Il est difficile de ne pas ressentir une profonde déception face à Medellin, le dernier film de Franck Gastambide. À vrai dire, ce n’est même pas un film, mais une sorte de pastiche bancal, un amas d’idées mal ficelées qui tient à peine debout. Le scénario, irréaliste à l’extrême, frôle l’insulte à l’intelligence du spectateur. Il n’y a pas d’histoire digne de ce nom, seulement une succession de scènes qui semblent écrites à la va-vite, sans ambition, sans souffle. Même ma sœur de 13 ans, avec son imagination débordante, aurait pu concevoir une intrigue plus cohérente et engageante.
Pourtant, on ne peut pas blâmer les acteurs, qui font ce qu’ils peuvent pour donner un semblant de vie à cette mascarade. Ramzy Bedia et Essined Aponte, en particulier, s’en sortent avec les honneurs, mais on ne peut que s’interroger sur ce qui les a poussés à accepter de jouer dans un tel naufrage. Peut-être des factures à payer, peut-être un malentendu. Quoi qu’il en soit, leur talent mérite mieux que cette farce grotesque.
Quant à Gastambide, il semble toujours confondre le cinéma avec une mauvaise série de sketches. Son humour, si l’on peut encore l’appeler ainsi, repose sur des clichés éculés et des moqueries malvenues. Le nain, ici, est réduit à un simple objet de ridicule, comme si l’humiliation gratuite pouvait faire office de comédie. Mais l’échec va plus loin : Medellin n’est pas simplement un mauvais film, c’est un symptôme d’un cinéma paresseux, vide de toute ambition artistique.
Il y a une tristesse profonde à constater que de tels projets voient le jour, et pire, qu’ils trouvent des spectateurs. Ce n’est pas du cinéma, c’est une caricature. Gastambide ne raconte rien, ne transmet rien, et ne cherche même pas à le faire. Et peut-être est-ce là le plus grand affront : l’impression qu’il méprise son propre public, convaincu qu’il se contentera du minimum. Mais non, Medellin n’est pas le minimum. C’est le néant.