Film avec une très bonne critique visiblement, j’avoue avoir du mal à comprendre car je l’ai trouvé très moyen. Pour ma part, qu’on félicite le casting, je dis oui. Les acteurs sont tous très bien castés dans leurs rôles respectifs, l’alchimie entre eux fonctionne bien, avec une mention spéciale pour Noiret, évidemment tout indiqué en bourru montagnard aimant la bonne bouffe et les cigares. De ce point de vue rien à redire, c’est très bien.
Par contre désolé, mais c’est quoi ce scénario ? Pour ma part l’idée est intéressante, celle de créer un pseudo suspense sur la folie avérée ou non du personnage de Trintignant. C’était une excellente idée même qui aurait fait le sel d’un suspense tendu, d’un mystère étouffant, si bien entendu il avait existé ! Car le film, en effet, dézingue son suspense à peu près à la quinzième minute avec une seule petite réplique banale. Cette seule réplique prononcée par un personnage complètement lambda dans l’histoire ruine tout simplement tout le suspense que le film va tenter désespérement de nous amener dans le reste du film. Comme il veut nous donner du suspense, il se concentre sur son trio de personnages, essaye de créer une relation entre eux avec un sentiment d’attraction et de menace tout à la fois, et de fait, il esquive complètement l’action. Moi je dis pourquoi pas, mais quand on adopte un rythme lent (rien que le générique pose le ton !), quasiment sans action, faut de la tension, et comme celle-ci a été dégoupillée presque dès le début, ben c’est long ! Le final a de l’allure, il est comme ceux que j’apprécie d’ordinaire, mais bon, c’est le genre de fin qui est plus sympa quand tu ne l’attends pas depuis 1 heure 35 ! A noter aussi des trucs assez incohérents visiblement faits pour rallonger le film artificiellement (je parlerai juste d’une histoire de pneus invraisemblable).
Reste heureusement de beaux décors, notamment ceux de la « bergerie » qui est plus un château, une ambiance assez pesante, notamment dans la partie montagnarde du film et une réalisation plutôt élégante signée d’un Robert Enrico qui adopte les plans longs, lents, et qui sans doper le rythme du métrage apporte une certaine gravité et poésie au métrage. Quant à la bande son, quoique signée Ennio Morricone, elle ne va pas rester dans les annales.
Très sincèrement, je vois une super note pour ce film et je me demande si c’est réel. Ce métrage n’est pas atroce, mais c’est un film très mineur, doté à n’en pas douter d’un beau potentiel, mais au final sans action, sans suspense, parfois incohérent qui s’appuie quasi-exclusivement sur son trio d’acteurs pour convaincre et sur une certaine opulence du cadre et des moyens techniques. C’est insuffisant pour moi. 2.