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Artriste
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4,5
Publiée le 6 septembre 2026
Avec Strange Darling, JT Mollner écrit et réalise une véritable petite pépite. L'histoire se déroule dans le comté rural de Hood River, dans l'Oregon, et nous fait suivre la rencontre entre un homme et une femme dans un motel afin d'y passer une aventure d'une nuit qui va déraper. Ce scénario s'avère particulièrement prenant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à un thriller singulier nous plongeant dans une traque dont on découvre les origines petit à petit, au fil des six chapitres que comprend ce récit. Mais ceux-ci sont dans un ordre aléatoire ce qui fait, qu'au fil des minutes, le puzzle prend forme sous nos yeux et nous permet de comprendre tous les tenants et les aboutissants. On assiste à des scènes haletantes, emplies de tension et imprévisibles, à base de séduction, de sexe, de manipulation et d'action froide et violente, en plus de contenir un retournement de situation changeant toute la perspective. Le ton se veut réaliste et la relation homme-femme est très bien traitée en jouant sur les apparences. L'ensemble est porté par deux personnages très bien écrits. Des rôles superbement interprétés par Willa Fitzgerald et Kyle Gallner. Ils sont entourés par quelques rôles secondaires joués par Madisen Beaty, Bianca Santos, Steven Michael Quezada, Ed Begley Jr., Barbara Hershey ou encore Denise Grayson. Tous ces individus, et notamment les deux principaux, entretiennent une relation sadomasochiste extrême. Des échanges soutenus par de très bons dialogues. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère particulièrement qualitative. Sa mise en scène est faite de superbes mouvements de caméra nous offrant des angles variés. De plus, elle est magnifiée par une très jolie photographie tantôt naturellement lumineuse, tantôt bénéficiant d'une atmosphère esthétique plus artificielle mais toujours aussi belle. Cela est notamment rendu possible grâce aux environnements, avec cette magnifique nature traversée par un torrent de violence. Mention spéciale également pour le montage judicieux, parfaitement maîtrisé. Ce visuel remarquable est accompagné par une très bonne bande originale signée Craig DeLeon, dont les compositions pleines de tension ont un gros impact sur l'action et les images. Et ces notes percutantes savent laisser place à des titres plus légers et mélancoliques, également parfaitement raccords avec le propos. Cette alternance musicale est quasi continue tant les morceaux sont très présents à l'écran. Reste une fin à la hauteur du reste de la narration, venant ainsi mettre un terme à Strange Darling qui, en conclusion, est un long-métrage méritant grandement d'être découvert.
Bonne surprise. Ce n'est pas un film d'horreur, mais un film concept un peu gore, fort bien écrit, interprété et réalisé (et une belle musique originale agrémentée de nocturnes de Chopin). On se laisse happer avec plaisir.
Strange Darling est le genre de proposition cinématographique qui divise par son envie flagrante de bien faire, tout en restant un peu prisonnière de ses propres artifices. . Mollner livre ici un thriller visuellement superbe, porté par une photographie en 35mm qui donne un grain et une texture magnifiques à l'image, rappelant le meilleur du cinéma de genre des années 70. La structure narrative non linéaire est audacieuse et permet de maintenir un certain mystère durant la première moitié du film, offrant des rebondissements qui bousculent efficacement les attentes du spectateur. Cependant, cette construction finit par devenir un peu fatigante sur la longueur, donnant parfois l'impression que le réalisateur cherche plus à nous manipuler qu'à raconter une histoire vraiment profonde. Si les performances des acteurs sont solides et l'ambiance particulièrement travaillée, le scénario manque cruellement de substance une fois que les masques tombent, nous laissant sur une sensation de "beaucoup de bruit pour rien". C’est un exercice de style maîtrisé et plaisant à regarder pour tout amateur de thriller, mais qui manque sans doute d'un souffle émotionnel plus sincère pour devenir une œuvre vraiment mémorable sur la durée.
Film très esbrouffeur mais pas mal quand-même. Le découpage dans le désordre devient un gimmick lassant depuis Pulp Fiction, mais ici c'est bien employé puisque le début du film nous induit en erreur. L'actrice est très impliquée
Un petit bijou de film que l'on ne voit pas venir ! La premiere demie-heure totalement nébuleuse m'a presque poussée à abandonner, pensant "encore un film qui traite de ça, qu'est ce qu peut encore ne pas avoir été dit ?". Je n'en dis pas plus au risque de retirer l'effet de surprise et les questions que cette surprise pose, aux futurs spectateurs. On est bien loin du film d'horreur auquel je m'attendais, bien d'avantage dans un thriller psychologique qui se joue aussi dans la tête du spectateur et de ses certitudes. Un montage singulier qui peut gêner - nécessaire au récit - , BO et photographie sans faute de goût (c'est un euphémisme, fragiilité peut rimer avec violence), performance de Willa Fitzgerald exceptionnelle, voire sidérante : + ppur le final, magistral.
Dans son propos « Strange Darling » s’apparente à numéro d’équilibriste parfois réussi, mais d’autres fois semblent court-circuiter toute forme de logique dans le message. Une volonté de vouloir trop explorer les inversions et d’y mêler aussi d’autres questionnements sur les biais auxquels nous sommes quotidiennement soumis.
Très bons jeux d'acteur, un film qui ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est, pas d'effets spéciaux, pas de twists majeurs, mais une chronologie décousue volontairement, qui joue sur les préjugés qui collent aux tueurs en série. Une belle photographie, on retrouve des aires de Tarantino. Je recommande fort.
Il ne s’agit pas du meilleur film d’horreur que j’ai pu voir. En revanche, je tiens à saluer la réalisation très originale qui rend le film spécial et le fait sortir du lot par plusieurs aspects. Tout d’abord le côté chronologie éclatée en six temps (7 si l’on compte la dernière partie) permet d’introduire une forme de suspense quant à l’intrigue et une certaine originalité par rapport au scénario habituel de la jeune demoiselle traquée, et tout s’emboîte petit à petit. Le jeu d’acteur est bon (petit bémol sur la toute dernière scène que j’a trouvée un peu surjouée). L’ambiance est sous plein d’aspect malaisante, encore une fois le travail de photographie est vraiment quali. J’ai trouvé également l’utilisation des variations de couleurs très intéressante. Bref un film notable, plus pour sa réalisation et son montage que par l’histoire en elle même
Rien n'est ce qu'il semble être lorsque un coup d'un soir tordu se transforme en une tuerie. Un thriller en 6 chapitres. Tiens ! Ils ne les ont pas mis dans l'ordre ?? Pour mieux nous embrouiller ? Voulez vous m'aidez ? Demande une femme qui fuit son agresseur particulièrement menaçant. C'est sûr il lui en veut à mort ! L’ambiance visuelle, est saturée, presque psychédélique, chaude et vintage, faussement hippie, contrastée avec une violence brutale. Un mélange qui donne une sensation très particulière : quelque chose de beau, sensuel, mais profondément malsain. Viens par ici !! Ordonne l'homme au fusil. Le tueur, il traque, il cherche, prêt à ne faire aucune concession. Il fouille chaque recoin de cette grande maison,spoiler: jusque dans le congélateur.
Monsieur Snuffle, c'est le mot qui signale qu'on a atteint les limites dans ce jeu de sadomasochistes auquel se livrent deux amants d'un soir. On fume beaucoup trop dans ce film. On se drogue et se laisse aller à sa perversité. Juste une petite réflexion, loin d'être anodine : La liberté sexuelle d'une femme c'est dangereux pour elle, elle ne sait jamais sur qui elle peut tomber. L'homme est souvent trop brutal, violent, animé d'un désir de domination, sans respect pour sa partenaire, prêt à faire n'importe quoi pour tirer un coup. En tous cas ces deux là, de plus en plus, nous mettent mal à l'aise dans leurs rapports. Ce vieux couple qui semble inséparable va être dérangé dans leur quotidien paisible par cette jeune femme qui appelle à l'aide. T'es du genre fêtard ? Sous l'effet de la drogue, où est la part de jeu dans ce couple improvisé qui s'est isolé dans une chambre d'hôtel ? Et si les rôles s'inversaient. Lui, serait le flic, elle serait une sadique perverse. La proie deviendrait chasseur.spoiler: Le Démon serait la femme ?
C'est ce que vous découvrirez dans chapitre 6, qui bascule dans la folie meurtrière. Gary Gilmore est un criminel américain. C'est la première personne à subir la peine de mort depuis 1967, après que celle-ci a été rétablie par la Cour suprême en 1976. Il met volontairement fin à ses recours judiciaires, préférant être exécuté sans attendre. Pourquoi massacrer tous ces gens ? Parce que parfois, ce n'est pas des humains que je voie, mais des démons. Et pour la scène finale, les belles couleurs seventies lentement s'éteignent dans un noir et blanc profond.
Ouf, un ovni, une dinguerie, ma critique est concise, lumière photo BO au top , on met ce movie a la place de cette daube de camping paradis sur TF1...une tuerie ce film .....
Je m'attendais à une énième histoire de psychopathe aux trousses d'une pauvre fille sans défense. Que nenni ! Le scénario est bien plus malin que ça et le découpage structuré en six chapitres présentés dans le désordre permet de multiplier les rebondissements en ouvrant de nouvelles perspectives face à une intrigue qui nous semblait à priori basique. Essentiellement portée par l'interprétation remarquable de Willa Fitzgerald, la narration déconstruite fait toute la force de ce film de serial killer qui ne ressemble à aucun autre, entre fausses pistes et courses poursuites. D'ailleurs, mieux vaut ne rien savoir du tout avant de visionner "Strange Darling" (dont même le titre est étrange) pour profiter pleinement des pièges du scénario.
La photographie est quant à elle plutôt bien travaillée, ce qui ne gâche rien à l'expérience. Par contre, je ne comprends pas vraiment la catégorisation du film : c'est un thriller certes un peu cru et violent, parfois malsain sans doute, mais en aucun cas un film d'horreur. Une jolie surprise signée Jeffrey Tyler Mollner dont j'ai désormais hâte de voir l'adaptation du roman "La petite fille qui aimait Tom Gordon" de Stephen King, pour lequel il avait déjà signé le scénario de "Marche ou crève" (en espérant que cette fois, il ne modifiera pas totalement la fin de l'histoire du roman...).
Le film étant disponible sur Paramount+ j'ai pu enfin le voir ! J'ai adoré l'ambiance, le très peu de dialogue, l'ambiance musicale est incroyable et le découpage en chapitre présenté dans un mauvais ordre fait tout le charme du film. Vraiment je recommande, il m'a fait penser à Pearl je ne saurais dire pourquoi. Ca fait sincèrement plaisir d'avoir ce genre de pépite dans la catégorie horreur parce qu'on est pas forcément bien servi depuis des années.