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Chris Tof
25 critiques
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4,0
Publiée le 3 août 2026
Valéry Carnoy signe un premier long métrage sensible et maîtrisé, qui utilise le monde de la boxe pour raconter bien plus qu’une simple histoire de sport. Ce drame belge plonge dans le quotidien d’un jeune athlète confronté à un événement qui bouleverse ses certitudes et ses liens avec les autres. La mise en scène privilégie une approche intime, au plus près des corps et des émotions, avec une caméra qui capte aussi bien la tension des entraînements que les fragilités des personnages. Le scénario avance avec finesse, évitant les clichés du film sportif pour explorer la reconstruction, l’amitié et la difficulté à trouver sa place. Les acteurs livrent des interprétations naturelles et habitées, portées par une belle justesse dans les silences et les regards. La photographie sobre, le travail sonore immersif et un montage précis renforcent l’atmosphère du film, même si quelques passages peuvent sembler plus contemplatifs. Malgré un rythme parfois lent, l’ensemble conserve une vraie force émotionnelle. Une œuvre délicate et prometteuse, recommandée aux spectateurs en quête d’un cinéma humain, authentique et profondément touchant.
À ranger à côté de « The Wrestler » de Darren Aronofsky (2009), pour son portrait d’un corps sacrifié et d’un homme confronté à ses propres limites pour une passion dévorante.
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3,0
Publiée le 16 juillet 2026
« Les gens ne m'aiment que pour ça. » On dit que ce qui ne te tue pas te rend plus fort, mais ce n'est pas le cas pour Camille. Après avoir frôlé la mort, ce jeune boxeur prometteur n'est plus lui-même. Il a perdu tout ce qui le représentait aux yeux des autres. Une perte d'identité qui lui donne l'occasion d'être celui qu'il veut être, même si ce n'est pas facile à cause de son environnement. L'entourage toxique devient un handicap au même titre que cette douleur inexplicable. Tout est lié dans ce drame sur la santé mentale où le physique et le psychique ne font plus qu'un. Valery Carnoy abuse parfois de cette métaphore qui nous accompagne tout au long, alors que l'histoire demande plus de simplicité et surtout d'humanité. Même si c'est le sujet du film, j'aurais aimé que les personnages se découvrent un peu plus. Au final, « La Danse des renards » manque un peu d'émotion et de brutalité, mais l'ensemble est pas mal.
"La Danse des renards" se déroule dans un internat sportif. Le réalisateur construit un récit d'apprentissage qui oscille entre drame psychologique et chronique adolescente, où la souffrance physique devient progressivement le reflet d'un mal-être plus profond. Camille est un jeune prodige de la boxe promis à un brillant avenir. Mais après avoir échappé de peu à un accident grâce à son meilleur ami Matteo, une douleur persistante s'installe jusqu'à remettre en cause toute son identité de sportif. Le film repose en grande partie sur la prestation de Samuel Kircher, un jeune comédien prometteur. Déjà remarquable dans "L'Été dernier", il confirme ici sa capacité à faire exister un personnage par de simples regards et une grande intériorité. À ne pas confondre avec son frère Paul Kircher, révélé notamment dans "Le Lycéen", "Le Règne animal" et "Leurs Enfants après eux". La photographie soignée et l'atmosphère mélancolique accompagnent parfaitement ce récit où la performance sportive passe progressivement au second plan. Pour autant, "La Danse des renards" peine parfois à pleinement exploiter son sujet. Son rythme contemplatif finit par étirer certaines séquences et le scénario semble hésiter entre plusieurs directions, sans toujours approfondir les enjeux psychologiques ou la relation entre Camille et Matteo.
Petit coup de cœur pour ce premier film belge aussi singulier que réussi. Pourtant, Valéry Carnoy pose le décor de son film dans un milieu à priori déjà vu sous bien des angles : celui de la boxe. En effet, les œuvres sur ce sport – et ceux de combats en général – sont légion, de l’immense « Warrior » à la saga « Rocky ». Cependant, il en bouge les lignes de manière significative en le positionnant dans un internat sportif, un lieu où s’entraînent des jeunes pour des compétitions. Le script, plus proche du récit d’apprentissage anxiogène, ne prend d’ailleurs cette discipline que comme un contexte qui va catalyser une suite de problèmes suite à l’accident du personnage principal. Ce n’est donc pas vraiment la compétition ni le parcours physique de ce dernier pour gagner (ou pas) qui intéresse le cinéaste. Non, cette histoire parle surtout d’une amitié forte entre deux garçons (et sans aucune tension sexuelle) et du masculinisme inhérent à ce milieu, virant à la toxicité.
« La danse des renards » (très joli titre fort à propos, indexé sur un certain symbolisme étonnat en rapport avec cet animal) est portée par une troupe de jeunes acteurs plus vrais que nature. Alors oui, les protagonistes sont d’origine très diverse (conforme à la mixité sociale actuelle) et on parle ici comme dans les cités, ce qui pourra agacer. C’est cependant réaliste et on ne serait pas étonné que ce soit même pire dans la réalité. En attendant, ce long-métrage venu de Belgique peut compter sur ses jeunes comédiens non professionnels et méconnus très doués du côté des seconds rôles pour un effet de groupe plus que pertinent. Cependant, c’est Samuel Kircher (frère de Paul) dans le rôle principal qui dévore l’écran. Après son rôle casse-gueule dans « L’Été dernier » de Catherine Breillat où, à seize ans, il vivait une histoire d’amour interdite avec Léa Drucker, il nous gratifie ici de sa présence animale et sauvage pour ce petit film attachant, aux émotions puissantes et délivrées toute en finesse. Le jeune comédien a un charisme incroyable et il impressionne dans cette prestation complexe. Il parvient à faire ressentir des sentiments contradictoires ainsi que ses souffrances psychologiques et physiques avec beaucoup de nuances. Impressionnant.
Carnoy développe donc par petites touches comment des égos, l’effet de groupe et des comportements masculinistes vont petit à petit perturber une amitié forte entre les deux garçons, parfumée de rivalité. Un engrenage relationnel et viril ô combien toxique et bien campé à l’écran. Tantôt drame psychologique pour ensuite se muer en chronique adolescente ou en film sportif, « La danse des renards » convoque parfois même les atours du suspense avec sa musique angoissante. La réalisation, naturaliste et presque documentaire, se met au plus proche des personnages et de leurs ressentis. Le film reste toujours focalisé sur le point de vue de Camille et dresse le portrait d’un jeune homme en plein questionnement physique, sentimental et existentiel. Simple mais beau, le film enchaîne les petits instants de grâce, naturels et puissants, avec d’autres plus intenses et durs. Ce n’est pas parfait mais, pour une première œuvre, c’est une jolie découverte.
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Premier long-métrage du cinéaste belge Valéry Carnoy, La danse des renards nous plonge dans l’univers de la boxe, au sein d’un groupe d’adolescents évoluant en sport-étude. Porté par un Samuel Kircher impeccable, le film décrit avec intelligence et finesse un monde fait d’amitié, de solidarité mais aussi de concurrence acharnée, qui va être ébranlé par la défaillance du plus prometteur des jeunes boxeurs, victime de troubles psychosomatiques après avoir réchappé d’une chute qui aurait pu être mortelle. S’il n’est pas exempt de faiblesses et de maladresses, ce coup d’essai sincère et intègre s’avère tout à fait prometteur.
se trouver avant tout Camille, élève en sport étude, est déjà un champion de boxe. Sélectionné en équipe de France pour les championnats d'Europe, il est le leader de sa section dans son lycée. Quand il est victime d’un très grave accident et qu’il est sauvé par son meilleur ami Matteo ; tout son monde va se retrouver chamboulé. Valery Carnoy, pour un premier long métrage auto biographique, s’est vu décerner un prix lors de la Quinzaine des Cinéastes. En effet, lui-même était en sport étude foot avant de se tourner vers le cinéma ; et quand on sait cela, on comprend bien une des thématiques principales du film. L’amitié entre Camille et Matteo dès leur plus jeune âge tourne autour de la boxe ; et l’accident dont est victime Camille lui impose à se poser des questions qu’il ne s’est jamais posé ; à savoir, fait-il ce sport par habitude ? Car il y trouve son estime de soi par sa réussite ? Ou par amitié ? Au travers du portrait de ce jeune qui doit redéfinir sa place au sein d’un groupe, c’est bien l’importance de se trouver soi-même avant de persévérer ou non dans une voie qui est abordé ici. Pour illustrer ceci, Anna Heckel (la lycéenne pratiquante de taekwondo) vient introduire de la sensibilité, loin de tout cliché, en marge des affrontements deux groupes de garçon. Sportive de haut niveau, elle développe d’autres centres d’intérêt comme la musique, le duo qu’elle forme avec Camille sur de nombreuses scènes apporte de la douceur et de la poésie au propos ; et amène Camille sur d’autres territoires inconnus pour lui. Elle est un parfait contrepoint à la masculinité exacerbée sous testostérone que l’on retrouve bien souvent chez les jeunes hommes. Cette relation l’éclaire sur ses propres choix et ses aspirations profondes. Ce film très sensible sur l’adolescence dévoile bien toutes les fragilités liées à cet âge ; tout est possible, mais derrière les premiers succès se logent aussi les premiers échecs. Ascension et chute doivent permettre aussi de se comprendre soi-même et de construire sa propre masculinité dissociée du regard des autres. Si quand on regarde de la boxe, on voie bien le parallèle avec la danse des renards ; c’est aussi le parallèle de ces relations entre jeunes garçons qu’elle symbolise aussi. Et Samuel Kircher et Faycal Anaflous joue aux deux renards se livrant des coups à fleurets mouchetés dans un face à face amical fracassant. Et tous les non professionnels qui les entourent sont au diapason. Même si aussi bien le coach que l’encadrement restent bienveillant et dans le souci de la préservation de la santé des jeunes ; le regard porté sur le sport étude est intelligent et intéressant en montrant bien que la compétition sportive construit tout autant qu’elle fragilise. L’impératif de victoire est bien présent et la compétition entre pair peut être destructrice. Jean Baptiste Durand (le réalisateur du magnifique « Chien de la casse ») joue un coach tout en nuance dont on ne peut pas reprocher grand-chose, loin des monstres vus dans de récents films comme « Slalom » ou « Julie se tait » par exemple. Cependant il est bien le symptôme d’une société aveugle aux crises d’angoisse et à la dépression chez les jeunes. Si le corps va tout va. Un film immersif et touchant à voir impérativement.
Coup de coeur pour ce brillant film abordant la masculinité avec beaucoup de finesse. On y suit Camille, un jeune boxeur en sport études et son meilleur ami Matteo, en sursis à cause de son comportement. Un accident va troubler le parcours sportif de Camille, destiné à une carrière fleurissante. Samuel Kircher est étincelant dans ce film dur par moment, et très tendre aussi, avec des passages à l’esthétique homo érotique. Les personnages évoluent dans un monde où la masculinité est souvent toxique, et où elle va être bousculée par un athlète marqué par le traumatisme.
Les images sont trop belles. Chaque scène est super bien faite et ça donne vraiment envie de rester jusqu’à la fin. L’histoire est un peu mystérieuse, mais c’est ça qui est cool, parce que ça fait réfléchir et on ne s’ennuie pas. Les personnages sont intéressants et pas comme dans les films habituels. J’ai aimé essayer de comprendre ce qu’ils ressentent,
Dans un internat de sport-étude un jeune boxeur promis à un bel avenir souffre de stress post-traumatique après un accident. Un film qui mêle habilement la toxicité et la fragilité masculine. Où tout n’est pas que cliché, où un poid léger peut avoir du mal à remettre les gants, où une taekwondoïste peut se présenter à un concours de trompette. Un film subtil sur le sport de haut niveau et la jeunesse.
La réaction de cet homme, qui, après qu'il a été victime d'un accident remet en cause ses valeurs, boxeur très doué il refuse de frapper ses adversaires.. Fort bien réalisé ce film aborde ainsi un problème à contrario des l'idéologie dont on nous rabat les oreilles et c'est tout à l'honneur de ces hommes qui se battent pour montrer d'autres valeurs
Camille a tout d'un futur champion, jusqu'à cette chute en forêt qui ne laisse aucune trace visible, mais fissure quelque chose d'intérieur. Dans l'arène impitoyable des sport-études, où la victoire est le seul horizon autorisé, Valéry Carnoy glisse un regard plus doux, attentif à ce que la compétition broie sans le dire. Force et fragilité au masculin, thème périlleux s'il en est, trouvent ici une incarnation juste grâce à Samuel Kircher, dont le regard porte le film de bout en bout. La poésie surgit par éclats : les renards qui sautillent dans la nuit, une trompette jouée en marge des vestiaires, sans que rien ne soit appuyé. Le cinéma belge n'en finit pas de nous surprendre, et Valéry Carnoy n'est pas en reste : un cinéaste à suivre de près.
Un jeune boxeur voué à un avenir prometteur. Une amitié fusionnelle. Un accident et un monde qui s'effondre. Un monde dans lequel la faiblesse tant physique que psychologique est proscrite, une pression sociale constante. Et dans tout ce fatras, comment aller au-delà sans risquer de tout perdre? C'est par moment hésitant mais on voit la soin qui est mis à explorer ce monde exigeant et oppressant que peut être le chemin vers la réussite dans le sport de haut niveau