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Rideau sur l'Écran
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4,0
Publiée le 14 juillet 2025
Il suffit parfois d’un air de jazz, d’une lumière douce sur les façades d’Oslo, pour que le réel semble suspendu. "Amour", deuxième volet de la Trilogie d'Oslo déroule son récit comme un songe lucide, où l’utopie n’efface pas les douleurs mais les transforme. Le personnage de Tor (Tayo Cittadella Jacobsen), bouleversant de tendresse et de simplicité, incarne un amour sans égo, fait de gestes discrets et de présence offerte. Haugerud signe ici une déclaration à ce que l’humanité peut avoir de plus beau : l'élan d'aider, l'élan d'aimer, sans condition ni mesure. Peut être le film le plus beau et le plus émouvant de cette trilogie.
Une merveille d'intelligence, de finesse, de sensibilité, d'émotion. C'est très bien interprété, très bien filmé, Oslo est un personnage à part entière. Pour ma part, ayant vu les deux premiers volets de cette trilogie d'Oslo, j'ai été plus touchée par celui-ci que par le premier, que j'ai aussi beaucoup aimé cependant
"Amour" est le deuxième volet de la "Trilogie d’Oslo".
spoiler: Découvert en compétition au dernier Festival de Venise, ce film de Dag Johan Haugerud interroge moins les hésitations ou tentations liées à la sexualité que le rapport entre sexualité et relation amoureuse, et donc forcément les notions de fidélité et de liberté dans le couple.
Le film bénéficie d’un casting remarquable, interprétant un quintette de personnages aux ressentis différents face aux mêmes questions.
Tout aussi bavard et finement dialogué que "Désir", il revêt une tonalité plutôt douce grâce à l’entrecroisement des destins de ces personnages.
spoiler: Pour trois d’entre eux, liés à un hôpital proche d’Oslo (une médecin urologue, un infirmier et un malade rencontré sur un ferry), auxquels s’ajoutent une employée du service culturel de la mairie (amie de la médecin) et un géologue divorcé (rencontré par la médecin).
C’est autour des déplacements quotidiens des personnages et de l’organisation d’une célébration censée être « inclusive », que le scénario convoque des face-à-face entre conception du couple et de la fidélité amoureuse, mais aussi entre différentes manières de chercher la rencontre.
spoiler: Quand Heidi organise une blind date pour son amie, Tor, lui, use de hasards plus ou moins provoqués lors des traversées en ferry et Björn tremble à l’idée de perdre toute sexualité. Quand Tor recherche du sexe occasionnel et de la variété, Heidi s’interroge sur son besoin irrépressible de sexe, alors que Marianne n’envisage pas celui-ci en dehors d’une relation.
Doucement, "Amour" permet de mesurer la distance entre théorie et comportement, contredisant des positions dogmatiques de certains et démontrant au final toute la complexité de l’être humain, amplifiée lors de ses interactions avec d’autres. Le film bénéficie d’une approche sonore revenant perpétuellement autour du centre-ville et du gigantesque bâtiment de la mairie, censé être le symbole de toutes les inclusivités et les libertés.
Ce film est plein d’humanité et très agréable à suivre. A partir de situations individuelles fort bien décrites, le réalisateur brosse le portrait de plusieurs personnages avec leurs différents problèmes personnels. Tout ceci est bien mis en scène avec un scénario bien huilé. Le film se déroule entièrement dans la ville d’Oslo qui est formidablement mise en valeur.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 16/04/25 au Club Lincoln à PARIS)
Deuxième volet de la trilogie d'Oslo " Amour " présenté à Venise 2024 et reparti la corbeille vide ( la première partie " rêves" présentée à Berlin a lui été couronnée de l'Ours d'or ) m'a (tout comme la première) laissé un sentiment mitigé.
S'inscrivant dans la tradition du cinéma littéraire ( tout ou presque est dans les dialogues, pas toujours formidables, censés par petite touche apporter un élément de la psychologie du personnage, mais dont l'interprétation finale est totalement laissée au spectateur).
On pense évidemment à la filmographie d'Éric Rohmer, à celle de Jean Eustache ou au travail du polonais Kieslowski (" Le décalogue " ou " Bleu, blanc, rouge").
La première remarque c'est que cette trilogie d'Oslo ( largement défendue par une grande partie de la critique ) souffre de manière significative de la comparaison avec ces références de premier ordre ( selon moi ).
La première partie de " Amour" est sans doute la meilleure de ce film pénalisé par un scénario qui la encore ( c'est aussi le défaut que je trouve à " Rêves") peine à affronter ( malgré les apparences) les développements potentiels de son sujet, dont le titre laisse entendre qu'ils vont l'être.
Il y deux personnages principaux, un H et une F, personnels soignants dans un hôpital de la capitale norvégienne. Ils sont célibataires et seuls dans la vie.
L'homme ( il est homosexuel) est finalement plus simple à comprendre. Probablement plus empathique que sa collègue ( certains indices le montrent ) plus aligné avec ses envies et son désir, il rencontre ce qu'il ne semblait pas consciemment chercher.
La femme ( elle est urologue ) certaines scènes de consultations montrent sa difficulté à communiquer, à se mettre en serait ce qu'un peu à une place qui n' est pas la sienne ( c'est subtil mais c'est la déduction qu'on en tire ).
Elle est aussi plus ambiguë, ambivalente quand elle agit et si l'on pense un moment qu'elle va se réajuster avec elle-même, la fin ( elle se termine un peu comme dans " Rêves " ) laisse planer un sérieux doute sur la linéarité psychologique du personnage.
Tout comme dans " Rêves " j' ai éprouvé le sentiment que le cinéaste montre certains des tropismes repandus dans les relations amoureuses vécues dans le monde occidental ( solitude, difficulté à communiquer, à choisir le partenaire). Il regarde autour de lui et filme ce qu'il voit.
Certes, il aborde la possibilité de chemins de traverse dans d'autres formes possibles du couple, mais le regard n' ira pas beaucoup au delà. Il n' y a pas de proposition, de solution...
Au plan formel c'est surtout beaucoup trop long, de nombreuses scènes, concentrées dans la seconde partie, n' apportent pas, de surcroît (selon moi ) grand chose à la description psychologique des personnages.
Des deux premiers volets que j'ai visionné , j' aurais une préférence pour Amour ( surtout pour sa première partie ).
On notera qu'on retrouve dans le second volet le personnage du psychologue de " rêves ". Il occupe ici un rôle plus central ( à l'image du procédé employé par le polonais Kristof Kieslowski dans les années 1990 : un personnage secondaire dans une partie de la trilogie devient personnage principal dans une autre).
J' irai, tout de même, malgré mes ( petites ) réserves, voir la troisième et dernière partie de la trilogie, pour laquelle je n'éprouve ( malheureusement) pas l'enthousiasme débordant manifesté par les auteurs de certains articles. Mais par les temps qui courent, cette trilogie me paraît être au dessus de la mêlée.
Une mise en scène élégante certes, mais, comme dans le volet 1, des dialogues interminables et beaucoup de clichés sur le couple, l'amour, les rencontres... Sans parler des détails médicaux en urologie, peu glamour en tant que tels... On sort un peu décu et quelque peu déprimé de la projection.
Difficile de faire plus ennuyeux que ces personnages qui se cherchent (comme tout le monde) et qui ne se trouve pas (comme beaucoup) : un film logorrhéique
Ai vu « Amour » le deuxième volet de la trilogie d’Oslo du réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud. « Amour » a exactement les mêmes qualités que « Rêves ». Un scénario littéraire particulièrement bien écrit et construit qui prend son temps, des personnages dont la psychologie est travaillée et complexe, une prose qui peut faire penser à Rohmer et Bergman, des acteurs absolument habités, tout en ayant les mêmes contraintes soit des questionnements autour de l’amour un été au coeur d’ Oslo. Le film s’ouvre sur une visite extérieure de l’hôtel de ville de la capitale dont les statues qui ornent son fronton louent les amours dans toutes leurs diversités. Marianne (Andrea Braein Hovig) est urologue et Tor (Tayo Cittadella Jacobsen absolument craquant et solaire) est infirmier dans le même service. Ils sont tous deux célibataires et sans enfant par choix. A l’hôpital ils s’occupent d’hommes désarmés à qui ils apprennent qu’ils ont un cancer de la prostate et dans la vie ils se font malmener par des rencontres masculines d’un soir et sans lendemain. Les deux collègues se retrouvent par hasard sur un ferry qui relie Oslo à un village maritime. Tor y drague des hommes qu’il repère sur Grindr et Marianne va à un rendez-vous arrangé par une amie avec un homme fraichement divorcé. Durant tout un été, Marianne et Tor profiteront des aller-retours en bateau pour échanger des confidences. Ce film mélancolique et plein d’espoir est très touchant par sa justesse et sa peinture très précise et délicate de solitudes qui vivent les unes à côtés des autres et qui ne demandent qu’à s’unir. Un peu comme la Carte du Tendre les personnages sont toujours en mouvement d’un lieu à l’autre (à travers la ville, sur mer, dans les couloirs de l’hôpital) pour y rencontrer le désir, la désillusion, l’attirance, la lâcheté, l’ennui… l’amour. Un très beau film sur la complexité des désordres sentimentaux.
L’honnêteté et la foi pour affronter le fatalités et les contradictions. Du vrai courage teinté de doutes et de lâcheté. Rien à voir mais cette générosité et cette spontanéité font tellement du bien après un Dupieux aussi cynique que méprisant.
Film encensé et pourtant, on peine à repérer une cohérence tout au moins au début. On retrouve des thèmes universels comme les difficultés à trouver l'amour si fragile et souvent fugace. Les personnages rencontrent des difficultés à faire des choix de vie. Nous devrions être plus authentiques dans notre approche des autres, accepter le lâcher prise et résister aux injonctions sociales qui nous contraignent dans une vie où le temps est compté.
Un film qui aborde de façon très réaliste et souvent émouvante l'amour, aussi bien homo qu'hétéro, la fidélité dans le couple, le sexe dans tous ses aspects, plaisir et désagréments de santé, sans jamais verser dans le sordide ou la vulgarité. C'est en plus une belle déclaration d'amour à la ville d'Oslo. Une belle réussite.
De la trilogie de Dag Johan Haugerud, Amour est pour moi le meilleur, opus et de loin.
Le film permet de suivre la trajectoire de personnages haut en couleur : Marianne, médecin célibataire, Tor, infirmier gay, Bjorn, papa récemment divorcé, et beaucoup d'autres.
Chacun est extrêmement attachant : Haugerud excelle à les filmer au plus près de leurs désirs, souvent très intenses, mais aussi décrits avec une grande finesse. J'ai souvent pensé au meilleur de Woody Allen, ou aux films les plus récents d'Emmanuel Mouret. Les conversations sont très crues quand elles portent sur le sexe, et contribuent à donner au film une teinte résolument moderne.
Un autre des points forts du film, c'est de prendre Oslo (et ses bateaux qui relient les différents quartiers) comme magnifique théâtre de l'action : rarement une ville aura été aussi bien filmée, notamment de nuit. La mise en scène est de ce point de vue d'une élégance rare.
J'ai été plusieurs fois ému, amusé, choqué, surpris par ce que proposait le film, riche en idées originales sur nombre de sujets : l'histoire, le sexe, l'amitié, la parentalité, la maladie, la mort, le plaisir, la vocation.
"Amour" assez bien noté par la critique, en compétition l'an dernier à la Mostra de Venise, est un drame romantique norvégien avec des qualités. Dag Johan Haugerud, en tant que réalisateur, offre aux spectateurs une histoire universelle et contemporaine qui explore la solitude, l'influence des applications de rencontres sur notre vie sentimentale, la confusion entre amour et sexualité dans nos rapports, l'éveil et la disparition du désir, ainsi que l'homosexualité. Bien que le film ne soit pas exempt de défauts, il parvient à susciter un certain intérêt à plusieurs reprises.
Ce volet est à mon sens beaucoup plus réussi que le précédent "Rêves". Le début est inquiétant quand on assiste à une longue description artistique des monuments d'Oslo et l'on se prépare à une version intellectuelle sans réel intérêt. Cependant, le film prend une tout autre épaisseur quand il s'intéresse au métier et à la vie sentimentale de deux collègues en milieu hospitalier. L'une, Marianne est célibataire sans enfants et elle dirige le service de cancérologie, l'autre, Tor est infirmier homosexuel qui multiplie les conquêtes au gré de ses traversées sur le ferry. Il est beaucoup question d'amour mais jamais de manière mièvre car la maladie y est abordée avec la perte de virilité qui peut en découler chez les hommes. C'est une une façon très touchante de montrer les interactions entre les êtres et les réflexions philosophiques qui en découlent. Un hymne à l'amour et à la vie de manière générale.
Mille et une façons d’aimer en un très beau récit choral, bien ancré dans la vie contemporaine, joliment orchestré et interprété, et surtout finement dialogué. On retrouve dans ce deuxième volet de la Trilogie d’Oslo le style du premier, Rêves : classique sur le plan formel, probablement moins cinématographique que littéraire, au sens où la dimension verbale y est conséquente, sans jamais cependant basculer dans la verbosité. Le film présente la grande qualité d’embrasser une certaine diversité et une certaine complexité des relations humaines, notamment en matière d’amours (le titre aurait pu prendre un “s” final), de désirs, de sexualités, via un propos toujours simple et juste. Choses remarquables : la délicatesse va de pair avec une expression sans ambages ; le classicisme n’exclut pas les angles originaux (on n’a jamais autant parlé de prostate au cinéma) ; et la nature humaine, malgré ses contradictions et ses tourments, y est toujours célébrée. Se déploie sur ce petit théâtre de confrontations, avec soi-même et avec les autres, un humanisme doux et chaleureux, placé sous le signe de l’écoute, du partage, de la compassion. Sans naïveté, sans moralisme. Il y a quelque chose d’intelligemment réconfortant dans ce cinéma-là. Et un regard qui, c’est étrange à dire, nous comprend.