"June and John" est un projet très particulier dans la carrière de Luc Besson. Réalisé avec un tout petit budget, en ayant été filmé à l'iPhone, avec un casting d'inconnus et pendant la période du confinement, le film a donc fini par arriver sur la plateforme OCS en cette année 2025. Au vu de tous ces éléments de production, je dois donc dire que le résultat m'intriguait et j'avais hâte de découvrir ce qu'un réalisateur habitué aux gros moyens pouvait faire avec un ensemble si restreint. Sur le début du film, j'avoue que j'étais assez optimiste. Effectivement, même si la caméra est un téléphone, et que cela peut se sentir au niveau de certains éléments de la photographie, la mise en scène est quand même assez proche d'une production classique. On aura le droit à quelques plans plutôt esthétiques, sans que cela soit extraordinaire malgré tout, et on ne se retrouve donc pas face à un projet totalement amateur. Par ailleurs, la dynamique qu'installe le récit dans cette introduction se montre efficace et bien rythmée. Au travers du personnage de John et les litres de problèmes qui lui tombent dessus, le long-métrage créait un crescendo assez prenant dans son déroulé. On attend toujours impatiemment de voir quel sera le prochain souci du héros, et ceux-ci s'arrangent toujours pour être de plus en plus gros. Alors, après cette introduction, je me suis donc dit que j'allais passer un moment bien plus agréable que prévu. Malheureusement, au bout d'une demi-heure, la romance se met en place et vient complètement brider l'ensemble. Si l'actrice qui joue June n'est pas si mauvaise, son personnage amène énormément de problèmes. Si on peut comprendre le principe du "Bonny and Clide" moderne, le résultat est beaucoup trop forcé. On a énormément de mal à voir comment John tombe aussi vite amoureux d'elle, et comment il peut la suivre sans se poser de questions. Évidemment, le film met ça sur le dos d'une certaine thématique, celle-ci étant la vie libre en parallèle du quotidien bien rangé que mène notre personnage. Sur le principe, je peux comprendre l'idée, mais l'exécution est ratée. À cause de cette incompréhension dans les choix de John donc, mais aussi dans tout ce qui entoure le personnage de June. Rien n'est crédible autour d'elle, que ce soit son nombre incohérent d'abonnés sur les réseaux sociaux, son passé complètement absent du film
ou même l'histoire totalement ridicule qui explique sa maladie.
Sachant également qu'à partir de ce moment-là, le film change complètement de style et il devient un simple road-trip assez ennuyeux. Si les premières séquences où l'on voit les deux tourtereaux s'amuser sont sympathiques, ce principe va beaucoup trop traîner en longueur. Sur les 1h30 de film, la moitié est là pour nous faire suivre les personnages en train de s'amuser, mais sans jamais développer l'intrigue. Et personnellement, voir une histoire faire du surplace et qui nous propose un simple épisode d'une télé-réalité où des gens passent des vacances, ça ne m'intéresse pas. Et tout cela ne prend même pas en compte les dernières séquences, ces dernières étant complètement irréalistes.
Comment les forces de l'ordre réussissent à les retrouver ? Et comment réussissent-ils à se faire berner aussi facilement en les laissant s'échapper ? Leur capacité de réflexion augmente et diminue totalement en fonction des besoins du scénario, et c'est à n'y rien comprendre !
En bref, si l'idée de base pouvait être sympathique, rien n'est cohérent au sein de ce projet. Le dispositif n'est finalement pas si embêtant que cela, mais il limite peut-être trop les actions possibles lors de la seconde partie. On a finalement assez peu de péripéties et de rebondissements pour vraiment être diverti, ce qui rend l'ensemble assez frustrant et pas forcément recommandable. Pour conclure, un film qui ne mérite pas vraiment une meilleure exposition.