Ce film déboule dans nos salles comme une vague tendre à peine sucrée.
Le film fait la part belle à un humour discret et des situations maladroites piquées de réalité :
imaginez un été californien façon années 2000, avec des gamins à roulettes, du MySpace en vrac et un ado qui cherche désespérément son premier baiser via un tutoriel YouTube — attendez-vous à sourire. On rit avant d’être ému, et parfois on pleure... mais doucement, comme on verse une larme dans son verre de rosé.
Ce qui est vraiment classique ici, c’est la mise en scène : pas de prouesse visuelle ou de montagne russe narrative, mais une sobriété élégante qui laisse respirer les personnages.
Le réalisateur Sean Wang choisit l’authenticité plutôt que le flash, en délivrant un récit d’apprentissage sans grosses ficelles hollywoodiennes, mais bien ficelé. C’est simple, direct, touchant — un anti-blockbuster organisé avec tact.
La trame suit Chris, treize ans, en plein été 2008 en Californie. Entre la culture familiale chinoise à la maison et l’appel de la liberté en dehors, il navigue entre respect des traditions et pulsions d’ado — skate, copains, premières émotions. L’interprétation de Izaac Wang dans le rôle de Chris est d’une justesse saisissante : naturel, sobre, sincère. Joan Chen campe une mère à la fois farouche et fragile — la scène où elle évoque ses rêves sacrifiés pour la famille est terriblement poignante .
Le ton du film oscille entre légèreté et gravité. On alterne séquences drôles – notamment sur l’utilisation maladroite des réseaux sociaux, d’AOL à MySpace en passant par les clips rétro – et moments lourds de sens comme les tensions entre générations ou les doutes d’identité de Chris . La musique et le montage ne révolutionnent rien, mais agrémentent l’ensemble avec finesse : un accompagnement discret où chaque note complète le propos sans l’alourdir .
Ce que j’ai aimé, mais que la presse semble juger un peu sévèrement . Certains reprochent au film son classicisme et des ficelles trop identifiées au genre coming-of-age, estimant que le film manque d’audace ou ne va pas assez loin dans les émotions . D’autres considèrent qu’il reste enfermé dans un style Sundance trop lisse, où un trait d’humour ou une introspection plus crue auraient pu amplifier l’impact .)
Pourtant, cette retenue est précisément ce qui rend Didi précieux à mes yeux : un premier film sensible, sans excès, humainement juste. On sort du cinéma avec l’impression douce-amère d’avoir partagé un été d’ado, sans avoir été secoué par une tempête émotionnelle. Et parfois, c’est exactement ce qu’il fallait : un film agréable, touchant, honnête.