À l'adolescence, nul ne l'ignore, l'appartenance à un groupe reste pratiquement indispensable à l'identité sociale, quel que soit le milieu concerné. A fortiori dans l'internat d'un sport-études comme celui dans lequel évoluent les adolescents du premier long métrage du jeune cinéaste belge Valéry Carnoy. Une notion exacerbée, en l'occurrence, par la recherche de performance et la compétition, en parallèle avec la découverte de l'amitié, voire de l'amour, si l'occasion se présente. Injonctions à la virilité et santé mentale sont également des aspects développés par le scénario de La danse des renards, qui ne hoquette jamais et semble d'emblée placé sur les bons rails, avec une facilité presque déconcertante. Bien aidée par ses jeunes interprètes, très talentueux, la mise aux poings (la boxe est le sport concerné) est efficace et sensible, admirablement rythmée dans et en dehors du gymnase, notamment dans une forêt, d'où la présence des goupils. Ce n'est pas un film prometteur, mais déjà une réussite accomplie, dans le créneau très fréquenté du récit d'apprentissage, mais contextualisé et adapté à des situations bien précises dans lesquelles la détresse psychologique ou toute autre faiblesse identifiée signifie un risque de survie très menacée.
Un jeune boxeur prometteur. Un accident en forêt. Une blessure physique mais surtout morale. Le doute remplace peu à peu l'assurance... Pour son premier long-métrage, le belge Valéry Carnoy ne démérite pas avec cette immersion dans le monde de la boxe amateur, il manque tout de même quelques ingrédients clés pour parvenir à captiver et surtout émouvoir. Les réactions de certains personnages face aux événements ne sont pas toujours cohérentes ou compréhensibles facilement. Je reste donc bien mitigé face à cette danse des renards : bof bof ! Site CINEMADOURG . free . fr
Samuel Kircher, révélé dans le magnifique "Été dernier" de Catherine Breillat, continue son très beau parcours avec par exemple ce film belge présenté à la dernière Quinzaine des cinéastes cannoise et qu'on pourrait classer dans la vaste catégorie des récits d'apprentissage. Un récit qui brasse large : fragilité de l'âge adolescent, amitié et trahison, premier émoi amoureux, volonté de se confronter aux autres, question de la santé mentale et injonction de réussite dictée par la société et le regard des autres. Bref ça veut probablement trop raconter comme souvent les premiers films mais ça a l'intelligence de placer l'action dans ce contexte de la compétition sportive, à la fois intéressante intrinsèquement et révélatrice de la pression qui pèse aujourd'hui sur la jeunesse. Au-delà du scénario la mise en scène sait se faire discrète sans tomber dans la banalité, l'interprétation quant à elle est la plus grande force du film, avec une brochette de jeunes remarquable accompagnée par Jean-Baptiste Durand qui s'est fait un nom en tant que réalisateur grâce à "Chien de la casse" mais qui est également formidable devant une caméra.
Beau film que cette histoire d'un jeune boxeur doué, entouré d'une belle bande de copains dans un internat sportif, qu'un accident va provoquer chez lui toute une série de questionnements qui pourraient remettre en cause sa vocation. C'est magnifiquement interprété par de jeunes acteurs vraiment convaincants même si la séquence finale me pose questions ! Une belle surprise au demeurant.
Vu ce film à Cannes cette année. J’ai rencontré le réalisateur belge dont c’est le premier long métrage lors d’une avant-première au cinéma le Club à Grenoble. Après cette deuxième projection mon enthousiasme est intact! Sur plus de 35 films vus à Cannes en Mai , ce film est un petit bijou. Tout est construit en finesse, les relations entre adolescents,leurs rapports avec les adultes, avec la nature, se déroulent autour d’un scénario très solide et conduit. Les acteurs et actrice dont plusieurs non professionnels ( elle) sont d’une justesse remarquable. Le film sortira en salles en France courant mars 2026. Un film avoir absolument
Film nerveux qui parle des douleurs psychotraumatiques à travers un boxeur qui avait tout pour lui mais qui perd confiance du jour au lendemain. Les acteurs nous plongent bien dans l’ambiance et la réalisation es vraiment pas mal !
Vu au festival Quiff de Quimper en Bretagne le 6 février 2026.
Un film tout à fait honorable, qui arrive à convaincre grâce à son scénario original et ses personnages bien incarnés. Les scènes se suivent avec plaisir, tenues par une réalisation soignée. Du beau boulot à ne pas négliger.
Un premier film réussi avec beaucoup de justesse dans les sujets traités et une mise en scène intéressante (nottament toutes les scènes avec Yass). De nombreux sujets abordés avec finesse et subtilité
Beaucoup de critiques relèvent à juste titre l'observation attentive des relations d'adolescents engagés dans la compétition par la force et la technique de combat : réaction bravache, grégaire, passionnée lucide selon le cas. Également les parfaites interprétations, subtile évocation des intermittences des sentiments dans l'amitié et la bonne construction du récit. Cependant j'ai été personnellement marqué par la violence physique, morale, sociale du film. spoiler: Comment oublier le visage défiguré de Camille lors de son dernier combat ? Les cris l'encourageant à cogner de sa mère ? La carrière sans doute courte et douloureuse qui attend tous ces jeunes ? L'incapacité du groupe de sportifs, adultes compris, à respecter le basculement du personnage, allant jusqu'à l'attaquer à plusieurs, à l'humilier devant sa nouvelle amie ? Dominer la douleur en frappant violemment le bras blessé ? spoiler:
Y a-t-il une volonté en filigrane du cinéaste de dénoncer cette/la (?) pratique de la boxe qui abrutit des jeunes de milieux populaires et abîme leur vie ou au contraire une fascination un peu niaise ?
Camille (Samuel Kircher, frère de) étudie la boxe anglaise dans un lycée sport études perdu au fond de la forêt ardennaise. Tout semble lui sourire : couvé par son entraîneur, il est entouré d’amis fidèles et multiplie les victoires à l’approche des championnats d’Europe. Mais une chute accidentelle du haut d’une falaise l’oblige à une immobilisation forcée et lui porte un coup sérieux au moral. Même lorsque ses blessures se sont cicatrisées, Camille ne retrouve pas la niaque qui l’avait jusqu’alors porté.
La sororité est en ce moment à la mode au cinéma. Le terme s’est récemment vulgarisé et fait désormais florès. Il ne se passe pas de semaine sinon de mois sans qu’on le lise dans les critiques cinéma y compris les miennes : "La Chambre d’à côté", "Les Femmes au balcon", "All We Imagine as Light", etc.
La sororité a éclipsé la fraternité, ou plutôt l’a dé-genrée, si l’on m’autorise l’expression. L’amitié entre femmes a éclipsé l’amitié entre hommes, immédiatement suspectée de nos jours d’être viriliste et toxique. Pourtant certains films s’y sont frottés avec succès, évoquant les amitiés masculines qui se nouent entre des hommes adolescents, ou jeunes adultes, en quête d’identité : "Chien de la Casse", "La Pampa"…
"La Danse des renards" ne se hisse pas à ce niveau-là et c’est bien dommage. Ce film avait pourtant pour lui tous les ingrédients nécessaires à sa réussite, à commencer par la plongée dans un milieu rarement filmé : un internat de jeunes sportifs pratiquant la boxe à haut niveau. Mais hélas, son scénario se révèle trop pauvre, le détour qu’il prend dans une forêt magique peuplée de renards et l’histoire d’amour qu’il ébauche entre Camille et une autre pensionnaire s’avérant de fausses bonnes idées. Reste la description, convenue et sans surprise, d’un "coming-of-age" comme on en déjà vu treize à la douzaine.
Présenté à la Quinzaine des cinéastes, La Danse des renards fait d’abord craindre de suivre le chemin balisé des films de sport (et plus précisément ici, du film de boxe), avec toutes les figures imposées du genre : dépassement de soi, victoire, chute, rédemption... Mais Valéry Carnoy choisit heureusement un autre chemin.
Le film suit un jeune boxeur en sport-études, incarné par un Samuel Kircher très convaincant, qui confirme ici tout ce que L’Été Dernier laissait entrevoir. Son visage, tour à tour sûr de lui, blessé, perdu, devient le point de focal du film.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Carnoy évite assez habilement les clichés du film de boxe. Le sport n’est pas ici une simple mécanique dramatique mais le révélateur d’une masculinité adolescente sous pression, écrasée par l’impératif de performance, la compétition permanente et le regard du groupe. Le film parle autant de la violence des structures sportives que de celle, plus insidieuse, des modèles virils imposés.
Visuellement, le film est traversé par de belles respirations poétiques : les renards du titre, quelques séquences presque oniriques. Ces touches empêchent le film de basculer dans un naturalisme pur et lui donnent une vraie singularité.
Malheureusement, l'on sent parfois les limites d’un premier long métrage : tout n’est pas parfaitement maîtrisé. Certaines situations restent un peu programmatiques, quelques ressorts narratifs semblent un peu trop démonstratifs et le film ne parvient pas à maintenir l'intérêt du spectateur de manière constante.
Mais il y a ici une vraie sensibilité, une modestie assez rare, et surtout une émotion qui finit par saisir. La Danse des Renards n’est pas le coup de poing imaginé, mais il tire son épingle du jeu de par sa singularité et l'intensité de jeu de son jeun interprète.
Camille a tout d'un futur champion, jusqu'à cette chute en forêt qui ne laisse aucune trace visible, mais fissure quelque chose d'intérieur. Dans l'arène impitoyable des sport-études, où la victoire est le seul horizon autorisé, Valéry Carnoy glisse un regard plus doux, attentif à ce que la compétition broie sans le dire. Force et fragilité au masculin, thème périlleux s'il en est, trouvent ici une incarnation juste grâce à Samuel Kircher, dont le regard porte le film de bout en bout. La poésie surgit par éclats : les renards qui sautillent dans la nuit, une trompette jouée en marge des vestiaires, sans que rien ne soit appuyé. Le cinéma belge n'en finit pas de nous surprendre, et Valéry Carnoy n'est pas en reste : un cinéaste à suivre de près.
San démérité avec une réalisation pourtant dynamique, on n'entre pas dans les personnages qui ne sont pas assez profonds. On reste en surface avec des situations prévisibles et la cohérence du film est parfois difficile à suivre