4380 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
109 critiques spectateurs
5
59 critiques
4
27 critiques
3
10 critiques
2
9 critiques
1
2 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
SIX EX0TIC_ NAYZUSTeEz
2 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 22 janvier 2026
Émir kusturica, nous livre là un état des lieux passionnant et surtout très réaliste quand a l'idée que nous nous feson des film bouleversant quand on connaît la suite que certains acteurs on pû faire comme effort pour donné une certaine fiction de la réalité.Mais qui tourne au drame. Étant un gitan qui vient du pays qui s'appelait autre fois la Yougoslavie,je reconnais pleinement la vie de certains gitan dans ces années difficiles qui était en ce temps là. Me rappeler comment certaines personnes vivait en ce temps-là.
S’il est avant tout un film sur une communauté, sur son mode de vie et sur l’espace yougoslave dans lequel ils s’inscrivent – puisque les déplacements des personnages cartographient le pays –, Dom za vešanje trouve dans son hybridité générique et dans les multiples hommages rendus à un cinéma international une puissante universalité. Fable sociale, il applique à une histoire inspirée d’un fait divers le registre merveilleux, figuré à l’écran par des séquences oniriques de toute beauté, refuse le misérabilisme qu’il convertit en support nécessaire à l’alchimie et à la spiritualité : l’épouvante et la violence quotidiennes deviennent des tours de magie dont on ne tient pas rigueur au responsable, à l’instar de la maison soulevée de terre (car dépourvue de fondations) par un fils ayant perdu la raison. La force de la mise en scène d’Emir Kusturica tient à sa capacité à sans cesse se réinventer : le séjour italien se transforme en variation autour du cinéma de Federico Fellini, la clausule dans un cadre industriel cite Elia Kazan et ses marginaux poursuivis par le fatum. Cette hybridité retranscrit par l’art spoiler: la nature bâtarde du protagoniste, spoiler: rejeté en raison de son père slovène et de sa mère romanichelle, ainsi que la refonte d’une famille et d’une communauté en dépit des différences et des épreuves. Un chef-d’œuvre.
Univers fort , esthétique brute, réalisme aidé par la manière dont les scènes ont étés filmés au plus proche de l’intimité des personnages et de leur environnement . Casting atypique qui marque l’identité forte de ce film
Le Temps des Gitans, c’est un opéra-bouffe filmé les pieds dans la boue et les yeux levés vers le ciel, un miracle de crasse transcendée. Kusturica danse sur les ruines du réel avec l’arrogance d’un prophète ivre, offrant au spectateur une messe païenne où le grotesque touche au divin. Techniquement, c’est parfois bordélique ; narrativement, une fresque éclatée — mais quelle fresque ! Si Fellini avait eu un couteau dans la main et une bouteille dans l’autre, il aurait signé ce chef-d’œuvre barbare.
Sur les hauteurs de Sarajevo vit une communauté de gitans sédentarisés. Comme les siens, le jeune Perhan vit ici, dans ce bidonville crasseux et boueux dont il rêve sans doute -mais comment?- de s'échapper. Ce décor sordide est le reflet du quotidien misérable qu'y mènent les gitans. Mais, décrivant leur existence, Kusturica impose une vision bien à lui, inventive et délirante, et un univers où cohabitent la truculence et la poésie. Cette cocasserie, cette créativité qui nous éloignent de la réalité sociale et humaine sans l'occulter et qui découvrent les particularismes tsiganes, c'est un peu la rencontre des fantasmagories de Fellini et du quart-monde vu par Scola dans "Affreux, sales et méchants". Toute la première partie du film est dédiée à cette description singulière et détonante de la communauté gitane.
Puis, insensiblement, le drame de Perhan reprend son cours, au moment où l'adolescent partspoiler: pour l'Italie aux côtés de compatriotes mafieux. Et Kusturica de montrer comment Perhan, compromis et perdant son innocence dans l'aventure, construit sa perte. Film pessimiste, par son fatalisme, film noir, en dépit de ses drôles de figures surréalistes ou de ses scènes oniriques, "Le temps des Gitans" consacre un cinéaste sensible autant que fécond. Indissociable du récit, la musique -des airs tsiganes bien évidemment- est à l'image du film: belle et désenchantée.
L'émotion opère tout au long de l'oeuvre comme le court d'une rivière défait de ses barrages, il s'en dégage un image immergée de beauté, de magnificence, le film crée une proximité avec nos protagonistes, leurs moeures nous impreint et dictent nos émotions dans une totale non-pudeur. Une fresque qui dépeint un monde Gitans dur mais qui par l'amour tient, mais quand l'amour cède à la volupté, on court vers la...
Pour parler d'un sujet grave, la prostitution enfantine et l'usage des enfants pour le commerce, Kusturica use de lyrisme et de poésie dans un film flamboyant . 30 ans après , il n’y a rien à changer, à redire, à refaire . Pour parler du peuple gitan, de son histoire et de ses composants, pour dire leurs joies, leurs peines et leur contradiction marquée par la colère et la joie immédiate, Emir Kusturica a repris un fait divers tragique : l’organisation d’une mafia yougoslave en direction de l’Italie où des enfants se prostituent. De la légèreté à la gravité des situations, du réalisme social à l’imaginaire fantastique, Kusturica élabore un monde qui loin du cinéma nous échappe toujours. AVIS BONUS Beaucoup de chapitres intéressants sur l’histoire de la Yougoslavie à travers ce film, lui-même historique. Ce sont souvent les mêmes séquences qui illustrent les propos des nombreux intervenants. En prime des interviews du réalisateur dont celle réalisée dans son village qui a le droit également à un petit documentaire. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
C'est très fort et je ne vois pas bien ce que l'on pourrait reprocher à ce monument du cinéma (éventuellement la photo trop bistre). L'histoire prend comme prétexte le parcours erratique d'un jeune Rom pour nous montrer la vie des gitans de Yougoslavie, C'est sans concession, comme Scola dans "Affreux, bêtes et méchants" il montre que la misère er la précarité ne sauve pas de la vertu et que certains n'hésitent pas à rouler dans la farine leurs proches, voire à les exploiter ou à se livrer à des trafics abjects. Mais Kusturica ne juge rien, ce n'est pas un donneur de leçons, il montre et il montre bien. La direction d'acteurs impliquant de parfaits inconnus est un véritable sans faute avec des personnages bien campés. Outre le personnage principal il nous faut noter la prestation étonnante de la Mamma (Ljubica Adzovic ) et celle toute en douceur de la très jolie Sinolicka Trpkova. Et puis ces scènes de folie spoiler: dont le sommet sera atteint par La nuit de la St Georges avec baignade dans le fleuve et musique envoutante de Goran Bregovic, on pourrait évoquer aussi la scène du sauvetage du chaton, un grand moment de tendresse. Et puis Kusturica n'hésite pas à nous faire un peu d'humour, (la dinde apprivoisée est craquante. Du grand cinéma, on peut parler de chef d'œuvre même si j'ai préféré "Chat noir, chat blanc".
Pour moi les mots ne suffiront pas à décrire la fresque qui s’est déroulée devant moi pendant quelques 2h20, aussi vous dirais-je de voir absolument ce film si vous pouvez pour vous en faire votre propre avis, mais surtout regardez les bonus aussi fascinants que le film même. Si la scène d’ouverture d’Arizona dream m’a bouleversé, là c’est tout le film qui a remué mon âme en me secouant les tripes. Arriver à concilier des acteurs professionnels et non professionnels, en cassant les règles des genres, qui plus est en rendant hommage à De Sica, Welles, Bergman, Fellini, Tarkovski, Charlot et...Bruce Lee, rien que ça, dans le même film, tout en gardant sa propre patte, et tout ça avec une telle justesse, relève forcément du génie. Je crois bien que chef-d’oeuvre ne suffit pas à enfermer toute l’ampleur de ce film...
6 214 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 22 avril 2021
Le Temps des Gitans n'est pas un film qu'un spectateur moyen peut comprendre à fond mais cela ne change rien au fait que ce soit un chef-d'œuvre. La narration d'Emir Kusturica requiert du talent de l'intelligence et une attention sans faille pour la suivre et la comprendre correctement mais elle est absolument unique et fantastique. Je n'aurais jamais pensé que j'apprécierais de voir le monde à travers les yeux des gitans yougoslaves mais cela s'est avéré possible tant que c'est Kusturica qui ouvre la fenêtre. Les adorables mélodies de Goran Bregovic conviennent aussi parfaitement a l'histoire. Ce film est l'un de ceux qui ont renforcé mon opinion selon laquelle les films européens sont un milliard de fois meilleurs que les films américains. Merci à Kusturica et Goran Bregović pour sa musique pour avoir créé un film d'une telle beauté...
A Lubiana, Sarajevo, Milan, sur fond ininterrompu de musique tzigane, des scènes violentes, émouvantes, improbables, des séquences flamboyantes (fête de la Saint-Georges) décrivent un monde délirant et conduisent au drame final, à la façon d’un opéra.
Belle fresque. Découverte d'un monde et de gens différent. Le style du film est intéressant, la musique est superbe. Certes c'est un peu lent voir lourd par moment
Réalisé entre les deux Palme d’or d’Emir Kusturica (Papa est en voyage d’affaires, Underground) et juste avant le magnifique Arizona dream, tourné aux États-Unis, Le temps des gitans est une fresque intimiste et baroque qui nous embarque aux côtés de Perhan, un jeune rom de Yougoslavie qui va apprendre à jongler entre son enfance et sa vie d’adulte, au sein d’une communauté riche en couleur mais qui laisse peu de place à l’émancipation individuelle. Sur une musique magnifique du fidèle Goran Bregović, Kusturica enchaîne des séquences tour à tour subjuguantes de beauté – à l’instar de la scène de la fête de la Saint-Georges, sur le fleuve – grotesques ou sordides. Véritable condensé du talent d’Emir Kusturica, ce film intemporel et foisonnant est un traité de mise en scène qui dresse un portrait tendre, fascinant et sans concession de la communauté rom, dont les chefs s’adonnent ici sans vergogne au trafic d’enfants. Mâtiné de réalisme magique, ce long-métrage fascinant à bien des égards reçut le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1989.
Dans l'histoire du drame, Le temps des Gitans se place dans ceux qui sont aussi bizarre qu'ils sont complexes. J'ai eu la sensation de voir Les Affranchis version serbe. Et surtout version Kusturica. Il n'empêche que nous avons ici un film qui ne manque pas de proposer quelque chose très beau avec son personnage principale. Il change tout au long du film que ce soit dans sa façon d'être ou dans ses actes. On sent la vie du personnage défiler à toute allure. Il subit ce qu'on lui impose et il refuse ce que l'on lui dicte. La caméra cette fois si n'est pas un œil d'idéalisation de la vie des gitans. C'est une caméra qui exacerbe la misère, dans les guirlandes de papier ou dans la boue des paysages de villages. Là où Chat Noir Chat Blanc m'était le côté champêtre et le compte en premier plan. Dans le temps des Gitans les couleurs semblent plus réels. Plus fade et salit. spoiler: Dans les épisodes de rêve, on assiste à un idéal de vie; presque sacrée, inspirant la sérénité. Dès que l'on retombe dans la froideur du véritable le drame reprends.
Un film moins débordant de bonheur, de fantaisie. On sent aussi que les moyens ne sont pas les mêmes dans ce Kusturica, à la comparaison, dans la mise en scène; il s'agit de décors plus modeste. Mais l'ambition est toujours présente. Peut-être une bonne manière pour découvrir Kusturica.