Un film magnifique : jeu des acteurs, réalisation, scénario, émotion, image, musique, tout est absolument parfait. Un chef d'oeuvre classique injustement sous estimé lors de sa sortie en salle.
Comme un désir d'évasion. Perhan, jeune rom rempli d'espoir et d'ambition, est contraint de partir en Italie pour travailler sous les services d'un trafiquant d'enfant. Le Temps des Gitans raconte la désillusion d'un monde. Du monde. Après une première partie flamboyante de magie et de féérie sur le quotidien d'un village tzigane, Kusturica brise totalement son récit. L'enchantement laisse place à la noirceur. Telle la perte de l'innocence de l'enfant. Et le désir d'évasion est alors exprimé à travers la mise en scène - tout en baroque onirique. Parce qu'Emir Kusturica est un travailleur, un cinéaste dont l'acharnement atteint la démesure. Son cinéma invoque l'imaginaire et le surréalisme en l'ancrant dans un naturalisme très social. Une façon de voir les choses au lyrisme très baudelerien.
Superbe fresque de toute la communauté tsigane à travers l'histoire d'un jeune gitan parti en Italie pour accompagner sa soeur dans un hôpital et commencer à gagner de l'argent. Le génie visuel de Kusturica est déjà présent, le grain de folie un peu moins avec un aspect bien plus sombre et plus triste qu'un "chat noir, chat blanc" ou encore "la vie est un miracle". Les acteurs comme les personnages sont toujours aussi truculents et la métamorphose de Perhan au fil du scénario est poignante. On peut parfois regretter la lourdeur et le manque de soin dans certaines transitions entre des scènes pourtant déjà de très grande qualité, mais aussi le timide accompagnement musical de Goran Bregovic quasi absent ici (malgré le superbe "edelerzi") comparé aux illustres chefs d'oeuvre qui suivront. Mais l'essentiel est sauf, Kusturica a inventé le "rêve trip" et c'est avec joie que nous y sommes conviés.
Comme à chaque fois avec Kusturica, il y a un côté foutraque et burlesque, avec des personnages hauts en couleurs, des cuites monumentales, et des dindons ... Mais il y a aussi une vraie histoire, à laquelle on s'attache : celle de Perhan, jeune homme débrouillard, qui vit avec sa soeur et sa grand-mère adorée dans un campement de misère, et qui se retrouve embarqué un peu malgré lui dans l'exploitation d'enfants mendiants en Italie. Quelques scènes magnifiques, comme celle de la veillée de la Saint-Georges sur le fleuve, avec ce peuple gitan beau et libre, et à laquelle se rajoute la musique inoubliable de Goran Bregovic.
Prenez le scénario d’ "Il était une fois en Amérique" de Leone, mettez-le à la sauce gitane et faites-le tourner par une sorte de Fellini slave qui aurait troqué ses habituels fantasmes pour les vieilles prostituées moustachues contre une fascination irrépressible pour les poules et les dindons. Ca donnerait "Le temps des gitans". Un film inclassable, protéiforme, à la fois tendre et immoral, fantastique et violent, d’une beauté sauvage et baroque. Un film au-dessus duquel plane le génie d’un très grand artiste: Emir Kusturica. Quelle extraordinaire capacité à s’emparer de tous les éléments du cinéma (musique, scénario, décors, mise en scène, dialogues, caractérisation des personnages, direction d’acteurs…) pour en faire un univers unique, inimitable et absolument fascinant ! Quelle sensualité, quelle intelligence, quelle sûreté du goût, quel sens du rythme ! Ca tourne, ça virevolte, ça en met plein la vue, ça fait rire, ça choque, ça révulse, ça attendrit, ça étonne, ça laisse rêveur… Tout ça à la suite ou en même temps. Un cocktail incroyable d'émotions et de sensations. On ressort un peu étourdi, comme si on avait un peu trop respiré les senteurs enivrantes d’un marché d’épices oriental. Et on se dit alors : "Il est fort, ce Kusturica !".
"Le temps de gitans" est sans contestation possible le meilleur film de Kusturica, mais aussi l'une des oeuvres les plus originales et marquantes des années 80/90. Il s'en dégage tant de choses qu'il est difficile de les exprimer rapidement. Alliant poésie et réalisme sordide, Kusturica parvient à faire un film polymorphe où se mêlent de multiples oppositions. Si le début laisse quelque peu sceptique, on ne tarde pas à être happé par l'histoire et par ses moments d'une beauté pure ou d'une force émotionnelle incroyable soutenus par les superbes musiques de Goran Bregovic.
Un film géant. Emir Kusturica arrive par son style à nous monter la différence entre le rêve et la réalité. "Le temps des gitans" est une immense claque! J'aime beaucoup cette musique de gitans. Il y a un certain réalisme social imaginaire débridé. Kusturica nous livre ici un univers poétique et insolite, J'adore ses personnages toujours très funs et loufoques.Et le récit du personnage principal est entièrement passionnant. Un chef d'oeuvre a voir.
Deuxième film de Kusturica après "papa est en voyage d'affaire". Que dire de plus...simplement que tout fan de cinéma qui se respecte doit voir et revoir l'ensemble de l'œuvre de ce réalisateur atypique qui nous propose, à travers chaque film, un univers singulier, magique et onirique.
Avec "Le Temps des Gitans", Emir Kusturica nous propose un long-métrage intense qui ne laisse personne indifférent. Le spectateur est comme captivé par l'univers particulier de ce film. Le côté déluré et improbable des scènes nous fait sourire, la violence nous choque et les codes de la société gitane nous bouleversent. Il y a vraiment un large panel d'émotions. Les dialogues sont menés tambour battant par des personnages emblématiques. Insistons également sur ce casting intéressant. Tout cela est complété par une enivrante bande sonore qui rythme avec brio cette histoire. Hormis quelques passages moins accrocheurs, cette production n'a rien à se reprocher. À voir.
Vraiment déçu par ce Kusturica, j'ai pas été happé par cet univers qui manquait cruellement d'intérêt j'ai trouvé, il manquait vraiment quelque chose d'intéressant et de poignant. La musique est pas mauvaise du tout, mais moins présente que dans les autres films, il n'y a pas cet air gai et enjoué. Malgré tout Kusturica n'arrive pas à me toucher comme dans ses autres films.
Mouais mouais, j'aime bien Emir Kusturica et ce qu'il fait en général mais là à part le début que j'ai vraiment bien aimé j'ai trouvé le reste un peu long, on arrive difficilement aux conclusions. La musique m'a bien plu par contre. Et le dindon...