« Arthur, Malédiction : une descente aux enfers du cinéma français »
Il arrive parfois que l'on sorte d'une salle obscure avec une impression de malaise profond. Non pas celui, recherché, que procure un bon film d’horreur, mais celui d’avoir assisté à un naufrage artistique d’une rare violence. Arthur, Malédiction, prétendue réinvention horrifique de l’univers enfantin de Luc Besson, est un film qui ne mérite ni l’attention du public ni le respect de la critique.
On pourrait croire à une parodie involontaire tant le film accumule les fautes de goût avec un zèle presque admirable. L’idée même de détourner un univers destiné aux enfants pour en faire un slasher grotesque aurait pu intriguer… si elle avait été confiée à un scénariste compétent, à un réalisateur inspiré, ou, à tout le moins, à quelqu’un ayant déjà vu un film d’horreur. Mais ici, tout n’est que vacuité narrative, personnages caricaturaux, et dialogues aussi plats qu’un électroencéphalogramme en fin de soirée.
La mise en scène, atone, semble prisonnière d’un cahier des charges adolescent : jumpscares téléphonés, musique criarde et jeu d’acteur digne d’un atelier théâtre en classe de troisième. Même l'univers Arthur et les Minimoys, est ici trahi, violé, dépecé pour servir de toile de fond à une œuvre sans âme, sans vision, sans la moindre once d’ambition artistique.
Quant à l’ambition méta – un groupe de fans visitant la maison du film original – elle se désintègre dès les premières minutes dans un torrent d’incohérences, de paresse scénaristique et de clichés éculés. Le film semble n’avoir d’autre but que de capitaliser sur une nostalgie artificielle, tout en crachant au visage de ceux qu’il prétend séduire.
En sortant de Arthur, Malédiction, on ne se dit pas seulement que le film est mauvais. On se demande pourquoi, comment, avec quel degré d’aveuglement une telle ineptie a pu obtenir un feu vert, un budget, une distribution. L’expérience est si consternante qu’on en vient à douter de l’avenir même du cinéma français si ce genre d’objets filmiques continue à pulluler dans les salles obscures.
En somme, Arthur, Malédiction n’est pas un film. C’est une punition. Une malédiction, en effet – mais pour le spectateur.