Film de procès comique, réalisé par Laetitia Dosch, qui fait là ses premiers pas derrière la caméra, Le Procès Du Chien est un long-métrage vraiment pas terrible. L'histoire nous fait suivre Avril Lucciani, une avocate des causes désespérées, ce qui déplaît à son patron qui la voit perdre tous ses procès. Mais, lorsque Dariuch, un marginal, lui demande de défendre son chien Cosmos, qui a mordu trois personnes et défiguré la dernière victime, l'avocate accepte. Elle persuade alors le juge que le chien n'est pas un objet, comme le défini la loi, mais qu'il a droit à un procès. Débute alors le premier procès d'un chien depuis le Moyen Âge. Ce scénario, inspiré d'une histoire vraie, s'avère malheureusement peu intéréssant à visionner pendant toute sa courte durée d'une heure et quart. Pourtant, l'enjeu est grand puisque l'accusé risque l'euthanasie. Mais la façon dont est montée l'intrigue a du mal à prendre à cause d'un manque de budget flagrant donnant l'impression d'être au mieux devant un téléfilm. C'est d'une pauvreté sans nom à tous les niveaux. Résultat, la confrontation dans la salle d'audience entre les deux parties n'a rien de palpitant. D'autant plus que le récit tente de traiter également d'autres thématiques dans l'air du temps comme le harcèlement, la violence ou encore la place de la femme. Mais tous ces sujets sont juste survolés, donnant ainsi l'impression qu'ils sont juste effleurés par idéologie mais sans aucun fond. Aucune scène ne parvient à se démarquer et l'humour ne fonctionne pas. Si celui-ci décroche quelques rares sourires, on est vraiment loin d'une comédie véritablement drôle. L'ensemble est porté par des personnages peu attachants hormis le canidé. Des rôles joués de façon plus ou moins convaincants, à commencer par Laeticia Dosch dont on ressent qu'elle aime se mettre en avant mais qui ne convainc pas dans ce rôle d'avocate à cause d'un manque d'éloquence frappant. Seul François Damiens parvient à faire rire à la faveur de son apparence extravagante. Jean-Pascal Zadi et Anne Dorval s'en sortent également plutôt bien. À noter également les rôles tenus par Anabela Moreira et Pierre Deladonchamps. Mais la véritable tête d'affiche c'est bien Kodi, alias Cosmos, un griffon croisé adorable. Tous ces individus entretiennent des rapports se voulant amusant, mais qui ne font pas mouche, notamment à cause de dialogues aucunement inspirés. Sur la forme, la réalisation de la cinéaste française en herbe est tout bonnement catastrophique. Sa mise en scène est tout simplement inexistante. C'est d'une pauvreté visuelle sans nom. On ressent à travers les lieux que le budget a du être famélique, alors que le film a été tourné à Lausanne, en Suisse. Ce visuel cruellement vide est accompagné par une . tout aussi insipide et anecdotique. Reste une fin à la délibération inattendue, venant totalement faire changer le film de registre. En conclusion, Le Procès Du Chien est un long-métrage sur lequel on peut aisément faire l'impasse tant ses qualités sont plus que limitées.