Après Tati, Sylvain Chomet nous raconte Pagnol. Un biopic animé avec du caractère et un certain rythme, mais au sein duquel Chomet a parfois du mal à imposer un vrai point de vue, déroulant son récit sans forcément toujours aller au fond des choses. Malgré son esthétique radieuse et rétro, cela reste par moments un peu trop académique (surtout dans sa seconde partie) pour m'embarquer pleinement dans cette œuvre-hommage (et pas vraiment plus). 6,5/10.
Il n'y avait plus de place pour le film que je souhaitais regarder alors on m'a dirigé vers une scéance voisine incomplète. C'est là que j'ai découvert la vie de Marcel Pagnol, l'auteur de mes films d'enfance. Un grand merci pour ce film mêlant l'animation française que je chérie tant, de bonnes musiques et notre bonne accent du sud. Ce combo magique m'a volé une larme bien mérité me raccompagnant un peu en été et me réchauffant le coeur. Merci, merci et merci pour cette merveilleuse surprise. La providence fait parfois bien les choses.
Les triplettes de Belleville encore en tête, nous retrouvons avec un plaisir non dissimulé, Sylvain Chomet en tant que réalisateur, pour une nouvelle pépite du cinéma d'animation français. Axé sur ce grand monsieur qu'est Marcel Pagnol et sur sa vie, le film nous régale du début à la fin. À la fois touchant, tendre, drôle, poétique et émouvant, il rend hommage à Pagnol de la plus belle des manières. Notamment en brillant par son écriture et avec une mise en scène magique, pleine d'originalité et débordante d'imagination. L'animation fleure bon le fait main et les dessins aux traits exagérés caractéristiques de son style nous permettent de reconnaître tout de suite les personnalités et acteurs français bien connus. Le doublage quant à lui, est très réussi et donne littéralement vie aux personnages, avec une note spéciale pour l'accent marseillais, truculent et aussi hilarant sur certains passages. L'ambiance sonore n'est pas en reste, avec l'aire urbaine de Paris ou les cigales du sud, qui nous immergent immédiatement dans son univers et dans les époques évoquées. Les musiques à la fois discrètes et dans le ton accompagnent si bien les différentes scènes et situations. Quand Marcel rencontre Pagnol aurait pu être un autre nom du film, son côté "enfant" l'accompagnant tout au long de sa vie d'adulte et l'aidant à réaliser ses plus grandes œuvres. Un vrai personnage à part entière plein de malice qui représente une part de lui et en même temps bout de son destin personnifié. La mise en scène poétique et originale, que l'on aurait pu craindre brouillonne au début, confère en fait une véritable âme au film. Et on passe si facilement des rires aux larmes, des moments joyeux à ceux plus tristes et dramatiques, pour vivre à fond avec lui les montagnes russes qui ont parcouru son existence. On ressent ainsi très bien les émotions qui ont pu le parcourir à ces moments-là. On aurait aimé peut-être que certaines périodes soient un peu plus développées sur les événements qui l'ont constitué, traitées avec plus de détails et moins rapidement, mais le film dure 1h30 et le format est parfait en définitive. En même temps, il y a tant à dire sur ce grand Monsieur et il faut avouer qu'on n'aurait pas dit non à du temps en plus devant ce petit bijou ! Une histoire, un homme, une vie, du génie, un art, de la vie, des histoires, des drames, des combats, des amours, des amis et plein de poésie. Un film complet et rempli de tant de choses différentes qui déclenchent un petit paquet d'émotions. Une belle réussite et un hommage poignant. En revanche, seule petite fausse note à la toute fin, sur la chanson du générique interprétée par SCH, qui est à mon goût hors sujet et qui sort totalement du style du film. Mais ces petits détails ne l'empêcheront pas de devenir un chef-d'œuvre de l'animation française !
Est-ce que le graphisme fantaisiste du film d’animation « Les Triplettes de Belleville » d’un réalisateur chéri de la critique allait convenir pour évoquer l’auteur qui chaque fois me « fend le cœur » ? Au-delà de la biographie habilement traitée, cette part d’enfance ensoleillée est la nôtre. Un siècle après, l’originaire des Terres Froides est pris à la gorge : « Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. » Nous révisons l’histoire du cinéma, la fidélité et les infidélités, les échecs et les succès, Paris / Marseille, le pouvoir de l’écriture avec des anecdotes et des moments de poésie, des sourires et de l’émotion. Etre père, être fils. « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. »
Superbe film d'animation que j'ai pris plaisir à voir, qui retrace bien la vie de Marcel Pagnol avec ses souvenirs d'enfance, ses amours et sa Provence. Je dirais pour ma part qu'il est même trop court je recommande à tout le monde d'aller le voir...
Un très joli film, pédagogique, poétique, inventif, assez drôle par moment, très émouvant à d'autres. J'ai particulièrement apprécié la présence du petit Marcel qui apporte beaucoup de fraicheur à ce film et l'insertion d'extraits de films. Le dessin est très beau
Ai vu « Marcel et Monsieur Pagnol » film animé de Sylvain Chomet qui retrace la vie de jeune adulte à sa mort de l’auteur, cinéaste et auteur de l’Académie Française. Le projet est rempli de bonnes intentions mais qui ne sont jamais vraiment bonifiées sur l’écran. Faire connaitre aux jeunes générations le talent et l’originalité de Pagnol est une excellente chose mais le résultat est plus proche d’une fiche Wikipedia animée que d’un véritable hommage personnel qui fera date. En 1h30 tout est abordé donc très survolé et vite oublié. Les galères à Paris, les bides, les triomphes au théâtre puis le passage au cinéma, les amours, la guerre, puis les échecs à nouveaux avant d’aborder une nouvelle carrière d’écrivain de romans bio-graphiques. Les dessins très caractéristiques de Sylvain Chomet avec leurs petits airs passéistes entre Art-Nouveau et « Les 101 Dalmatiens » de Disney pourraient paraitre idéaux pour illustrer justement le début du XXème siècle mais très rapidement on se lasse et des dessins qui paraissent bien démodés et du sujet qui manque de fun. L’accent marseillais surfait et plaqué des comédiens (Laurent Lafitte et Géraldine Pailhas en tête de gondole) sonne souvent faux. Dans la salle les nombreux enfants se désintéressent très vite du long métrage auquel il ne comprennent rien. Un film « à la Rappeneau », qui se serait concentré sur le tournage d’un ou deux films en décors naturels de Pagnol pendant la seconde guerre mondiale aurait été l’idéal pour rendre hommage à Raimu, Oranne Demazis, Fernandel … A la soixantaine passée Pagnol qui enchaine à nouveau les échecs décide d’écrire ses mémoires et particulièrement de partager ses souvenirs d’enfance… Il y a plus de magie, de poésie, de folie dans la célèbre trilogie légendaire que dans ce film poussiéreux et bien trop sage.
Marcel et Monsieur Pagnol n’a strictement rien à raconter sinon ce que tout le monde sait déjà, énumère les moments biographiques reliés entre eux par des fondus au noir suivis d’indications de lieux et de dates – il est vrai que la Tour Eiffel ne saurait suffire à indiquer Paris, nous pourrions la confondre avec celle de Las Vegas, précisons bien que le nom de la capitale – à la façon de ces biopics récents qui rencontrent pourtant un succès en salles : on se déplaçait voir Monsieur Aznavour (Mehdi Idir et Grand Corps Malade, 2024) pour retrouver tous les succès du chanteur, applaudir un comédien qui s’effaçait derrière lui au moyen de diverses prothèses et retouches numériques, et surtout ne rien apprendre ni de l’un (Aznavour) ni de l’autre (Rahim), on se déplace désormais pour entendre l’accent marseillais férocement martelé par des doubleurs soucieux donner un peu de leur vie à des caricatures rejouant les meilleures répliques, les anecdotes truculentes qui parleront à un public ravi de les connaître. Le pire étant la présence spectrale de l’enfant, point de départ de l’écriture des souvenirs que le long métrage traite de façon erronée : ce n’est pas l’enfant qui dicte le passé à l’adulte, mais un dialogue nostalgique et volontiers ironique entre un adulte et l’enfant qu’il était, confrontation de deux visions du monde. En dépit de trouvailles animées, Sylvain Chomet et son équipe se sont égarés en terrain connu.
Film d'animation très bien réalisé et qui retrace bien la vie et la carrière de monsieur Pagnol. Certains passages mon même tirés quelques larmes. Nous avons passé un très bon moment.
DIALOGUE CRÉATIF ENFANT/ADULTE Dialogue attachant entre l’enfant Marcel et l’adulte devenu Monsieur Pagnol, qui conquiert sa gloire, pas à pas. Ces allers/retours entre le passé que remémore le petit Marcel au célèbre conteur, angoissé par les affres de l’écriture, rythment avec bonheur ce film d’animation sans jamais lasser.
Au faite de sa gloire, Pagnol pensait qu’il n’avait plus rien à dire. Ce que ne croyait pas un couple de patrons de presse venus lui commander un récit de sa vie qui allait donner naissance par la suite à « La Gloire de mon père » et au « Château de ma mère ». Ce couple évoqué à l’image, c’était Pierre et Hélène Lazareff, à la tête respectivement du quotidien « France Soir » et du magazine « Elle ».
L’accent marseillais des personnages, dont celui du tonitruant Raimu, nous emporte vers ce monde truculent de Pagnol, bercé par le chant des cigales et les bons mots des joueurs de cartes.
Musique nostalgique entre morceaux de jazz et « L’Impromptu » de Schubert. Scènes de la vie provençale valorisées en écho par des séquences parisiennes. Paysages de garrigue, dessinés par une armée de créatifs vietnamiens cités au générique de fin. Tout cela donne un biopic d’animation très séduisant. A voir par les enfants comme par les adultes qui souhaitent (re)découvrir le Grand Pagnol de « Manon des Sources ».
Quand on a adoré "Les Triplettes de Belleville", on s'expose forcément au risque de la déception avec "Marcel et Monsieur Pagnol". Le synopsis est en effet clair : il s'agit d'une biographie. On avait sans doute oublié de bien lire ce synopsis. Car malheureusement, le film n'est rien d'autre : on peine à retrouver ce qu'on était inconsciemment venu voir, un dessin tendre, une histoire mignonne et originale, un certain suspense aussi, une musique originale enfin.
Quand même, on ne comprend pas. À commencer par la voix de Marcel pagnol (Laurent Laffitte), ça gêne les oreilles et le cœur du début à la fin. Son image n'est guère mieux. Ensuite, on s'ennuie, on s'ennuie vraiment. Aucun personnage n'est étudié de façon qu'on s'y attache ; les caricatures sont sommaires ; l'histoire est juste celle de Pagnol qu'on peut lire dans Wikipedia. On a cru une seconde au début, en voyant Pagnol devant une petite machine s'enthousiamer sur le mouvement perpétuel, que le film avait trouvé une veine d'exploration, mais non, ça restera lettre morte.
La vie de Pagnol était sûrement plus palpitante que ce film. Il a produit tant de chef-d'œuvre... Quelle idée aussi de faire un film d'animation sur sa vie ! C'est comme si l'on se mettait en tête de faire la même chose sur Victor Hugo ou La Fontaine - quoique pour ce dernier...
Dans ce film, nous touchent des réflexions de l'homme devenu seul comme "je parle à mon porte-plume, ça fait du monde autour de moi", ou des réflexions de l'homme devenu vieux comme "les vieillards sont comme de vieux singes, ils ne savent plus à quoi s'accrocher pour retrouver leur mémoire". On l'a noté car c'est bien les deux ou trois choses qu'on a notées dans ce film froid et sans intérêt - en tout cas, n'y emmenez pas vos enfants (du fait que c'est une animation).
Soyons juste quand même : parmi les bonnes choses, les images de Provence, cette nature et cette lumière, faune et flore, qui restent imprimées dans le cœur quand on les as connues. C'est peu mais c'est bien.
On remarque aussitôt le soucis de la voix, effectivement Laurent Lafitte assure mais son imitation de l'accent marseillais vrille parfois, nous sortant alors du film pour nous rappeler que ce n'est pas naturel. On constate parfois la même chose sur d'autres personnages, tandis que le dessin de Sylvain Chomet n'est pas toujours probant, particulièrement déçu entre autre de deux monstres essentiels pourtant, Raimu et Fernandel. La mise en abyme avec Marcel et le Pagnol adulte aurait pu être une réussite mais s'avère très anecdotique, surtout que le concept ne vas pas au bout et que la plupart du temps les interactions restent sans réel effet. Certains points tiennent plus de l'hagiographie, imaginés ou embellis, certains passages restent donc pas fiables, par exemple le film occulte de façon méthodique plusieurs de ses liaisons et enfants naturels ou illégitimes pourtant qui ne sont sans doute pas pour rien puisque le thème de fille-mère est central dans son oeuvre. En conclusion, un petit film ludique intéressant pour les néophytes, sinon un film trop lisse, trop sage, auquel il manque un de la densité pour convaincre pleinement. Site : Selenie
Ce film m’a permis d’apprendre qui était ce « grand » personnage, Mr Pagnol…c’est un film positif sous tous les aspects qui laisse à penser que tout est possible lorsque l’on veut ce donner les moyens d’y arriver!!!
Sylvain Chomet est un des maîtres du film d’animation. Sa réussite avec Les Triplettes de Belleville en 2006 en témoigne. Mais ce chef d’œuvre du genre osait beaucoup de choses, alors que ces nouvelles 90 minutes, aussi magnifiques soient-elles, sont d’une sagesse confondante. Est-ce le genre du biopic, ou la profonde admiration pour Pagnol qui ont freiné la fantaisie de Chomet ? A l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours... En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain. Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l'expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire. Une fable animée, aux dessins somptueux et à la technique virtuose, qui n’ambitionne ni l’exégèse hagiographique ni la reconstitution chronologique. Sage, trop sage. Tout est ici merveilleusement maîtrisé. – sans doute trop quand on parle d’émotion -. choix de composition, palette chromatique, - entre ocres et ambres, ou des gris bleutés -, bande-son très soignée – avec les voix de Thierry Garcia, Géraldine Pailhas, Laurent Lafitte, Noa Staes, - mise en scène très léchée - mouvements de caméra simulés, raccords graphiques, morphing des décors -… bref beaucoup de cinéma mais c’est au niveau du récit que les gens de ma génération peuvent se sentir déçus par le conformisme du récit – même si on apprend pas mal de choses sur l’immortel auteur provençal -.l’idée – séduisante à la base - du dialogue à travers le temps entre un Pagnol vieillissant et son double enfantin, joli sur le papier, ne produit pourtant pas grand chose de fort, et le film n’échappe pas, malgré la distance permise par l’animation, aux passages obligés du biopic. Les jeunes spectateurs seront vite dépassés par le flot d’infos balancées à toute allure, quand aux plus vieux ils regretteront que tout soit survolé. Par contre, l’incorporation de vrais extraits des films de Pagnol, donnent une furieuse envie de les redécouvrir encore et toujours.