Plutôt bien ficelé
Avec Sting, le cinéma d’horreur australien prouve qu’il sait jouer la carte du fun sans sacrifier le propos. Derrière ce pitch de série B (une ado recueille une petite araignée extraterrestre qui grossit un peu trop vite), le réalisateur Kiah Roache-Turner qui n'en est pas à son coup d'essai, tisse un film plutôt malin et bien senti.
Dès l’introduction, le ton est donné : une grand-mère un peu sénile, des bruits suspects dans les conduits, un immeuble qui grince. Et déjà, un petit tour de passe-passe sympathique dans l’écriture saute aux yeux : la fragilité du troisième âge devient un alibi parfait et drôle pour que la menace reste confinée. Et sous couvert d'un petit film de monstre piquant et parsemé de morts, Sting va se découvrir aussi comme une chronique familiale.
Les personnages, bien que visiblement écrits pour faire avancer le récit, sont tous à leur place. La jeune héroïne, un peu paumée, trouve dans sa bestiole mutante un exutoire à son propre mal-être. Plus l’araignée grandit, plus la rancune et la solitude s’accroissent — une métaphore simple, mais efficace. Et quand la créature commence à reproduire les cris de ses déjeuners, aussi improbable que cela puisse paraître, ça ouvre des possibilités appréciables en terme de prédation.
Le film reste généreux : du gore, des sursauts bien placés, un soupçon d’humour, et une mise en scène nerveuse sans jamais devenir hystérique. Certes, on est loin du déchaînement de Vermines, mais Sting réussit son équilibre entre tension et drame. On sursaute, on rit, on grimace et quoi de mieux pour faire passer le temps.
Malheureusement, le final retrouve les conventions et il se veut un peu trop clément avec ses héros quand les premières victimes n'avaient vraiment aucune chance. Mais rien de rédhibitoire.
Sting est donc un petit film bien ficelé, rusé et sincère, qui prouve qu’on peut encore faire frissonner sans en faire des tonnes. Ni révolutionnaire, ni nanar : juste un bon moment de cinéma de genre, au croisement entre cauchemar domestique et conte cruel.