Comédie coécrite et réalisée par Jonah Hill, Chantage est un film nullissime. L'histoire nous fait suivre Reef Hawk, une star hollywoodienne aujourd'hui déchue, sobre depuis cinq ans, qui a mis sa carrière entre parenthèses pour construire sa nouvelle maison. Mais, un jour, il reçoit un appel de son avocat lui révélant qu'il est victime de chantage, à l'aide d'une vidéo compromettante. C'est alors que Reef entreprend de se racheter auprès de ceux qu'il a lésés par le passé, entouré de ses amis de longue date Kyle et Xander, avec qui il va tenter de démasquer le maître chanteur. Ce scénario s'avère particulièrement soporifique à visionner tout du long de sa durée d'une heure et quart. Une durée relative qui paraît interminable tant il ne se passe rien. En effet, l'intrigue est la définition même du vide. Il n'y a aucune action, aucune tension, simplement du blabla inintéressant au possible enchaînant les références et le name dropping pour masquer la vacuité des paroles prononcées. Son sujet, qui est une réflexion sur la célébrité et l'image renvoyée, est pourtant intéressant et il y avait matière à faire quelque chose de pertinent, mais il n'en est rien. On assiste à une succession de scènes durant lesquelles l'acteur va demander pardon, sans véritablement creuser la thématique, se contentant d'empiler les références et imposer son idéologie progressiste pourtant dépassée. Le récit pense être dans son époque alors qu'il est déjà has-been dans sa morale. Il en va de même concernant le ton avec cet humour faussement subversif et dénonciateur qui est en réalité très consensuel. Ce n'est jamais drôle, au contraire, c'est lourd et pathétique. L'ensemble est porté par des personnages stéréotypés totalement insipides. Des rôles pourtant interprétés par une distribution comportant de beaux noms comme Keanu Reeves, Jonah Hill, Cameron Diaz, Matt Bomer, Susan Lucci, Laverne Cox, David Spade, Drew Barrymore et le légendaire Martin Scorsese, dont on se demande bien ce qu'il est venu faire dans ce bourbier. Mais tous ces comédiens n'ont rien à défendre et leurs prestations sont donc oubliables. D'autant plus que ces individus entretiennent des rapports indigestes qui ne sont aucunement drôles. Au contraire, on dirait presque que le film cherche plus à toucher via ses quelques passages se voulant sincères mais qui sont juste ennuyeux. De plus, ils sont soutenus par des dialogues fleuves, souvent vulgaires, très vite lassants et usants tant il n'en ressort que du néant. Et cette façon de s'exprimer comme des jeunes alors que les acteurs ont tous entre quarante et plus de quatre-vingts ans est franchement ridicule. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain est d'une pauvreté sans nom. Sa mise en scène se contente du strict minimum en se limitant presque uniquement à des champs-contrechamps. Il n'y a aucune idée et aucun effort de fait. Toutes les discussions sont statiques. Il n'y a aucune vie. Il en va de même concernant les décors qui sont fades et impersonnels. Même la photographie fait superficielle. Ce visuel quelconque est accompagné par une bande originale complètement anecdotique tant elle est absente et les compositions n'ont aucun impact sur les images. Reste une fin du même acabit que le reste de la narration, venant ainsi mettre un terme à Chantage qui, en conclusion, est un long-métrage d'une médiocrité n'ayant d'égal que son inutilité.