Mercato
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Mercato" et de son tournage !

Changement de registre

Après les comédies 16 ans ou presque et Un homme heureux, entre autres, Tristan Séguéla s'essaie au thriller avec Mercato. Un changement de registre qu'il avait déjà opéré avec la série Netflix Tapie, où il avait collaboré avec Olivier Demangel, co-scénariste de Mercato. Il raconte : "C’est un véritable cadeau que m’ont fait Jamel [Debbouze], le producteur Alain Goldman et les auteurs, Olivier Demangel et Thomas Finkielkraut, en me confiant le soin de mettre en scène ce projet à un moment où le scénario n’était pas totalement développé."

Un monde fantasmé

Le réalisateur voulait montrer la réalité d'un univers décrié qui suscite beaucoup de fantasmes, celui du "foot-business", et "essayer d’en couvrir tout le spectre, qui va des terrains de la banlieue parisienne, où l’on repère de futurs talents pour les placer auprès d’agents, jusqu’aux palais d’Arabie Saoudite où l’on raisonne en milliards d’euros."

Jamel Debbouze renchérit : "j’ai toujours eu envie de faire un film sur le foot et Mercato est un projet qui m’a hanté toute ma vie car le phénomène du mercato suscite d’innombrables fantasmes."

Un anti-héros

Mercato met en scène un agent de footballeur, le genre de personnalité qui a mauvaise réputation. C'est cette ambiguïté qui a intéressé le réalisateur : "Ce que j’ai aussi trouvé passionnant, c’était de savoir où on plaçait cet antihéros sur l’échelle de la réussite et c’est une question qui nous a beaucoup occupée pendant le développement. On a décidé de faire de Driss un agent entre deux eaux, pour ne pas dire entre deux âges. Un type qui a eu son heure de gloire et qui ne veut pas sortir du game, comme on lui dit dans le film."

Son interprète, Jamel Debbouze, revient sur ce qui l'a séduit dans ce rôle : "Cette complexité me fascine parce que, comme dans toute chose, il y a des nuances – rien n’est tout bon ou tout mauvais. C’est difficile de prendre parti. Dans la vie d’un agent de footballeur, les paradoxes sont omniprésents : il est dans un dilemme permanent, quotidien, tiraillé entre sa propre ambition et son abnégation consistant à suivre un joueur qui veut vivre sa passion – et que rien ne peut arrêter."

Un fan de foot

Jouer un agent de joueur de football était une évidence pour Jamel Debbouze, tant celui-ci est un fan de ce sport depuis toujours. Après avoir joué au foot dans son quartier avec des enfants de son âge puis au Football Club de Trappes, il a supporté le PSG alors que son voisin de palier, Nicolas Anelka, devenait le numéro 9 de l’équipe de France. "C’était une évidence : le foot est entré dans ma vie par toutes les portes et je suis même devenu président du Football Club de Trappes", se souvient le comédien. Il a ensuite rencontré Zinedine Zidane et, plus tard, Kylian Mbappé, et a découvert les coulisses du foot : "L’addition de toutes ces émotions, combinée à mon expérience footballistique, m’a convaincu de faire un jour un film sur le foot : ce que j’ai vécu et vu dans un stade et dans les vestiaires, comme les pressions que j’ai pu déceler sur le visage de copains agents, m’ont fasciné".

Un ancien joueur devenu acteur

Mercato marque la troisième collaboration entre Hakim Jemili et Tristan Séguéla, après Docteur? et Tapie. Jemili a été semi-professionnel de football jusqu’à ce qu’il se blesse à l’âge 17 ans. C'est tout naturellement que le réalisateur a pensé à lui pour le rôle de Bentarek.

Le tournage

Mercato se déroule entre Paris, sa banlieue, Salzbourg, Ryad, Dubaï, Ibiza et Madrid. Il ne s'agit pas d'une reconstitution mais de vrais décors, l'équipe s'étant rendue sur place, comme l'explique le réalisateur : "je tenais quand même à ce que Driss fasse voyager Jamel, et réciproquement. Donc nous sommes allés à Salzbourg par exemple. Pour la plupart d’entre nous, c’était une première, si bien que quand on a filmé Driss face à la statue de Mozart au milieu de la nuit salzbourgeoise, je me souviens avoir été ému d’imaginer que toute l’équipe, à commencer par Jamel, découvrait cette statue en même temps que Driss."

Tapie

Tristan Séguéla a collaboré avec la même équipe que sur la mini-série Tapie, c'est-à-dire Romain Carcanade à la lumière, François-Renaud Labarthe aux décors, Elfie Carlier aux costumes et Amine Bouhaffa à la musique. Le réalisateur souligne la parenté entre les deux œuvres : "Bernard et Driss sont tous les deux des vendeurs, des businessmen, des bateleurs. [...] j’ai voulu pousser ce qu’on avait entamé dans Tapie : filmer un personnage en mouvement permanent."

Un univers familier

Jamel Debbouze n'était pas dépaysé en préparant Mercato : "J’ai un cousin agent, j’ai des amis agents, et des copains d’enfance qui sont footballeurs. Ce sont des univers que je connais très bien. Le foot, comme le rap, font partie de ma culture." Un de ses amis, Rachid Si Larbi, a beaucoup aidé l'équipe du film. "Et en dehors de lui, toutes les personnes de mon entourage nous ont enrichis et guidés en permanence, en nous confortant dans l’idée qu’on avait raison ou, au contraire, en nous indiquant qu’on faisait fausse route", ajoute-t-il.

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