Sur le thème de : comment vivre son adolescence et envisager l'avenir à Oulan-Bator, Un jeune chaman complète et se différencie du récent Si seulement je pouvais hiberner. Le premier film de Lkhagvadulam Purev-Ochir trace le portrait de Zé, lycéen de 17 ans, dans son activité très particulière de chamane, pour lequel il endosse la personnalité de "grand-père esprit" aux yeux des autres. Une double vie, symbole d'une Mongolie en pleine révolution, entre tradition et modernité, comme le veut le cliché, dans un pays où le nomadisme pastoral disparaît peu à peu au profit d'une sédentarisation périurbaine synonyme de précarité. Le long-métrage évoque l'éducation (rigoriste, voir une scène de classe saisissante), l'ostracisme, l'alcoolisme et l'exil, entre autres thèmes marquants. Le film laisse souvent le champ libre au spectateur, privilégiant les ellipses et les interprétations possibles, sans pour autant paraître nébuleux ou opaque, au gré d'un rythme lancinant qui fascine et emporte entre réalisme et onirisme. Ce ne sont pas les grands espaces qui sont montrés, avec une grande sensibilité, dans Un jeune chaman, mais bien les frontières des possibles pour une génération entière aux prises avec les injonctions d'une société et les incertitudes du futur.
On est d'accord, c'est faire preuve d'un peu trop d'égoïsme, mais, lorsqu'on va voir un film provenant d'un pays qu'on connaît mal, on apprécie la part d'exotisme et de dépaysement dont il peut faire preuve. Avec "Un jeune chaman", il faut reconnaître que, de ce point de vue là, on ne trouve pas son compte : mis à part le chamanisme, guère pratiqué dans l'hexagone, et l'habitat dans des yourtes, on voit surtout des élèves qui chahutent au lycée, des centres commerciaux très modernes, et, non pas une, mais ... deux scènes de trémoussage. Au début, bon élève et sérieux dans son comportement, l'évolution du jeune chaman, du fait de l'amour qu'il ressent pour une de ses "patientes", n'est pas inintéressante mais elle est traitée de façon maladroite et elle se termine par ce qui ressemble fort à un retour à la case départ. L'intérêt de ce film est donc inférieur à celui de "Si seulement je pouvais hiberner", autre film mongol sorti récemment, dont le côté social était plus présent. Sinon, ces films souffrent tous les deux d'une trop grande nonchalance dans la réalisation.
La Mongolie est un pays aux paysages merveilleux, et dont le cinéma peut offrir de vrais coups de cœur. Pour ce drame, on se penche sur un jeune chaman de tout juste 17 printemps. Un aspect spirituel qui aura une grande importance dans le développement du personnage. Alors qu'au départ, on voit cette activité comme assez folklorique, le regard évolue. Plus son premier amour prend forme, moins il sera connecté aux esprits. Comme beaucoup de jeunes, la fougue de l'amour lui fait perdre la raison. Il est alors important pour lui de comprendre que les sentiments sont volatiles et ne doivent pas lui faire perdre le cap. Pour son premier rôle au cinéma, Tergel Bold-Erdene est très convaincant. Sa relation avec Nomin-Erdene Ariunbyamba est adorable. Dommage tout de même que l'aspect culturel chamanique ne soit pas plus exploré, car cela aurait pu être très instructif.
Zé a dix-sept ans. Élève modèle de son lycée, il accepte parfois d'enfiler le costume traditionnel de chaman et de se faire le porte-parole des esprits pour porter secours aux proches qui le sollicitent. Mais lorsqu'il tombe amoureux de Maralaa, il sent ses dons divinatoires l'abandonner. Entre son amour et sa vocation, il devra choisir.
Pour qui a vu "Si seulement je pouvais hiberner", "Un jeune chaman" a des airs de suite ou de redite. Mêmes paysages (les faubourgs d'Oulan Bator, la capitale de la Mongolie, battue par un vent glacial), mêmes personnages (une famille de paysans désargentés récemment déracinés à la ville) et même histoire (la sortie de l'enfance d'un adolescent trop sage).
Si l'on met de côté sa ressemblance avec le précédent film mongol sorti en France en janvier dernier, "Un jeune chaman" souffre de deux défauts. Le premier est l'inexpressivité, pour ne pas dire l'amateurisme de son acteur principal, que ne compense pas sa beauté marmoréenne dont l'affiche donne un aperçu. Le second est son scénario à l'enjeu binaire. Pour autant, Un jeune chaman n'est pas sans charme, le principal étant justement son exotisme : on ne voit pas si souvent ces paysages-là, ces physionomies-là, on n'entend pas si souvent cette langue-là, mélange étonnant de turc et de coréen, qu'on puisse s'en lasser.
Quelques mois après la sortie de « Si seulement je pouvais hiberner » de De Zoljargal Purevdash, le cinéma mongol revient sur le déchirement qu’éprouve le pays face à l’abandon possible de ses valeurs traditionnelles. Elle sont cette fois bien marquées dans le film de Lkhagvadulam Purev-Ochir, à travers l’existence d’un jeune chaman qui vient à douter de sa pratique. C’est en quelque sorte défier ses ancêtres, et se tourner vers un monde nouveau. Si l’amour n’est pas étranger à cette faillite intellectuelle, la perte progressive et générale des repères de la société phagocyte le système ancestral, déjà bien fragilisé. Le réalisateur ne fait pas mystère de cette fracture historique de son pays, du tiraillement de cette jeunesse arc-boutée encore un temps aux valeurs traditionnelles . Même dans son lycée, Zé le plus doué, dévisse tranquillement, chahute, conteste. Les examens paraissent secondaires, la vie est ailleurs … Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
« Tradition et/ou modernité» Des dons de chamanisme à l’épreuve de l’adolescence, avec ses émois et les réseaux sociaux. On plonge dans Oulan-Bator pour ce dilemme d’un jeune chaman mongol pratiquant son don au service des autres tout en voulant vivre sa vie d’homme en devenir…j'aurais aimé le côté chaman plus creusé, mais l'ensemble est une belle histoire bien interprétée.
Dans son premier long métrage qu’elle a réalisé et scénarisé, cette jeune réalisatrice mongole a très bien su restituer la double vie difficile de ce jeune chaman de 17 ans partagé entre sa mission chamanique et sa propre vie d’ado dans son environnement social et amoureux qu’il tente d’assumer tant bien que mal. Ce film très attachant nous fait aussi découvrir les beaux paysages de la Mongolie et ses mœurs.
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3,0
Publiée le 24 janvier 2025
Zé est un adolescent modèle qui a un brillant avenir devant lui même s'il ne sait pas exactement ce qu'il veut faire. Il y a les études, mais aussi son rôle de chaman dans sa communauté. Un équilibre difficile à trouver entre son héritage culturel et les opportunités qui s'offrent à lui dans une capitale en plein changement. Et au milieu de tout ça, il y a Maralaa, qui va bouleverser son monde. Que l'on soit en Mongolie ou ailleurs, l'adolescence est une période qui ne change donc pas beaucoup d'un pays à l'autre. Au-delà de son cadre très original, même si les films mongols sont de plus en plus nombreux, Lkhagvadulam Purev-Ochir présente un récit de passage à l'âge adulte très classique, mais agréable grâce au charme naturel des deux principaux acteurs. Entre modernité et tradition, et entre spiritualité et consumérisme, tout semble possible pour Zé, et même si c'est une très petite ouverture sur ce qui s'offre à lui, ces nouvelles expériences sont plaisantes à suivre au même titre que le film.
Un portrait attachant d'une jeunesse écartelée entre tradition et modernité, contraintes communautaires et désir d'affirmation de soi. Le récit est mené avec un ton juste, sans didactisme, et le jeune acteur est convaincant.
Ce premier long métrage d’une jeune cinéaste mongole dresse le portrait d’une jeunesse tiraillée entre modernité et tradition ; mais aussi d’une jeunesse née de l’exode rurale sur les épaules de laquelle repose la réussite de tout un pays. Au centre du débat, un jeune chaman s’éprend d’une jeune fille, ils sont amoureux et le jeune homme voit tous ses repères bouleversés. Près de 20 ans se sont écoulés depuis les films made in Mongolie montrant la ruralité faisant face à la montée de l’attraction des villes. Dans les films actuels, on voie tous les écueils de cet exode rural, car ils se déroulent dans la tentaculaire capitale. Ce film est tourné dans les mêmes quartiers pauvres d’Oulan Bator que « Si seulement je pouvais hiberner » ; des bidons villes de yourtes et de baraques en tôles sous un climat glacial. Dans ces favelas, la jeunesse s’invente un avenir tourné vers un retour dans les steppes, ou plus loin en Corée du Sud, dans un pays riche, ou vers plus de spiritualité. On y voie une jeunesse guère différente de la nôtre ; le même désir de vivre, mais imprégné aussi d’un besoin de survie. Ce film reste assez linéaire, sans trop de surprise. Il s’étiole en avançant ; on finit par trouver le temps un peu long. Pour les amateurs de cinéma du monde. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
une œuvre à hauteur d'homme, sur les affres de l'amour face à la spiritualité d'un jeune garçon en plein questionnement. Sans être surprenant, le film fonctionne et offre un portrait attachant, porté par un acteur à suivre
"Un jeune chaman", où comment une rencontre amoureuse va faire vaciller les convictions d'un jeune homme. Passé quasiment inaperçu en salles (car peu distribué), ce film mongol montre à travers le personnage de Zé, 17 ans et chaman de son village le changement de perception des sens au contact de l'être aimé. La rudesse de la vie à Oulan Bator (le climat, la pauvreté ou l'alcoolisme) contribuent à voir en ce jeune homme un soutien sous forme de messie. Les croyances mystiques sont abordées mais c'est avant tout le récit d'une magnifique romance teintée de poésie. Par contre l'opposition entre les classes sociales en Mongolie n'est que trop peu effleurée.
Deuxième film mongol que je vois cette année, c est tellement rare que cela mérite d etre souligné. Le premier " si seulement je pouvais hiberner" nous découvrions grâce à cette famille de paysans venu s installer à oulan bator les difficultés, la pauvreté qui existe dans la société mongol. Dans ce film " un jeune chaman" on comprend le désarroi d une jeunesse empreint de modernisme et a la fois éduqué dans des traditions ancestrales. C est ce qui arrive à un jeune homme qui étudie au lycée mais qui en parallèle pratique le chamanisme pour guérir les gens ou leur révéler leur avenir. On ressent un décalage lorsque il est au lycée car ses amis sont t tout le contraire il renie peu à peu les traditions et donc on comprend la solitude du jeune homme. Mais la rencontre d une jeune fille va faire voler en éclats ses certitudes et surtout ses croyances. Un petit film émouvant que je trouve meilleur que le précédent film mongol. On reste très attaché au couple du film. Une bien belle promesse.
Les extraits de la bande-annonce assimilent ce film à la nouvelle vague chinoise qu'on connaît depuis plusieurs années. Mais on est loin des ambiances de Hu Bo ou Bi Gan. La Mongolie a son identité propre, ses paysages, qui ressemblent à un étrange mix entre Europe de l'est et Empire du milieu. Le film n'a pas la force des grandes œuvres asiatiques de ces derniers temps. Il s'agit d'une bonne chronique de l'adolescence dans un pays lointain. Deux aspects retiennent particulièrement l'attention. D'une part, l'idée de l'adolescence comme basculement, comme moment où la vie peut totalement se retourner. Cet aspect est rarement évoqué au cinéma d'une façon aussi réaliste et pessimiste. L'autre aspect est la mutation d'une Mongolie qui entre dans la mondialisation. La généralisation des portables, des réseaux sociaux, des centres commerciaux coupent cette jeunesse des usages du passé et des traditions. Mille détails montrent cela dans le film, selon une perspective assez pessimiste également car la société mongole semble être en train d'exploser.