtre et fondateur des Chiens de Navarre. Son cinéma prolonge une esthétique du débordement, où la vulgarité, la violence verbale et la cruauté constituent un langage à part entière. Il ne s’agit pas tant de choquer que de court-circuiter les mécanismes habituels de la satire, en exposant sans filtre des rapports sociaux et moraux souvent masqués par des discours policés. La mise en scène privilégie ainsi l’impact et le malaise, parfois au détriment d’une implication émotionnelle durable.
Sur le fond, Oranges sanguines développe une critique féroce des rapports de domination. Qu’ils soient économiques, sexuels, politiques ou générationnels, ces rapports traversent le film et structurent les situations montrées. Les corps deviennent des surfaces d’exploitation, la vieillesse et la précarité des zones d’humiliation, et la morale un simple outil de justification. Le film s’attaque moins aux idéologies qu’à leur usage opportuniste, révélant une société où les valeurs servent avant tout à se donner bonne conscience.
Le film interroge également la place du rire dans ce dispositif. L’humour y est constamment piégé, surgissant avant de se retourner contre celui qui rit. Il n’est jamais libérateur, mais révélateur, soulignant ce que l’on accepte collectivement de banaliser. Oranges sanguines affirme ainsi que la société contemporaine repose sur un empilement de violences normalisées, couvertes par le langage, l’humour et la morale affichée, et refuse toute illusion réconciliatrice en forçant à regarder ce que l’on préférerait ignorer.
De mon côté, j’ai apprécié Oranges sanguines, malgré une expérience parfois éprouvante. La radicalité de son geste et sa liberté de ton lui confèrent une force réelle. La satire est frontale, parfois violente, mais suffisamment cohérente pour installer un malaise fécond, qui pousse à interroger sa propre position face à ce qui est montré.
Reste que cette logique abrasive révèle certaines limites. La réduction des personnages à des fonctions satiriques installe une distance durable, empêchant tout véritable attachement. Les ruptures de ton, parfois abruptes, peuvent freiner l’émotion et donner l’impression que le film privilégie l’impact de ses intentions au détriment de leur pleine maîtrise.
Oranges sanguines demeure ainsi un film stimulant et dérangeant, plus fort dans ce qu’il expose que totalement maîtrisé dans ses effets, mais suffisamment singulier et cohérent pour laisser une trace durable, autant par ce qu’il montre que par le malaise qu’il impose.
Humour noir bien crade, complètement déjanté, et puis d’un coup ça devient franchement malaisant. Un film au vitriol, sans filtre, du genre qui clive sévère. Et, des acteurs hors normes.
une petite comedie qui nous rassure sur le potenciel de certains et qui nous navre quand on s appercoit des rayons dvd de nos enseignes preferees ( ou pas )
En effet une comedie acide caustique et extrement derangeante sur pleins de sujets ... qu est ce que ca fait comme bien de pouvoir profiter d une comedie de la sorte ........
a ne pas mettre devant tous les yeux mais ceux qui ont adorer monsieur Poelvoorde dans ses debuts vont se regaler
Qu’est-ce je viens de voir ?? Un film satirique qui oscille entre comédie,burlesque,thriller et drame porté par des acteurs qui jouent tous parfaitement leur rôle grâce à des dialogues bien souvent brillant. Ça tacle les travers de la société française, À gauche mais surtout à droite (pas désagréable), on joue avec notre morale jusqu’au très politiquement incorrect et franchement, ça fait du bien de voir ça. La dernière demi-heure vient même flirter avec du Haneke tant la trajectoire des personnages est aussi dur et cru que sublime. Tout n’est pas parfait mais la proposition est tellement dingue et original qu’il vaut absolument le détour. Après avoir déjà vu son film plus récent « Les pistolets en plastique », Meurisse entre définitivement dans la liste de mes cinéastes à suivre.
Une comédie mordante s’articulant autour d’une série de séquences à sketchs autour de personnages venant d’horizons radicalement différents. Le ton féroce est volontairement excessif pour mieux dépeindre les travers de notre société actuel. C’est à la fois cruel, sanglant et incisif mais on regrettera une réalisation pas toujours à l’avenant des scènes outrageuses présentées à l’écran ainsi qu’une distribution trop inégale.
A découvrir sans lire le détail du déroulé du film! L'intérêt réside dans la bascule d'une comédie un peu 4e âge vers une comédie trash. Très surprenant et pour certains ce sera jouissif et pour d'autres rebutant. Lilith Grasmug est est une belle découverte. Bien sûr je préfère aussi Barbaque, mais ce film ne laisse pas indifférent.
Au même moment en France, un couple de retraités surendettés tente de remporter un concours de rock, un ministre est soupçonné de fraude fiscale, une jeune adolescente rencontre un détraqué sexuel. Une longue nuit va commencer.
L'humour noir à son paroxysme, comme je l'affectionne tant. Tout au long de ce film je me suis régalée comme rarement. L'humour et le drame sont subtilement mêlés, et même quand il y a du drame l'humour est encore là, mais de par sa noirceur extrême, l'intensité dramatique et émotionnelle n'en pâtissent absolument pas.
Oranges Sanguines est une expérience émotionnelle très forte. Même les scènes les plus absurdes, qui font plus sourire que rire, car derrière se cache toujours une dénonciation d'une faille quelconque, le plus souvent de notre système, n'ont rien de ridicule. Rien n'est gratuit dans ce film, simplement tout est poussé à l'extrême.
Je le regarde pour la seconde fois et bien que je connaisse à présent l'histoire, le suspense n'est plus là mais le plaisir est resté intact. Je le place sans aucune hésitation dans mon top 5 des OVNI humoristiques.
Difficile de décrire ce film qui dans le titre fait pense a orange mécanique mais on en est très loin. Des histoires assez violentes , suicide , émasculation , viol avec quelques traits d'humour (sic). La question est pourquoi en tel film et qu'a voulu faire ou dire le réalisateur ?
Difficile d'appeler ce foutoir un film ! les acteurs se coupent la parole sans cesse, on pourrait objecter que c'est voulu pour faire genre par la réalisateur mais ça donne l'impression d'un bordel permanent. Ajoutez à cela un Podalydès égal à lui-même, donc mauvais et on oubliera cette pantalonnade nauséabonde !
Mis Tarantino mi fait divers, on s’ennuie pendant 1hr et puis on bascule dans le glauque. Deuxième fois que je vois ce film, mais je sais toujours pas quoi en penser. À voir, au moins une fois.
Oranges sanguines s’aveugle à la lumière de sa satire, jeu de massacres qui réfléchit certes les inégalités et les injustices à l’œuvre dans notre société mais qui, surtout, se complaît dans leur représentation. Haut perché, juché depuis la même hauteur que la caméra captant en plan zénithal le détachement des mains du couple qui n’est plus sur le lit d’un hôtel, le réalisateur explore la misère humaine avec une indifférence crasse, se délecte de la chute, vénère la catabase comme s’il s’agissait d’un juste châtiment appliqué à des coupables – corruption, bêtise, sévices etc. La principale limite du long métrage réside en effet dans la punition qu’il inflige à ses personnages, dépourvus d’existence véritable, réduits à un âge, à une fonction politique, à un statut hiérarchique. La caricature tourne à vide en ce qu’elle néglige l’humain, se repaît du sensible pour faire triompher une misanthropie nauséabonde, proche en cela du récent film Heureux Gagnants (Maxime Govare et Romain Choay, 2024), partageant avec lui l’idée selon laquelle « il n’y a pas de justice ». Quelques bons sketchs, notamment la délibération d’un jury en ouverture, et des comédiens talentueux réhaussent un intérêt sinon nul.
On m'en avait dit beaucoup de bien de ce film. L'aspect totalement décaléet subversif. Donc j'étais préparé et je ne suis pas hermétique à ce genre parfois incisif et souvent polémique. Mais là, franchement, je me suis ennuyé. En dehors de la scène de spoiler: la séquestration du violeur j'ai trouvé le reste mièvre et sans vrai lien. Très bof.
Si je m'y attendais ! Un des meilleurs films de ces dernières années, vraiment une claque à tous les niveaux, c'est jouissif, gore, tragique, drôle, déroutant, audacieux, j'ai adoré. Super casting qui joue le jeu dans cette oeuvre décalée et inclassable !