Le linceul est un voile funéraire qui enveloppe le cadavre pour le dissimuler aux yeux de tous. Mais, dans le film, les linceuls sont digitaux et permettent au contraire de voir les corps se décomposer dans leurs tombes. David Cronenberg confie : "En anglais, le mot shroud (The Shrouds est le titre original du film) signifie certes « linceul » mais aussi de façon plus générale « voile », ce qui dissimule, masque, englobe."
"Dans la plupart des rites funéraires, ce qui compte, c’est de nier la réalité de la mort, donc en effet de cacher les corps. Je dirais donc que je suis allé à l’opposé de cela ; mes linceuls digitaux révèlent au lieu de dissimuler."
David Cronenberg a écrit Les Linceuls en réaction à la perte de sa femme, survenue en 2017. Initialement pensé comme une exploration technique du rapport entre les vivants et les morts, le projet est devenu un voyage émotionnel et introspectif sur le deuil et la mémoire.
Les Linceuls marque la troisième collaboration entre David Cronenberg et Vincent Cassel, après Les Promesses de l'ombre (2007) et A Dangerous Method (2011).
Initialement, le rôle féminin principal devait être interprété par Léa Seydoux. Cependant, en mars 2023, Diane Kruger a été annoncée pour reprendre ce rôle.
Les Linceuls a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2024. David Cronenberg est un grand habitué de la croisette, puisque plusieurs de ses films y ont été présentés, comme Crash (1996, Prix Spécial du Jury), Spider (2002), A History of Violence (2005), Cosmopolis (2012), Maps to the Stars (2014) et Les Crimes du futur (2022).
La maison de couture Saint Laurent, sous la direction d'Anthony Vaccarello, a co-produit le film via sa nouvelle branche dédiée à la production cinématographique.
Contrairement à de nombreux films de science-fiction qui diabolisent la technologie, David Cronenberg adopte une vision nuancée dans Les Linceuls : il voit la technologie comme une extension de l’humain. Il avoue même être un "être bionique" grâce à ses implants auditifs et ses lentilles chirurgicales : "Dès mon deuxième film, Rabid, j’inventais une technologie qui, aujourd’hui, est devenue effective, celle des cellules-souches."
"La technologie n’est pas une chose venue d’un autre monde et qui va nous détruire, c’est une partie de nous. Ce n’est qu’un miroir de nous-mêmes. Nous sommes anges ou démons, et la technologie, de même, peut donner naissance au beau ou au hideux. Pour moi, examiner la condition humaine a toujours signifié examiner la technologie."