Je rattrape enfin ce film, réalisé par Isaiah Saxon, qui m'avait tant intrigué mais que j'avais quand même loupé à la sortie, qui est tout bonnement magnifique ! Magnifique visuellement parlant en tout cas, c'est ce qui saute aux yeux dès le premier plan, plaçant d'ailleurs directement le spectateur dans cet univers fantastique un peu glauque par moments. Car oui, le film n'est pas que mignon, il est aussi un peu lugubre sur les bords, de par ses personnages mais également de par son ambiance. Dans un film fantastique, de manière générale, c'est le fantastique qui est présent dans le monde réel, ici on a plus l'impression que c'est le réel qui vient s'immiscer dans le monde fantastique. Encore une fois, de par ses décors, de ces montagnes et cette brume quasi-constante, sans parler des forêts sombres, qui confèrent au film son aura très mystérieuse et sinistre. Pour donner un peu de contexte, nous suivons une jeune fille qui recueille un ochi, une créature des forêts ; peuple chassé par son pères et les garçons de ce dernier. Jusque là, rien d'extraordinaire, on retrouve même beaucoup d'".", comme beaucoup l'on déjà fait remarquer. Mais encore une fois, c'est de par son ambiance que le film se démarque du reste mais également de par ses personnages. À commencer par la gamine qui fait plus penser à Michael Myers enfant de la version de Rob Zombie et puis à son père, sortant l'armure pour aller chasser de l'ochi. C'est sans parler de la mère qui est elle aussi très étrange ; en marge du reste des personnages qui sont eux-même en marge de la société. Seuls les enfants - et encore - semblent normaux dans cette histoire. Et même les décors qui rappellent la civilisation et la présence humaine confèrent cette impression d'étrange, comme le supermarché particulièrement kitsch. Et tout ça, c'est très bien, la mise en scène est d'ailleurs très réussie, de même que les effets spéciaux, extraordinaires, et les très beaux matte painttings. Mais quand est-il du reste ? Eh bien, c'est là où ça pêche un peu. Le film n'est en effet pas si original que ça, c'est un parcours initiatique classique doublé d'un film Spielbergien sur l'enfance comme on en retrouvait par pelle dans les années 80. Et puis, le film tombe bien souvent dans le pathos, il en devient même quelques fois ridicule ou que très peu crédible, comme la fin par exemple. "La Légende d'Ochi" est alors un film en demi-teinte, qui se démarque, encore une fois, de par son ambiance mystique très bien rendue sur grand écran mais qui déçoit par un scénario bien trop faible.