Cette romance teintée d’homosexualité dans l’Amérique des années 50 se part d’atours clinquants avec une mise en scène élégante à l’habillage rétro mais pas passéiste pour autant. Le casting sexy dévoile de bons atouts également mais malheureusement ce récit éclaté sur une double narration apparait presque trop sage et n’ose jamais aller jusqu’au bout de sa proposition. De belles images donc et une distribution aguicheuse pour un long-métrage trop propret et décevant.
"Les Indomptés" ambitionne à une histoire d’amour et de désirs inavoués plantée au cœur de l’Amérique des années 1950. Le cadre est séduisant, l’ambiance soignée, et les acteurs convaincants. Malheureusement, le film reste trop souvent à la surface et l’émotion peine à se cristalliser. Les enjeux restent flous, le rythme traîne, et les beaux gestes ne suffisent pas à emporter le spectateur.
Sur une jolie photographie d'époque, Les indomptés est une relecture du rêve américain avec ses ambitions, ses désirs, l'identité sexuelle et la recherche d'émancipation. Malgré quelques belles scènes en musique et un final ouvert, le métrage est long, le récit assez monotone. Le personnage le plus intéressant est sans doute celui de Julius (J. Elordi) quand les autres manquent de profondeur et de charisme.
Je n'ai pas pris de plaisir dans ce film. Pourtant le scénario est intéressant mais le film se veut dans l'air du temps : insister sur les scènes d'homosexualités masculines, féminines au détriment de l'histoire.
La forme : un classique bien huilé des années 50 avec les Plymouth décapotables, une alternance entre les vies des 2 frères, de bien belles images L’histoire : ils sont amoureux de la même femme. Le piment : l’homosexualité pour évacuer la tristesse et les regrets Un beau mélo américain… mais un peu trop lisses
Les Indomptés est un film qui séduit par sa beauté visuelle et son casting irréprochable. L’esthétique des années 50 est magnifiquement retranscrite, chaque décor et chaque costume participant à l’immersion dans une époque pleine de contrastes. L’intrigue, captivante et riche en potentiel, propose des idées fortes mais n’ose pas toujours aller au bout de ses intentions, ce qui laisse parfois une impression d’inachevé. Heureusement, la mise en scène raffinée et la réalisation élégante maintiennent un niveau de qualité constant. Les dialogues, intelligents et bien écrits, apportent une véritable profondeur aux personnages et renforcent l’impact émotionnel de l’histoire. Daisy Edgar-Jones, Jacob Elordi, Will Poulter, Sasha Calle et Diego Calva livrent chacun une prestation solide, rendant le récit d’autant plus poignant. Visuellement, le film est un régal, à la fois gracieux et maîtrisé, et il est raconté avec une réelle finesse. On pourra reprocher à la fin de s’étirer un peu trop longtemps, mais l’ensemble reste une fresque passionnante, élégante et marquante.
"On Swift Horses" ou comment exprimer son homosexualité dans l'Amérique puritaine des années 50 nous présente un sujet très intéressant mais j'avais peur, suivant les acteurs et la bande-annonce, que l'on tombe dans le mélodrame gentillet avec des beaux gosses à la Netflix. Et on ne va pas se mentir, ce film réalisé par Daniel Minahan et adapté du roman éponyme (ou en français : "Et nous nous enfuirons sur des chevaux ardents" qui me rappelle beaucoup une certaine réplique de "Dirty Dancing"), n'en est franchement pas loin mais évite malgré tout de trop tomber dans les écueils du genre notamment grâce à un scénario plus malin qu'il n'en a l'air. Je vois d'ailleurs dans pas mal de résumés en ligne (notamment ici) que les personnages principaux (les deux frères, Julius et Lee, et la femme de ce dernier, Muriel) vont former un triangle amoureux (du coup incestueux ?) après le retour de Julius. Absolument pas. Voilà, il n'y a absolument pas de triangle amoureux entre ces trois personnages. Néanmoins, il est vrai que Julius met un peu le bazar dans la vie des deux tourtereaux à chacune de ses apparitions puisque son mode de vie hors des codes de la société américaine vont semer quelques doutes dans la tête de Muriel. Et c'est là que le film devient véritablement intéressant. Histoire pleine de contradictions et de paradoxes, c'est avec un parallèle entre ces deux personnages qu'elle va explorer une Amérique qui ne laisse pas beaucoup de place à la différence. D'un côté, nous avons Julius donc qui vit son homosexualité de manière décomplexée dans une vie sans attaches, en marge des convenances, à Las Vegas, littéralement la ville de tous les péchés et de l'autre, nous avons Muriel qui, quant à elle, découvre son homosexualité dans sa vie banlieusarde typique de l'american dream. De plus, Julius tente de sortir de cette vie de bâton de chaise en voulant se ranger, tandis que Muriel veut, quant à elle, se "déranger" tout en entretenant les apparences. Tout ce parallèle continue avec ce contexte américain, en plein boom, plein de promesses, au fort pouvoir économique et culturel (notamment avec son soft power) et surtout perçus comme les "défenseurs du monde libre" alors qu'ils sont paradoxalement toujours aussi réactionnaires et passéistes. Bref, un film que j'ai trouvé très intéressant donc mais également très beau, même s'il est quelques fois un peu trop tire-larmes. On pourra également lui reprocher cette esthétique un peu trop lisse à la Netflix (même si la mise en scène reste formellement très réussie) et son scénario idéalisant quelques-fois un peu trop le monde queer, tout en ajoutant paradoxalement un couche de mélodrame par-dessus. Bref, un film imparfait donc mais porté par un excellent casting et un scénario tout de même assez solide.
Je n’ai pas lu le livre dont est tiré le film, mais cela ne m’a pas empêché d’être profondément touché par Les Indomptés. J’ai été saisi par la manière délicate, sensible et parfois douloureuse dont le film aborde la difficulté d’être homosexuel dans l’Amérique des années 50.
À travers des silences, des regards retenus et une tension constante, le réalisateur parvient à transmettre une émotion brute sans jamais tomber dans le pathos. C’est à la fois pudique et bouleversant.
Jacob Elordi est remarquable. Son jeu est habité, tout en nuances, et donne vie à un personnage à la fois mystérieux, vulnérable et magnétique. Daisy Edgar-Jones lui donne brillamment la réplique : ensemble, ils forment un duo complexe, traversé de désirs contradictoires et de non-dits.
La mise en scène est élégante, la lumière sublime, et la bande-son accompagne parfaitement cette lente immersion dans un monde où le simple fait d’aimer peut devenir un drame intérieur.
Une athmosphère intime avec de la fumée de cigarette dans de nombreux plan comme pour mieux dissimuler les sentiments non dits, les amours interdits dans le cadre des annèes 50 aux états unis. Un plaisir visuel et sensuel, une bande son réussie, et un traitement fin de la moralité y sont largement abordés. On y tâcle gentiment le rêve américain quand tu ne te sens pas dans la norme. Minaham réussit un film sur comment embrasser la vie même quand tu n'as pas le bon jeu en main, en maintenant une tension agréable jusqu ' à cette fin toute en finesse et ouverture, voire ambiguité volontaire. En prime cela joue très juste. Les personnages secondaires mériteraient d' être un peu plus fouillés, mais l' ensemble est une jolie réussite. Mention spéciale au titre sonore "Song for Henry" par Loren Kramar et Sean O'Brien qui colle si bien à l ' histoire, avec ce si touchant vibrato dans la voix. A voir en vostfr pour le feeling complet.
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3,0
Publiée le 2 juin 2025
« Parfois, quelqu'un entre dans notre vie et plus rien n'est pareil. » Cette phrase, prononcée par Julius, s'applique à tous les personnages du film de Daniel Minahan. Chacun d'eux a été ou va être bouleversé par l'arrivée d'une nouvelle personne dans sa vie. Pour Julius, ce sera Henry, et pour Muriel, ce sera Julius. Une rencontre qui leur ouvre les yeux sur ce qu'ils veulent et sur ce qu'ils ont envie d'être. "On Swift Horses" raconte la quête du bonheur et de soi de plusieurs personnages. Un bonheur qui semble parfois à portée de main, mais difficile de suivre cette voie-là quand ça demande de s'affranchir des normes sociales. C'est là que le contexte de l'époque est important avec le personnage de Will Poulter qui est là pour personnifier ce rêve américain. L'ensemble du casting est d'ailleurs très bien, mais l'histoire manque de dramaturgie. On dirait que ça pouvait durer trois heures sans qu'il se passe quelque chose de majeur. J'ai bien aimé, mais c'est loin d'être marquant.
L’Amérique des années 50. À la fin de la guerre de Corée. Deux frères taciturnes, livrés trop jeunes à eux-mêmes. L’un, Lee (Will Poulter, un gars vraiment bien, le genre « chic type », tellement bien, si chic et si confiant, également satisfait jour après jour et intrinsèquement gentil) met tout en œuvre pour s’ancrer. Ses jours routiniers seront toujours les plus paisibles. L’autre, Julius (merveilleusement ténébreux, Jacob Elordi, avec son regard attendrissant à la « Alain Delon », un regard éternellement reconnaissant pour qui s’en approche, dont les prunelles semblent s’agripper à notre cœur et à notre âme à travers l’écran), écorché indompté, s’acharne à rester disponible à la vie, tiraillé entre deux penchants contraires qui bataillent en lui : tranquille et sulfureux. Au milieu, une femme, Muriel (Daisy Edgar-Jones). Celle de Lee, à la personnalité ambivalente, qui se cherche jusqu’à trouver son point I : son penchant indompté. Leur histoire se déroule entre Kansas, plaines du cœur battant des États-Unis et Californie, patrie du divertissement.
J’avais lu ici et là, en diagonale, que le film racontait les penchants homosexuels des protagonistes et je m’attendais à ce que ce soit le sujet. Erreur. Le sujet, c’est la quête de soi, cette connaissance viscérale qui conduit vers la liberté. Une soif de liberté toujours repoussée, sans cesse contrariée. Par la quotidienneté, la domesticité, le mariage, un projet immobilier, les projets (alors même que ce sont les projets qui donnent un sens à l’existence), l’adultère, l’homosexualité, la religion, le travail, les plaisirs, les interdits, les addictions, les paris, le goût d’une olive.
"Les indomptés" est une expérience existentielle que l’énumération qui précède façonne. Il y règne une atmosphère incandescente, moite et sensuelle, qui s’imprègne dans chaque pore de la peau. D’emblée Muriel l’a compris, elle doit seulement l’expérimenter. Lorsqu’elle rencontre Julius :« Pour la première fois, je me suis sentie respirer ». Un film organique, qui régule la température du corps et la respiration du cœur. Un film sur le désir et l’amour ardents.
Ce film m’a profondément touché par sa grande sensibilité. L’interprétation de Jarod Elrodi est remarquable de justesse et d’émotion. Une œuvre à ne pas manquer.