Très attendu après ses débuts avec J'ai perdu mon corps, le premier long-métrage de Jérémy Clapin en prises de vues réelles (quoique, pas totalement) reste dans une veine ouvertement fantastique. L'histoire ressemble un peu à certaines de celles développées dans La quatrième dimension, voire, pour les amateurs, dans le très fameux Les Envahisseurs, mais pas avec les mêmes visées. Et puis, n'est pas David Vincent qui veut car la jeune femme en deuil qui prend sa suite, bien malgré elle, dans Pendant ce temps sur terre, n'a pas sa hargne ni sa volonté. Plutôt qu'un film inabouti et frustrant, eu égard à son point de départ,, Jérémy Clapin aurait pu écrire une BD qui aurait sans doute donné plus d'impact au côté mystérieux du récit. Le film s'appuie sur certains effets sonores mais reste visuellement bien trop sage pour susciter une véritable exaltation. Quant à l'émotion, en dépit du sujet et du dilemme posée à son héroïne, elle ne transparaît presque jamais. Si Pendant ce temps sur terre n'est jamais fastidieux, c'est parce que le suspense y est bien présent et que l'on est en droit d'espérer un dénouement de l'ordre du grandiose. Las, c'est une vraie déception, il se révèle non seulement énigmatique mais aussi sans aucun relief.
Elsa (Megan Northam) ne se remet pas de la mort de son frère Franck, spationaute porté disparu en mission trois ans plus tôt. Alors que son don pour le dessin la destinait aux Beaux-Arts, elle vivote avec un emploi d’aide médicale dans l’EHPAD que dirige sa mère (Catherine Salée) dans une petite ville du Puy-de-Dôme. Mais un beau jour, elle entend la voix de son frère et de ses ravisseurs, des extra-terrestres qui lui proposent un pacte faustien : en échange de cinq corps humains dans lesquels ils souhaitent se glisser pour venir visiter la Terre, ils promettent à Elsa le retour de son frère sain et sauf.
Jérémy Clapin revient là où on ne l’attendait pas. Son premier long-métrage, "J’ai perdu mon corps", sorti en 2019, un film d’animation, avait emporté un immense succès mérité. Il aurait pu rester dans cette veine. Il en choisit une autre, hybride. Hybride par la forme : "Pendant ce temps sur terre" contient des séquences d’animation futuristes, produits de l’imagination d’Elsa qui louchent du côté de René Lanoux (j’ai pensé à "La Planète sauvage") et de l’esthétique des BD des années 70 et possède une bande-son absolument hypnotisante signée Dan Levy . Hybride par le sujet : "Pendant ce temps sur terre" joue sur les registres de plusieurs genres, la science-fiction façon "Interstellar" (les voix mystérieuses entendues par Elsa sont-elles bien réelles ou le produit de son imagination délirante ?), l’horreur façon David Lynch (cette graine translucide qu’elle se glisse dans l’oreille pour communiquer et qu’elle ne réussit plus à retirer de son organisme), le drame social (le naufrage d’une famille détruite par la disparition de Franck)….
Cette qualité hélas se retourne. "Pendant ce temps sur terre" souffre de ce mélange des genres – comme déjà avant lui "L’Astronaute" ou "Proxima", deux films français la tête perchée dans les étoiles. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ces films là, comme si la conquête spatiale ne supportait pas de rester coincée les deux pieds dans la glaise. Qui dit science-fiction, dit voyage intergalactique, navette spatiale, combinaison spatiale, apesanteur, voire petits bonhommes verts, et pas campagne auvergnate, rond-point ou EHPAD.
L'originalité principale de cette fable passera par un mélange habile de réel et d'animations. La BO est mémorable, qui nous abreuve de magnifiques chants choraux, évocateurs de l'Espace. La 2ème originalité, c'est que nous ne verrons peut-être aucun extra-terrestre, à défaut de les entendre parfaitement. Le frérot spationaute a disparu et sa famille, traumatisée, l'espère. Et la frangine a peut-être une opportunité, pour le moins singulière, de le retrouver. Mais le "chemin" est original, avec une symbolique sociétale osée : faire un échange avec quelques humains que notre héroïne devra choisir. Etonnant!
En sortant de la salle de projection je me suis précipité sur les critiques du film, qui me l'ont confirme' : Un très bon thème, un très bon script, de très bons twists et moments de surprise. Un jeu très fin de l'actrice principale et du reste de la distribution. Alors, qu'est ce qui a pu manquer ? eh bien, la fin , qui ne justifie absolument pas les moyens. Comme dans Cocoon (1985) l'EHPAD a pu être rendu intéressant ; comme dans les X-Files les forets de sapin deviennent énigmatiques ; comme dans Lucy (2014) la violence devient sexy. Mais il manque probablement 15 minutes supplémentaires pour ne pas décevoir le spectateur, ne pas se dérober du choix a trancher entre du Merveilleux, du Happy end ou de l'Horreur. Le film a manque' de courage au dernier moment et nous laisse sur une ambiguïté onirique, certes, mais insatisfaisante.
5 ans après son très bon film d'animation «J'ai perdu mon corps» (César du Meilleur Film d'Animation), le réalisateur Jérémy Clapin nous revient avec ce film de genre en prises de vue réelles (mais pas seulement), traitant de l'absence et du deuil impossible.
Et malgré son potentiel évident, une œuvre S-F et humaine devant laquelle je suis resté assez mitigé, assez insensible.
D'un point de vue formel, l'ensemble est d'une grande maîtrise (mise en scène, photographie, sound design, effets spéciaux, musique atmosphérique), conférant au film une ambiance singulière, onirique et assez envoûtante par moments. Les quelques séquences animées et spatiales qui traversent le film (illustrant les désirs et les espoirs d'Elsa, dessinatrice elle-même, et sa volonté de ne jamais rompre le contact avec son frère) ne font que renforcer cet aspect-là, voguant entre ici et l'ailleurs.
Malheureusement, malgré un point de départ très intrigant, l'histoire (s'inspirant notamment de «Contact» ou encore de «L'Invasion des profanateurs») et la manière dont elle se déroule n'est jamais vraiment captivante ou surprenante, comme si le film se refusait d'aller au fond des choses, de lâcher prise, et préférait se reposer sur sa forme.
Une impression d'inabouti que j'ai ressenti une grande partie du film (notamment par certains dialogues pas très inspirés), jusqu'à une conclusion expédiée et pas à la hauteur des questionnements que posait celui-ci (Jusqu'où est-on prêt à aller pour retrouver l'être perdu ? Que vaut une vie face à une autre ?).
L'impression d'avoir assisté à une œuvre "arty", mais sans doute trop courte et pas assez connectée à l'humain (ce qui est dommage, d'autant plus au vu de son récit profondément terrien). Un film de genre à l'esthétique marquante, mais une projection dont je suis finalement ressorti avec une frustration certaine. Dommage.
Aide-soignante dans un EHPAD, Elsa ne parvient pas à faire le deuil de son frère, un astronaute disparu quelques années plus tôt. Un soir, elle entend une mystérieuse voix, semblant venir d'outre-espace, qui lui propose de revoir son frère. Mais le marché proposé n'est pas sans contre-partie... Oeuvre inégale que "Pendant ce temps sur Terre". Il y a de très bonnes idées. Tant sur la forme, avec le concept de faire un film de SF avec très peu d'effets visuels (qui fait d'ailleurs penser à "Simple Mortel"). Ces passages ponctuels en film d'animation, qui rajoutent une poésie certaine. Cette BO enivrante qui contribue grandement à l'atmosphère étrange du film. Que sur le fond, avec plusieurs questions sociétales ou philosophiques posées. Sur l'utilité des individus dans la société, leur droit au bonheur, la notion de vie et d'existence, ou même la question de l'euthanasie. Et évidemment la thématique du deuil qui sera bien présente. Vous allez me dire que ça a l'air génial, original, et pertinent, sauf que l'intrigue comporte de nombreux défauts. Les questionnements moraux d'Elsa paraissent expédiés. Des pans de l'intrigue ne sont pas vraiment traités, voire affiches des incohérences ou invraisemblances. spoiler: Que deviennent les humains possédés ? Leur entourage (collègues, EHPAD...) ne s'inquiète pas ? Si les extra-terrestres ont réussi à infiltrer le corps d'Elsa aussi facilement, pourquoi ne peuvent-ils pas faire de même avec d'autres personnes ? Pourquoi acceptent-il des corps âgés presque mourant ? Pourquoi ne pas posséder Elsa directement à la fin comme ils l'en menacent ?
Tandis que le scénario ne sait pas vraiment sur quel pied danser. Thriller avec une histoire de possession inquiétante ? Drame familial ? Drame sociétal ? Ca tatillonne sur plusieurs voies. Ce jusqu'à un final qui le mérite de rester très ouvert, mais qui risque d'en frustrer plus d'un. spoiler: Elsa va à la plage, détendue avec le chien de l'une de ses victimes. N'ayant pas pu trouver de 5ème victime, a-t-elle été possédée par les extra-terrestres et vit-elle dans un rêve ? Ou bien tout a échoué et elle a fait le deuil de son frère, sans que les extra-terrestres ne la possède ? Ou bien il s'agit d'un fantasme, alors qu'elle est encore en train de se décider ?
Après visionnage de ce film, l'on se dit tout ça pour ça. Une invasion extraterrestres où l'on ne fera que de les entendre, un scénario intrigant mais qui ne mène nulle part et un final nébuleux qui ne répond pas spécialement aux questions qu'il pose. Dommage il y avait de l'idée, mais c'est clairement pas assez aboutie.
Avec Pendant Ce Temps Sur Terre, Jérémy Clapin écrit et réalise un film de science-fiction dramatique minimaliste d'une très grande qualité. L'histoire nous fait suivre Elsa, une jeune femme de vingt-trois ans qui a toujours été très proche de son frère ainé Franck, un spationaute disparu mystérieusement trois ans plus tôt au cours d'une mission spatiale. Un jour, elle est contactée depuis l'espace par une forme de vie inconnue qui prétend pouvoir ramener son frère sur terre. Seulement, cet espoir de retrouvailles a un prix à payer. Ce scénario s'avère particulièrement prenant à visionner pendant toute sa durée d'un peu moins d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à un récit extrêmement intrigant nous tenant en haleine tout du long car ce qui va se passer est imprévisible. Et l'on est surpris de voir la direction qu'il prend au fil des minutes. Celui-ci traite de l'absence et de la difficulté à faire le deuil d'un être cher à travers l'astronomie et le reste de la cellule familiale. Cette thématique principale est l'obsession du métrage et ce dernier ne creuse pas d'avantage son côté science-fiction, laissant de nombreuses questions en suspend. L'ambiance est pour sa part contemplative et teintée d'onirisme, possédant un charme calme. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, interprétés par un distribution convaincante comprenant Megan Northam dans le rôle principal, entourée de ses parents joués par Catherine Salée et Sam Louwyck, ainsi que son petit frère incarné par Roman Williams. Sofia Lesaffre tient elle le rôle de la meilleure amie d'Elsa. À ces rôles palpables s'ajoute celui sans corps de Sébastien Pouderoux, qu'on ne voit pas à l'écran mais dont la mémoire plane constamment au dessus des têtes des membres de la famille. Toutes ces âmes en souffrances entretiennent des relations douloureuses procurant de l'émotion. Des échanges soutenus par des dialogues d'une belle authenticité, exprimés par de très jolies voix nous berçant. Si le fond est intéressant, la forme est pour sa part ravissante. En effet, la réalisation du cinéaste français s'avère extrêmement qualitative. Sa mise en scène se veut très soignée avec une caméra offrant de beaux mouvements et multipliant les angles pour nous gratifier de jolis cadres embellis par une photographie charmante, notamment à la faveur des lieux parcourus et d'un étalonnage aux couleurs prédominantes changeantes. Tout cela combiné nous offre des plans aussi magnifiques que marquants. Même les transitions sont travaillées avec quelques unes vraiment mémorables. Toutes ces scènes sont en plus entrecoupées de quelques séquences en animation s'accordant parfaitement avec elles. Des passages jouant de surcroît sur le format et la couleur. Ce visuel d'une grande richesse esthétique est accompagné par une sublime b.o. signée par Dan Levy. Ses compositions sont magnifiques et en totale accord avec l'atmosphère poétique. Elles sont d'une grande puissance et ont un immense impact sur les images. Elles sont clairement inoubliables et donneront envie d'être réécoutées bien au-delà du générique de fin. Une fin qui s'avère satisfaisante et qui aurait pu être différente tant il y avait de possibilités. En conclusion, Pendant Ce Temps Sur Terre est une œuvre méritant grandement d'être découverte tant c'est une petite pépite cinématographique.
Pendant ce temps sur Terre, le dernier opus du réalisateur Jérémy Clapin, se présente comme une œuvre audacieuse mêlant drame, science-fiction et animation. Le film suit Elsa, 23 ans, qui vit dans l’ombre de la disparition mystérieuse de son frère aîné, Franck, un spationaute disparu au cours d’une mission spatiale trois ans plus tôt. Ce deuil impossible imprègne chaque instant de son existence jusqu’au jour où elle est contactée depuis l’espace par une forme de vie inconnue, qui prétend pouvoir ramener Franck sur Terre. Cependant, cette offre singulière a un prix, et Elsa se retrouve confrontée à un dilemme émotionnel déchirant.
Clapin, connu pour son précédent succès J’ai perdu mon corps, démontre une fois de plus son talent pour jongler entre le réel et l’imaginaire. En intégrant des prises de vue réelles à des séquences d’animation, il crée un univers visuel captivant qui reflète le monde intérieur d'Elsa. L’esthétique du film, à la fois délicate et immersive, nous entraîne dans un voyage à travers les méandres de la mémoire et du souvenir. Chaque image, chaque transition entre les mondes s’opère avec une fluidité qui renforce l’intensité émotionnelle de l’intrigue.
La bande-son, signée Dan Levy, apporte une dimension supplémentaire à l’expérience cinématographique. Composée de mélodies envoûtantes et de sonorités magnétiques, elle magnifie les moments clés du récit, soulignant la tension et l’espoir qui se mêlent tout au long du film. Levy, déjà reconnu pour son travail sur J’ai perdu mon corps, parvient à capturer l'essence même de la quête d'Elsa, rendant chaque note aussi poignante que les scènes qu'elle accompagne.
Megan Northam, révélée dans la série Salade Grecque, incarne avec brio le rôle d’Elsa. Sa performance est à la fois émotive et puissante, permettant au public de ressentir la profondeur de son chagrin. Northam dépeint une sœur pleine de détermination, naviguant entre l'espoir et la désillusion, et sa présence à l’écran est tout simplement captivante. La dynamique entre elle et le personnage de Franck, bien que souvent absent, est palpable, renforçant l'impact de leur lien fraternel tout au long du film.
Le film ne se limite pas à une simple exploration du deuil ; il pose également des questions profondes sur l'amour, le sacrifice et la nature des relations humaines. À travers les choix qu'Elsa doit faire, le spectateur est amené à réfléchir sur les limites de la loyauté et les sacrifices que l'on est prêt à consentir pour ceux que l'on aime.
Ce film est atypique avec un mélange de réel et de rève. La réalisation est soignée avec une bonne bande son et l’insertion judicieuse de séquences d’animation, spécialité de ce réalisateur. L’histoire de cette jeune fille qui vit le deuil et le souvenir de son frère spationaute disparu en mission et qui cherche à continuer de correspondre avec lui est assez particulière. J’ai personnellement moyennement apprécié ce film qui oscille entre le réel et le fantastique.
Elsa est une jeune femme en perte de sens dans sa vie. Elle n'a pas de projet et ne parvient pas à faire le deuil de la disparition de son grand frère Franck, astronaute dont la mission s'est perdue dans l'espace. Un soir alors qu'elle regarde les étoiles, elle entend la voix de Franck par le biais d'une mystérieuse entité qui lui propose un marché : le retour de son frère contre un chemin. En salle le 3 juillet.
spoiler: "Pendant ce temps sur terre" est un ovni, c'est le cas de le dire, tant son intrigue spéciale et ambitieuse m'a pris de court. J'ai adoré cette idée de contact subspatial sur fond de refus du deuil, au sein d'une ville moyenne française banale. Je trouve que le film ne va malheureusement pas au bout de ses promesses. Le personnage d'Elsa fait des choix qui me sont apparus discutables surtout vers la fin alors que le climax est à son maximum. De même, l'intrigue tente d'intégrer une grande quantité de sujets dont certains sont dispensables : j'ai eu la sensation d'un plat où trop d'épices différentes mélangées brouillent le signal. Une expérience mitigée mais que je salue.
Pendant ce temps sur terre, il y a une sœur qui n'arrive pas à faire le deuil de son frère mort dans l'espace. Elle est entre deux monde. Le monde réel et imaginaire qui pour moi est dans sa tête. J'ai trouver la BO super à écouter. L'histoire était bien qui traite le deuil. L'actrice Megan Northam, j'ai bien aimer son rôle.
Un film qui demeure enthousiasmant de fur et à mesure de l'avancée du scénario. Et il faut saluer l'originalité du thème ce, bien que quelques références à d'autres œuvres dans le passé peuvent être décelées. L'attachement familial exacerbé mis en exergue est au sein d'une fratrie. Il semble un chouïa exagéré et peut-être il eût il fallu faire ressortir un ressenti d’ordre gémellaire. Et puis la sensation ...d'histoire inaboutie vous arrive. On émet un "Dommage!" quand la salle se rallume. Et comme pour tous ces films qui donnent l'impression que le réalisateur n'avait plus d'idées, l'épilogue à la va vite laisse un goût d'inachevé. On délivre au spectateur une fin bâclée qui altère l'intérêt porté depuis le début de ce "Pendant ce temps".
Un film sur le deuil assez pesant dans sa narration (voix off, dialogues, musique, sound design et actrice parfois irritants) mais néanmoins plutôt soigné dans la forme. De la science fiction intimiste et minimaliste qui rappelle parfois le plus abouti et méconnu "Simple mortel" de Pierre Jolivet.