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BabsyDriver
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2,5
Publiée le 16 août 2025
Je suis au regret de me montrer sceptique devant ce Weapons qui confirme Barbarian : un bon argument fantastique et un sens de la mise en scène de la terreur ruinés par des ruptures narratives malheureuses et un sarcasme inopiné. C'est assez logique que Jordan Peele se reconnaisse en Zach Cregger, tous deux ayant les mêmes qualités et le même défaut de se prendre un petit peu trop au sérieux.
J’aurais tellement avoir aimé ce film mais je me suis vraiment ennuyée. L’idée de départ était pourtant très prometteuse mais elle se perd dans le découpage du film. Grosse déception
Weapons ne sait sur quel pied danser, emprunte son surréalisme à Nope (Jordan Peele, 2022) et ses déplacements mécaniques à Get Out (2017), son spoiler: ogre dévoreur d’enfants à It (Andrés Muschietti, 2017 puis 2019) ou à The Visit (M. Night Shyamalan, 2015), déconstruit artificiellement son récit par un chapitrage qui produit l’effet désagréable de revoir une même scène sous différents angles – voir sous le même – que le montage laisse durer en fonction de ce qu’il faut ou non montrer, et quand il le faut. Zach Cregger a perdu la simplicité de Barbarian (2022), s’égare en voulant nous égarer, sursignifie son geste pour que chaque plan soit une pièce d’un vaste puzzle à terme assemblé et accompagné de sa notice d’utilisation (et de la garantie). Sans oublier l’inénarrable voix off en ouverture et clausule… Quel dommage, d’autant plus que l’idée remarquable de traiter spoiler: des violences intrafamiliales tout à la fois par l’inversion, puisque spoiler: la victime ne manque pas au sein de la classe mais demeure le seul élève présent (invisibilisation des autres) , et par le truchement de différents protagonistes en contact avec lui et incarnant un corps de métier ou une fonction spécifiques (l’enseignante, le directeur d’école, le policier, le parent d’élève), trouvait dans le film de genre et le conte une métaphore puissante et actuelle.
Nous avons droit à une structure à la Rashomon c'est à dire une histoire racontée sous différents points de vues (chapitre 1: Didier, chapitre 2: Jessica).... La comparaison s'arrête là, car tandis que le cinéaste japonais utilisait cet effet pour poser la question de la subjectivité de chacun (il n'y a pas de Vérité mais plusieurs vérités), ici dans Evanouis rien n'est jamais remis en question. Les faits se passent tels que le film les montrent sans deuxième lecture. Ce qui aurait pu être une enquête passionnante se transforme en démonstration: le sanglant, les états d'âmes de chacun, les plans chocs.
Le film ne peut que montrer au lieu de suggérer notamment avec un plan grotesque montrant une arme automatique sous forme de brouillard au dessus d'une maison (allusion au titre du film bien sûr).
Entre Babel et l'Exorciste, mais à des années lumières.
Après Barbarian qui avait un excellent début et un fin un peu convenue et décevante, Zach Cregger enchaîne avec Evanouis qui est également très bon dans sa première partie et qui perd un peu son charme sur la fin, au fur et à mesure que l'on comprend ce qui se passe. Le jour où il arrivera à maintenir le suspens et la tension jusqu'au bout, il fera un grand film. Mais pour ça il faut réussir à ne pas trop en révéler, qu'on reste dans le mystère, sans que ça semble forcé.
Mais comme pour Barbarian j'aime cette manière qu'à le film de devenir de plus en plus étrange, bizarre, on on ne sait jamais ce que l'on va voir. On est vraiment pris dans l'intrigue, dans ce mystère qui s'épaissit. On note aussi que dans les deux films on enchaîne les points de vue de plusieurs personnages, ce qui aide le mystère à grandir jusqu'au moment où on comprend et là tout de suite ça devient plus banal et classique... avec des séquences un peu convenues.
C'est dommage. Alors la différence de qualité entre le début et la fin est moins rude que dans Barbarian, mais quand même...
Après le film garde quelques qualités, notamment dans le montage, où même en remontrant la séquence d'un autre point de vue, avec un autre personnage, Cregger arrive à ne pas être redondant, il sait quand couper pour maintenir le rythme pendant plus de 2h. Ce qui est déjà pas mal. J'apprécie également l'écriture des personnages, notamment la relation entre la prof et le père joué par Josh Brolin qui évolue radicalement mais de manière cohérente. On a des moments qui flirtent avec la comédie horrifique, où on ose pousser le concept jusqu'à l'absurde (des ennemis qui attaquent Josh Brolin en boucle), ça permet des ruptures de ton bienvenues...
Peut-être que mon regret c'est que la séquence de réunion publique ne soit pas plus longue, une séquence à la RMN avec 40min de lynchage publique de la prof parce que les parents ne savent pas expliquer la disparation de leurs enfants, ça aurait été un geste esthétique radical.
Bref malgré la fin un peu convenue, on est sur un film qui arrive à construire son mystère, à intriguer de plus de plus et qui ne lâche jamais son spectateur. Sympa.
Le film semble plaire, je m'y suis pas retrouvé. J'aime bien la 1ere heure, il y a un mystère qui se distille, l'ambiance de cette petite ville américaine rappelle les meilleurs heures de Carpenter. Les personnages sont singuliers, touchants et un peu borderline. Mon problème, c'est l'apparition du surnaturel que je trouve maladroit c'est un peu trop pour mon esprit cartesien, le genre horreur n'est pas ma tasse de thé, habituellement et ce film ne me reconciliera pas
Le synopsis du film est bien fait : on n'imagine pas avec quoi on va être confronté pendant plus de deux heures. Ces disparitions pourraient être le fait d'un mass killer, d'extraterrestres, d'un basculement dans une autre dimension...
Cependant, quand ce synopsis dit "la ville entière" cherche, en fait c'est une petite poignée de personnages qui cherchent. Mais c'est cette poignée qui fait l'intérêt du film (plus que l'histoire proprement dite). On cherche en effet à comprendre ce qui se passe une demi douzaine de fois, et l'on finit par comprendre. C'est une belle réalisation, impeccable : on est retenu jusqu'au bout.
Évidemment, quand on dit "comprendre", c'est en supposant que vous acceptiez, ou imaginiez, l'existence d'un monde autre, et de procédures permettant d'entrer en relation avec lui. Dans un cas comme dans l'autre, l'intrigue est bien entretenue, on fait naître la crainte, on finit par être effaré, effaré de comprendre, voire écœuré à la toute fin. C'est pourquoi ce n'est pas un film à mettre sous tous les yeux (ça peut être perturbant, voire traumatisant).
Côté scénario, ce film glace le sang comme Blair Witch Project (1999). On (re)découvre, côté actuation, Amy Madigan (épouse de Ed Harris) qui joue une tante Gladys phénoménalement mémorable. Et côté sémantique, tout comme le directeur du collège, on découvre "la consomption" (amaigrissement et dépérissement dans une maladie grave et prolongée)...
Juste un problème : la voix off de la fillette (en VF) est une souffrance (on se croirait dans une pub de Basic-Fit pour un sac de sport). On la croyait partie depuis l'intro, mais non, elle revient pour conclure, et nous énerver.
Il y a des films qu’on n’avait absolument pas prévu de voir, mais dont le pitch finit par nous accrocher. Et parfois, le résultat, c’est une claque monumentale en pleine tronche. Weapons (ou Évanouis si vous préférez ce titre français complètement raté) fait clairement partie de cette catégorie.
Et pourtant, ce n’était pas gagné. La première partie m’a laissé plutôt dubitatif, aussi bien par sa structure que par les mystères qu’elle installe. Mais au final, tout s’imbrique à la perfection : les pièces du puzzle s’assemblent, tout devient limpide, et scénaristiquement, c’est une vraie pépite. Même son climax, qui divise pas mal de spectateurs, ne m’a pas dérangé. Bien au contraire : il m’a embarqué jusqu’au bout.
Sur la forme, c’est tout aussi brillant : une mise en scène maîtrisée de bout en bout, servie par des acteurs impeccables.
Bref, une énorme surprise. Un film de genre comme on en voit trop peu, avec des jumpscares à la fois efficaces et malins, et une intrigue ciselée avec soin. Zach Cregger est un réalisateur que je vais suivre de très près.
Ce « petit » film, en termes de budget, manque un peu de rythme mais ses différentes parties s’assemblant comme un puzzle, grâce à un procédé de réalisation déjà vu dans « Angles d’attaque » (Vantage Point, 2008), maintiennent le spectateur concentré jusqu’à la « révélation ». Un bon moment à passer autour d’une histoire originale et maîtrisée en termes de mise en scène. Le titre français est une facette du film, le titre original une autre. Lequel est le meilleur ? A vous de juger…
D'une tension constante, laissant sourdre une menace nébuleuse, la réalisation intègre habilement quelques jump scares qui servent la narration, à l'image d'une construction chronologique à rebours, suivant divers personnages qui se retrouveront dans les séquences finales, gardant ainsi un suspense totale sur les survivants ainsi que sur la résolution (car il faut souligner cette rareté que la raison des évanouissements une fois révélée n'enlève rien à la nervosité ambiante!). Ainsi, outre un scénario solide, ce drame horrifique se distingue par des protagonistes évitant tout manichéisme (père avivant la compassion jusque'à ce que l'on connaisse son fils ou enseignante manifestement innocente et impliquée se comportant mal avec un ancien amant), des dialogues discrets (hormis la voix off introductrice dont l'intérêt se manifestera surtout par un dénouement acide) et un bel équilibre des genres. Du bel ouvrage original!
Longtemps on ne saura pas le fin mot de l’histoire mystérieuse… Le chapitre final est en soi un mini-film autosuffisant qui glorifiera le genre. Et le héros se révèlera ! Les flash-backs sont astucieux et dévoilent le puzzle pièce par pièce, selon les différents points de vue des personnages. Evidemment que la tante Gladys est un personnage un peu « perché » ce qui permettra d’évacuer les facilités scénaristiques (notamment la médiocrité des policiers en charge de l’affaire). BROLIN est à l’aise, sans en faire trop et notre gentille fluette professeur ne s’en laisse pas compter. Thriller horrifique bien mené...
Après une première demi-heure assez mystérieuse et plutôt réussie, le réalisateur du très bon « Barbare » se prend les pieds dans le tapis.
En effet il s’éloigne de l’histoire et de son intrigue pour nous concocter un fastidieux exercice de style consistant à tourner 2 fois la même scène mais chaque fois vue à travers les yeux d’un autre protagoniste. Le procédé redondant devient rapidement casse-pied comme chez d’autres metteurs en scène cette manie de nous infliger d’interminables plans-séquences. Du coup la forme prend le pas sur le fond. Puis dans une 2eme phase le film tourne à la mascarade grotesque voire au Grand-guignolesque et là où l’on aurait dû trembler d’effroi on éclate de rire et l’on ricane devant tant de maladresses… Alors médusés on assiste à un sabordement en bonne et due forme…
Autant dans « Barbare » Zach Cregger maitrisait son film de bout en bout autant ici il perd très vite pied avant de que le contrôle de son film ne lui échappe totalement.
En cela il me rappelle les errements d’un certain « Night Shyamalan » avec notamment son « Phénomènes ». C’est une bien étrange malédiction qui semble frapper certains réalisateurs pourtant doués.
« Évanouis » n’est pas qu’un film d’horreur : c’est une expérience sensorielle et psychologique qui nous prend à la gorge et ne nous lâche plus. D’une intensité graduelle parfaitement maîtrisée, le récit agit comme une symphonie macabre où chaque scène monte en tension avec la précision d’un chef d’orchestre.
Ce qui nous a le plus frappés, c’est cette manière subtile et brutale à la fois de mettre en lumière les instincts les plus primitifs de l’être humain : le besoin de contrôle, le désir de punir, de blesser, de se venger. Cette idée dérangeante (qu’au fond, tout le monde a pu fantasmer, consciemment ou non, de « prendre possession » de quelqu’un) est explorée ici avec une audace rare.
La violence, omniprésente, n’est jamais gratuite : elle est esthétique, presque chorégraphiée, et sert un propos plus large. On ressort chamboulés, sonnés, et fascinés.
Un film qui ne cherche pas à plaire, mais à marquer. Et c’est exactement ce qu’il réussit à faire. Magistral !
Ce film est un ovni. Ne vous attendez pas à voir un film d'horreur. Ne vous attendez pas a voir un thriller. Ne vous attendez pas a voir une parodie du film d'horreur. Ce film est tout ça en même temps. Il ne peut se ranger dans une catégorie. J'ai frissonné, j'ai ri, j'étais intrigué et le scénario m'a captivé. Ne vous attendez a rien et vous ne serez pas déçu. Une réussite !