Comédie noire coréalisée par Guy Maddin et Evan, ainsi que Galen Johnson, Rumours est un très mauvais film. L’histoire nous fait suivre une réunion du G7 durant laquelle les dirigeants des pays membres doivent agir face à la crise mondiale. Seulement, une fois la nuit tombée, un événement étrange se produit et ils se retrouvent alors perdus en forêt. Ce scénario, prometteur sur le papier, n’est hélas pas une réussite dans les faits, faisant que l’on s’ennuie ferme durant un peu plus d’une heure et demie. Pourtant, l’intrigue débute de façon correcte mais, au fil des minutes, le récit peine à se montrer pertinent. Cette espèce de satire caricaturale politique montrant les coulisses du sommet tombe à plat et s’avère totalement vaine tant elle ne dénonce rien. Le métrage aurait pu traiter d’innombrables thématiques mais passe complètement à côté de son sujet. On ne comprend ni la critique ni le message tant le film part dans un délire bizarre, accouchant de scènes loufoques qui n’ont aucun sens. Mais celles-ci sont rares. La plupart du temps, il ne se passe rien à l’écran. L’action est peu présente et, quand elle arrive, elle surprend mais négativement tant c’est du grand n’importe quoi grotesque. L’ambiance totalement spéciale est pourtant plutôt réussie, mais beaucoup trop en décalage avec le propos. Il règne néanmoins une atmosphère indescriptible qui fait que l’on est quand même pris dedans, malgré la médiocrité générale. Le ton est, lui, en électrocardiogramme plat. Ce n’est tout simplement jamais drôle. L’humour ne fonctionne aucunement. Il faut dire que l’ensemble est porté par des personnages inintéressants au possible, malgré le fait que le film tente quand même de les développer un minimum. Mais on se moque bien de leurs petites personnes, d’autant plus qu’ils sont mal joués par une distribution qui cabotine, en particulier Denis Ménochet qui incarne le président français. Ses comparses, interprétés par Cate Blanchett, Charles Dance, Nikki Amuka-Bird, Roy Dupuis, Rolando Ravello, Takehiro Hira, Alicia Vikander ou encore Zlatko Burić, ne sont pas en reste. Tous ces individus entretiennent des rapports ridicules, soutenus par des dialogues soporifiques. Sur la forme, la réalisation du trio est tout juste correcte. Leur mise en scène se contente du minimum syndical. Néanmoins, la photographie jouit d’une certaine beauté grâce aux éclairages colorés, qui confèrent une atmosphère esthétique singulière. Heureusement qu’elle est là, car les décors sont, eux, redondants. Ce visuel atypique est accompagné par une bande originale aux titres éclectiques, capables du meilleur comme du pire. Si certains morceaux sont appréciables, d’autres dénotent fortement et sont carrément risibles, nuisant aux situations et aux images à cause de leurs notes affligeantes. Reste une fin nullissime venant mettre un terme à Rumours qui, en conclusion, est un long-métrage à fuir à tout prix tant c’est une purge cinématographique.