291 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
49 critiques spectateurs
5
1 critique
4
13 critiques
3
22 critiques
2
11 critiques
1
1 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Adelme D.Otrante
228 abonnés
1 480 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 2 février 2025
Julie espère rejoindre l’équipe nationale de tennis, elle donne tout à son sport, quand son entraîneur est écarté suite à un suicide elle se tait. Pour protéger sa carrière où tout simplement parce qu’elle n’a rien à dire? Film clinique et froid sur les écoles d’excellence censés mener au sport de haut niveau et sur l’emprise entre coach et élève. Difficile de rentrer dans cette œuvre aussi barbante qu’une partie de tennis en fond de court. Puis quand arrive, enfin, le générique et que l’on voit à la production le nom des Dardennes, tout devient limpide.
C'est le portrait intime et délicat d'une jeune sportive talentueuse, Julie qui mène de front sa carrière de joueuse de tennis et sa vie de lycéenne.
Après le suicide d'une joueuse du club, son entraîneur est suspendu. Le club enquête, cherchant à protéger les autres joueurs et surtout Julie, qui garde le silence.
Le film amène à un véritable questionnement, autant sur les mécanismes de libération de la parole, que sur les mesures de sensibilisation existants dans nos sociétés.
Pas besoin d'une pluie de détails, ni d'artifice, le réalisateur nous laisse dans le flou concernant la relation que Julie entretenait avec son entraineur, nous laissant dans le doute et nos propres interprétations.
Premier long métrage, et déjà une première réussite pour Leonardo Van Dijl.
Leonardo Van Dijl signe un premier film saisissant sur les non-dits et la pression silencieuse du milieu sportif. "Julie se tait" capte avec une mise en scène inspirée l’isolement de son héroïne, enfermée dans des cadres fixes où le flou devient un langage. Tessa Van den Broeck, dont c'est aussi le premier film, y est remarquable, tout en retenue. Un film subtil, qui murmure plus qu’il ne crie, mais laisse une empreinte certaine.
Une jeune sportive talentueuse et promise à une belle carrière, sous l'emprise d'un entraîneur. Le film, Slalom, dépeignait certaines pratiques du monde de ski avec d'autant plus d'acuité que la réalisatrice elle-même avait vécu cette histoire. Julie se tait en raconte une autre, assez proche, troquant les sports d"hiver pour le tennis mais d'une autre manière, moins frontale sans doute et cependant tout aussi poignante avec les non-dits pesants et ce silence qui s'apparente à la peur, celle d'être jugée, notamment. Candidat belge aux Oscars 2025 et coproduit par les frères Dardenne, Julie se tait se met à la hauteur de sa jeune héroïne, décrivant le quotidien d'une espoir du tennis, préférant les coups droits liftés aux montées au filet, symboliquement parlant, en attendant le jeu décisif, peut-être. Le film, avec son casting principalement composé de non-professionnels, emprunte les voies du naturalisme et de la spontanéité, ce qui explique une interprétation plutôt inégale, remarque qui ne concerne pas son actrice principale, Tessa Van Den Broeck, remarquable, qui a puisé dans son passé de joueuse de tennis pour l'incarner et qui se révèle évidemment crédible dans toutes les scènes sportives. Non, tout n'est pas dit sur la relation, parfois toxique, qui peut exister entre un entraîneur et une encore adolescente, douée pour sa discipline mais la suggestion, l’ambiguïté et le malaise sont bien présents dans un film qui ne donne pas toutes les clés mais incite à les chercher.
Assez souvent, il arrive que la réalisatrice ou le réalisateur d'un film qui aurait pu être très émouvant ait tellement peur de tomber dans le pathos qu'elle ou il en arrive à rendre une copie à la vision de laquelle on ne ressent aucune émotion. Moins souvent, pour ne pas être accusé(e) d'avoir réalisé un film trop lourd sur un sujet grave, on peut avoir une réalisatrice ou un réalisateur qui allège tellement son film en matière de "détails" réalistes qu'on en arrive à ne pas bien comprendre ce qu'elle ou il cherchait à dénoncer. C'est ce qui se passe avec "Julie se tait", un film sur Julie, une jeune joueuse de tennis très prometteuse dont l'entraineur est soupçonné d'avoir eu une telle emprise sur une autre jeune fille qu'elle a fini par se suicider. De quelle emprise s'agit-il ? Probablement une emprise à caractère sexuel mais rien dans le film ne le montre vraiment et on peut tout à fait imaginer qu'il s'agit d'une emprise sportive, avec un entraineur qui a tellement stressé la jeune fille en la poussant coute que coute vers l'excellence tennistique qu'elle a fini par se suicider. Si on ajoute que la moitié du film consiste à nous montrer Julie en train de s'entrainer et que Tessa Van den Broeck, l'interprète de Julie, semble bien meilleure comme joueuse de tennis que comme comédienne, on conclut que ce premier long métrage de Leonardo Van Dijl est assez loin d'être pleinement convaincant !
Julie est une jeune joueuse de tennis pleine de talent. Son entraîneur, Jérémy, est mis à pied par la direction du club flamand qui l’emploie. Les raisons de cette éviction ne sont pas dévoilées ; mais le témoignage de Julie, qui était l’élève la plus prometteuse de Jérémy, va s’avérer déterminant.
"Julie se tait" est un « film à thème » sur l’emprise dans le monde du sport. La fiction s’inspire hélas de nombreux faits divers qui défraient régulièrement l’actualité dans le monde du judo, du kayak ou du patinage artistique. En 2021, "Slalom" en traitait qui mettait en scène une jeune skieuse (la révélation Noée Abita) et son coach abusif (Jérémy Rénier).
"Julie se tait" choisit de traiter ce sujet sous un angle original. Il ne raconte pas, comme le faisait "Slalom", la relation toxique de Julie et de son coach. Il se place après. Après quoi ? Là est la question à laquelle le film a l’intelligence (ou le défaut ?) de ne pas répondre.
"Julie se tait" se déroule après les faits dont le coach de Julie est accusé. Son sujet n’est pas la relation entre Julie et Jérémie mais le silence que gardera ou pas la jeune fille tiraillée entre des sentiments contradictoires : la fidélité à celui qui a fait d’elle une championne, la crainte de ne pas être crue, la volonté de minimiser un traumatisme qu’elle nie. Pour le dire en des termes plus cliniques, le sujet de Julie se tait est la libération de la parole.
C’est ce programme écrasant qui plombe le film. Il possède pourtant de solides atouts. Il réussit tout du long à créer une atmosphère particulièrement étouffante. La caméra ne lâche pas d’une semelle Tessa Van den Broeck- dont on admire qu’elle soit en même temps une excellente joueuse de tennis et une si bonne actrice. Cette omniprésence à l’écran crée avec le spectateur une proximité : on s’attache vite à elle au point de partager son indicible mal-être.
Pour autant, selon moi, "Julie se tait" est condamné à l’échec par son projet. Car on sait par avance comment il se terminera. Et on a anticipé les étapes que le scénario empruntera pour nous conduire à cette conclusion prévisible.
Le film est construit sur le principe du « mystère » mais les éléments qui permettent de créer une tension sont trop rares, répétitifs et prévisibles. Les plans interminables de Julie jouant au tennis sont trop semblables tout comme la musique (un seul morceau) placé 5 ou 6 fois achevant de nous lénifier jusqu’à la fin prévisible depuis le premier tiers du film.
On ne peut nier la grande sensibilité d'interaction entre ces jeunes sportifs et les adultes. Mais le scénario ne poursuit quasiment aucune progression et nous laisse à la fin du film dans la même atonie qu'au début avec ....en sus le rappel des bonnes pratiques tennistiques.
"Récompensé du prix SACD et du prix Fondation Gan à la Diffusion lors de la dernière édition de la Semaine de la Critique à Cannes, Julie se tait, premier film de Leonardo Van Dijl, explore la résilience d’une jeune joueuse de tennis face à la pression, les abus et la quête de son autonomie. Un récit universel sur l’écoute et la guérison, à travers une performance émotive de Tessa Van den Broeck et une ambiance musicale signée Caroline Shaw."
"Entre les jeux de pouvoir et de perversion, le cinéma offre à la gent féminine un poste plus actif qu’un outsider à plaindre, en opposition à des hommes diaboliques. Tout en nuance et avec justesse, Leonardo Van Dijl fait le choix d’occulter l’emprise ascendante qu’aurait l’entraineur sur ses joueuses, comme dans Slalom. Il préfère évoquer l’après-coup, une étape de révolte qui incite son héroïne à reprendre sa vie en main, tout en mesurant les conséquences d’une prise de parole publique. En adoptant le point de vue de Julie, Van Dijl esquive le portrait d’un martyr et redonne un souffle d’espoir avec une tendre pédagogie."
"... dans une ambiance à mi-chemin de la contemplation et du néoréalisme, le réalisateur vient à bout de son premier long-métrage avec une assurance et une maîtrise qui méritent qu’on s’y attarde. Sans l’intention de rester confiné dans un carcan MeToo, Leonardo Van Dijl nous livre un récit universel sur une auto-résilience progressive et une étude grinçante, mais optimiste, sur nos capacités à déjouer la solitude et vaincre ses démons, quels qu’ils soient. En somme, Julie se tait donne lieu à une belle délivrance, en valorisant l’écoute à la parole, des notions qui sont amenées à se croiser et à se compléter après un temps de réflexion nécessaire.
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Très intéressant 1er long-métrage de Leonardo Van Dijl , interprété par des acteurs non professionnels , presque tous recrutés dans un club de tennis . Le drame saisit par sa subtilité et sa justesse en interrogeant le choix du silence face à l'adversité et en observant le cadre dans lequel la parole peut advenir !
Un film qui prend sont temps pour un sujet pas évident à traiter au cinéma - les relations entre entraîneurs et jeunes sportifs et surtout les dérapages débordant sur l'intime- souvent abordé entre voyeurisme sensationnaliste et manque de pédagogie.
ici on prend le spectateur par l"intelligence et notre réflexion se bâtit au fur et à mesure du récit et d'une mise en scène exigante et pudique.
L'actrice dans le rôle titre, donc cela semble le premier rôle au cinéma est impressionnante de contrôle et de douleur rentrée. Une belle surprise qui n'est pas étonnante vu la vitalité du cinéma belge depuis quelques années
Dans le monde du sport, la loi du silence peut être très dure. Surtout sur les jeunes athlètes. L’interprétation de l'actrice était touchante. De voir durant le film, elle essaie de faire rien comme si c'était passé. Mais ça la pèse énormément. Un sujet tabou dans le monde du sport, très bien montrer à l'écran.
Le thème est militant, on s'en doute un peu quand on lit le pitch du film, mais au-delà la forme cinématographique, conçue sur des bases destinées à recréer l'enfermement dans laquelle la jeune joueuse de tennis se trouve, est particulièrement réussie. Le temps est long, mais justement il ne se passe rien sauf dans la tête de Julien'. Un plan de grillage apparait sans raison au montage, mais le court de tennis n'est-il pas devenu une cage? Les sons sont déformés, la musique d'accompagnement minimaliste et très chorale. Et surtout, la profondeur de champ est nulle, seul le visage de l'héroïne est net et autour d'elle les personnages sont estompés. La vraie tenniswomen choisie - ca elle tape fort dans la balle- est intériorisée de façon très crédible. spoiler: Le scénario lui offre un entourage bienveillant, presque trop idyllique.
Il n'y a aucune image déplacée, ni même montrée. On parle de Jeremy, on écoute une paire de phrases, mais le souvenir crève l'écran, et nous n'avons pas besoin d'en savoir plus. Dans cette avant-première, il n'y avait que des militants d'associations agissant sur le thèmes violences sexistes, souhaitons que ce prix film trouve son public lors de sa sortie, il le mérite. cinéma - novembre 24
Premier film du réalisateur Belge Leonardo Van Dijl, Julie se tait est caractéristique d'un essai qui a suffisamment mariné son sujet. Le long-métrage expurge pour ainsi dire tout ce qui n'est pas essentiel à son propos. Un rythme lancinant pour pas dire un non-rythme, le second plan majoritairement laissé dans le flou, les silences qui en disent bien plus long que les dialogues. Reste un cadre fixe, dédié à une seule personne, Julie (Tessa Van den Broeck, une révélation). Elle va en cours, s'entraine sur un court, répète les enchainements, les services, les amortis, les montées au filet. Son entraineur et mentor est soudainement évincé des terrains mais elle continue sa vie. Tout l'art du dispositif mis en place par Van Dijl est de répéter inlassablement ces scènes du quotidien de son héroïne et de glisser des cailloux dans ses baskets et réciproquement d'interroger son spectateur. Autant sur le lui-même que sur le mutisme de son personnage principal. Julie se tait choisit justement les non-dits pour faire passer l'idée, à savoir comment une relation toxique prend racine et combien sa réalisation est affaire de temps et d'introspection. Ce qui rend l'expérience parfois déstabilisante mais ô combien nécessaire afin de suspendre idées préconçues et jugements.
Expérience sensorielle et plongée psychologique, le film de VAN DIJL est un bel exercice de style, parfois trop dans le pathos, mais parfois très touchant aussi, et c'est surtout cela que l'on retient, d'un film fort et émouvant