En fin de conte
Le grand Alejandro Amenábar, loin de son thème de prédilection, le cinéma d’épouvante et fort du succès de son excellent Lettre à Franco, revient à une fresque historique mêlant aventure et biopic en nous proposant l’histoire vraie de l’auteur de Don Quichotte. En 1575, Miguel de Cervantès est capturé par le sultan d’Alger. Retenu prisonnier, Cervantès invente chaque jour des récits d’aventures qui fascinent tour à tour ses codétenus et le sultan. 134 minutes quine me retireront pas de l’idée que ce cinéaste est un très grand qui n’a qu’un tort, être méprisé systématiquement par la critique. Un jour, sans doute, on lui rendra hommage. – Revoyez, Les Autres, Agora, Regression et même Tesis qui a 30 ans et pas une rides.
Ce qui est raconté dans le film, à propos du futur écrivain, prisonnier des Maures à Alger, durant cinq ans, est rigoureusement avéré, si l'on admet que quelques scènes de fiction ont été ajoutées. Alejandro Amenabar a mené des recherches sur Miguel de Cervantès, afin d’en savoir un peu plus sur sa personnalité, et a alors été surpris de découvrir que peu de films de fiction autour de sa vie avaient été réalisés. Alors le choix de se focaliser sur le 5 années de captivité à Alger du pus célèbre écrivain de la planète, permet de nous faire comprendre d’immense talent de conteur de Cervantes, un talent qui leui aurait donc sauver la vie. Quelle ide de génie que de faire surgir les silhouettes de Don Quichotte et Sancho Pança sous les bures de deux religieux de l’Ordre des Trinitaires fondé à l'origine pour racheter les chrétiens captifs des Musulmans. - C'est la plus ancienne institution officielle de l'Église catholique consacrée au service de la rédemption sans armes à la main. Aujourd'hui ils aident les prisonniers et les captifs de toutes sortes -. Le tournage a eu lieu à Valence, Santa Pola, Alcala de Guadaira, Alicante ainsi que dans les jardins de l’Alcazar, à Séville. Les images et la lumière sont somptueuses. Anoter que, comme à son habitude le cinéaste Comme à son habitude, le cinéaste signe la bande originale de son film, en composant un thème pour chaque personnage. Amenabar est un humaniste et un amoureux de la culture, dont il pense fermement qu’elle pourrait, si ce n'est changer le monde, au moins le rendre plus doux.
Julio Peña, 22 ans, mêle fragilité et charisme ce qui sied admirablement à ce Cervantès inconnu, celui qui conte et raconte, sans cesse, pour ne pas sombrer, pour ne pas mourir. Il est entouré pour notre plus grand bonheur par Alessandro Borghi, Miguel Rellán, Fernando Tejero, Luis Callejo, Roberto Alamo, parmi une distribution pléthorique. Amenabar rend ici un hommage vibrant aux conteurs d'histoire, parmi lesquels il se range, assurément, lesquels, à défaut de sauver des vies, - quoique -, ont l'étoffe pour les embellir et les livrer à la liberté qui compte, celle de l'imagination. Un grand film !