Farce noire et… confuse
En 2021, j’avais beaucoup aimé Les magnétiques de Vincent Maël Cardona. Un film très original. Ces nouvelles 107 minutes ne manquent pas, elles non plus, d’originalité. Hélas, ça s’arrête là pour les compliments. Un homme est mort au Roi Soleil, un bar-pmu à Versailles. Il laisse un ticket de loto gagnant de plusieurs millions d’euros. En s’arrangeant un peu avec la réalité et leur conscience, les témoins du drame pourraient repartir avec l’argent... Et si la vérité n'était qu'un scénario bien ficelé ? Exercice de style pas toujours bien maîtrisé, pendant lequel on compte les cadavres, on s’ennuie un peu et on ne comprend pas grand-chose… A trop vouloir faire original, le cinéaste nous perd en route. Dommage…
Le film n'arrive jamais à clairement choisir son ton. D’abord ludique il se perd rapidement dans un jeu de massacre déplaisant et parfois grotesque. La multiplication des récits, finit par désorienter quelque peu le spectateur moyen que je suis. Autre reproche le film est laid et ce « roi soleil » n’est vraiment pas lumineux. En plus, cerise sur le gâteau – dont la date de péremption me paraît un tantinet dépassée – tous les personnages sont pitoyables, ce qui nuit quelque peu à l’empathie qu’on pourrait ressentir. Une fois posé le fait que les deux premières scènes du film sont pour le moins hors sujet et donc sans intérêt, il reste peu de choses à sauver d’un film intrigant mais qui m’a déçu car, je ne peux m’empêcher de penser qu’autour du thème éternel de l’argent qui conditionne intégralement notre rapport aux autres et au monde, il y avait mieux à faire. A bien y réfléchir, le film Heureux gagnants de 2024, osait plus dans le trash et le politiquement incorrect.
Pourtant, le casting vaut le détour. Pio Marmaï, Lucie Zhang, Sofiane Zermani, Joseph Olivennes, Panayotis Pascot, Nemo Schiffman et la revenante Maria de Medeiros, s’agitent beaucoup, parfois en vain, dans ce huis clos où le décor du bar-tabac-PMU, évolue avec les personnages.. La salle principale est une version stéréotypée du PMU, la cuisine évoque le cinéma asiatique, la cave rappelle l’esthétique de l’horreur américaine des années 70, et l’arrière-salle, sans murs mais avec des rideaux noirs, devient un espace baroque de fiction pure. La fable amère et cruelle est loin de convaincre totalement et le soleil peine à nous éblouir.