Après le suicide d'une partenaire de club, Julie, jeune tenniswoman brillante se mure dans le silence quand son ancien entraîneur est mis à pied. Julie se tait et l'on a envie de lui tirer les vers du nez pour savoir ce qu'elle cache ou celui qu'elle protège. Ce film évoque l'omerta qui entoure ces adolescentes en quête de repère. Les amateurs de tennis seront servis avec des scènes d'entraînement interminables. Malgré tout, la jeune Tessa Van den Broeck impressionne par sa maturité et sa détermination sportive. L'ensemble laisse un goût d'inachevé comme annonçé par le titre. Intéressant tout de même de plonger dans cet univers.
Julie Zwijgt suit l’intériorisation d’un spoiler: traumatisme que le travail quotidien du corps, tennis oblige, ne parvient pourtant pas à exprimer. Ce paradoxe, à l’échelle de l’individu, se déplace à l’échelle du club et, plus généralement, de la société dans son ensemble : les règles de conduite demeurent confuses puisqu’elles contraignent les élèves à des entretiens alors même que les spoiler: motifs précis ayant conduit à la mise à pied de l’entraîneur ne sont pas abordés , que le personnel administratif et encadrant n’affirme jamais sa position vis-à-vis de cette situation. Le silence de Julie, que son entourage ne cesse de lui reprocher, concentre une spoiler: omerta qui culpabilise la victime . Pour traduire cette détresse solitaire, le réalisateur choisit d’enfermer son actrice principale dans des plans où le partenaire de jeu, l’adversaire ou l’entraîneur n’apparaissent pas ou en toile de fond : nous avons l’impression que le retour de balle s’effectue par rebond sur un mur invisible, contre les parois d’une cellule d’autant plus singulière qu’elle semble ouverte sur l’extérieur – en témoigne la récurrence des séquences filmées dehors. De même, le spectateur reste à l’écart, dans une distance avec les situations traversées, si bien qu’il ne se sent que peu concerné par l’appel à l’aide silencieux de Julie. Autrement dit, le dispositif de réalisation, pertinent, dessert quelque peu la puissance d’une œuvre trop maîtrisée et qui, par excès de technique, délaisse sa réception auprès du public.
Premier long-métrage pour le Belge Leonardo Van Dijl, qui a choisi d'aborder le harcèlement dans le milieu sportif. Mais avec une approche assez originale... Car on ne verra que très peu l'entraîneur de tennis accusé de comportements inadaptés. On entendra sa voix au téléphone, il y aura une scène de rencontre, et c'est à peu près tout. "Julie zwigt" préfère se centrer sur Julie, joueuse très proche de l'entraîneur, mise constamment sous pression. Pression de passer des épreuves sportives de haut niveau, tout en maintenant le cap dans le scolaire. Pression de tout son entourage amical, sportif et scolaire, qui se veut à l'écoute et bienveillant, mais qui rajoutent finalement de la contrainte, en tentant de comprendre la vraie nature de sa relation avec l'entraîneur. Alors que tout ce que Julie souhaite, c'est passer ses épreuves avec l'entraîneur qui la met sur un piédestal, et être la moins perturbée possible. C'est sûr, le film ne plaira pas à tous. Le rythme est très lent, les silences sont réguliers. La mise en scène est sobre, se focalisant 90% du temps sur Julie, face aux autres (et à la pression), souvent en limite de champs ou de focus. Heureusement, Leonardo Van Dijl peut compter sur Tessa Van den Broeck, débutante au cinéma (mais pas au tennis !), qui livre une prestation bilingue prenante. La jeune fille fait régulièrement passer ses émotions par ses postures, ses tics de visages, ou sa respiration. Ne serait-ce que lors d'une scène où son entraîneur essaie de l'appeler ! Tandis que le scénario élabore bien la relation ambigu avec l'entraîneur, dont la toxicité se cache derrière quelques réflexions ou comportements marqués de Julie. Un beau premier long-métrage, sur un sujet pas évident.
Julie, jeune espoir du tennis belge, toute proche du graal, rejoindre l’équipe nationale ; lorsque son entraineur est mis à l’écart suite au suicide d’une joueuse, elle décide de se taire. « Slalom » traitait aussi de l’emprise d’un entraineur sur son athlète, avec les fabuleux Jeremy Rénier et Noée Abita. Ce film mettait au cœur du dispositif le prédateur et ses stratégies. Là, Leonardo Van Djil, pour son premier long, primé à la semaine de la critique cannoise de 2024, nous place juste après les faits pour assister au mutisme du sportif. Mutisme pourquoi ? Par culpabilité, pour défendre sa place en équipe nationale et ne pas faire de vague, par loyauté,… ? On ne le saura jamais même arrivé au terme du film ; et pourtant le sujet du film est la libération de la parole. Tout comme, le mystère autour de cette emprise, de quoi s’agit-il ? Abus sexuels, maltraitance mentale, emprise psychologique,…? Beaucoup trop de question sans réponse pour un film qui à trop vouloir éviter le pathos en montrant trop ; choisi d’alléger tellement son propos en éludant avec force de nombreux détails qu’il finit par ne pas nous faire comprendre ce qu’il cherche à dénoncer. Produit par les Dardenne, le jeune metteur en scène colle au plus près de son actrice, Tessa Van den Broeck, qu’il nous montre la moitié du temps en train de s’entrainer. Que c’est long, surtout que dans son casting amateur, le jeune fille est très probablement meilleure au tennis qu’à la comédie. Ce film parvient malgré tout à créer une atmosphère étouffante autour de ce silence. Il a le mérite aussi de tenter de décortiquer les méfaits et les mécanismes de l’emprise dans le milieu sportif, milieu dans lequel les jeunes sont très vulnérables à ce type de comportement. Même si c’est parfois barbant comme un match de fond de court, Leomardo Van Djil observe et restitue élégamment les non-dits. Pas indispensable.
Une jeune joueuse de tennis avec des espoirs de carrière avec tout ce que cela implique comme effort. On se demande où va le film, on pourrait croire être en face d'une fiction documentaire sur l'âpreté de cet apprentissage. Puis le climat devient plus pesant sans que l'on sache vraiment pourquoi. Jusqu'aux réponses de l'origine de ce climat.
Un film sur l'emprise d'un entraîneur sur une joueuse de tennis ou plutôt sur l'après, sur la lente libération de la parole. Le film vaut pour l'ambiance lourde créée, en ne lâchant jamais l'actrise principale (belle performance). Néanmoins, "Julie se tait" est plombé par la faiblesse de l'écriture et de la dramarturgie, d'une fin qui se devine (la force qui devient une faiblesse est de ne jamais dire le contenu de l'emprise coach / joueuse) et par beaucoup de scènes bien moins profondes (tout les acteurs ne sont pas convainquants).
Présenté en 2025 dans un contexte où la parole des jeunes sportives sur les abus et les pressions explose enfin dans l’espace public, « Julie se tait » choisit une approche inverse : celle de l’intériorité, de l’observation, presque du retrait. Julie, 15 ans, espoir du tennis, se tait littéralement. Et ce silence devient le moteur narratif du film. Van Dijl filme avec précision, tout est montré avec une retenue presque documentaire. On sent que le film respecte le rythme de son personnage, ses hésitations, ses blocages, ses retraits successifs du monde. Une histoire de contrôle, de solitude, et de survie intérieure racontée avec une justesse précieuse.
De par son titre, Julie se tait est forcément un film de non-dit qui, à l'instar de Juste la fin du monde ou Aftersun, donne l'impression que l'essentiel se trouve hors-champs, entre les images. Je comprends et respecte cette intention, mais ce n'est vraiment pas mon truc.
Leonardo Van Dilj nous présente un personnage discret et déterminée à réussir avec Julie se tait, seulement on observe directement une solitude frappant la jeune fille.
Rapidement, on s'imagine le pire et malheureusement, on ne s'y trompe pas, faisant preuve d'une grande justesse et d'une finesse étonnante (j'apprécie énormément l'association à Ruth Becquart à l'écriture) pour engager cette thématique lourde.
Le sacrifice d'enfants pour leur passion, la promesse d'une réussite une manipulation et un profit exécrable, la culture du culte envers celui qui a permis de nous élever.
Les dialogues sont étouffants par leurs fidélités à la réalité, aucune confiance envers la/le/les victime/s et que dire du silence assourdissant qui en dit tellement plus que des mots.
Le prédateur est parfaitement défini, le contact continu, la manipulation et les abus de confiance et de pouvoirs afin d'isoler le plus possible la victime.
Mais aussi l'effroi provoqué par le déni parental qui paraît incompréhensible étant donné qu'ils ne subissent pas ces mécanismes pervers.
Pendant que Julie se tait, on a envie de hurler pour elle tant les signes sont nombreux, pire encore la voir se sentir coupable et culpabiliser et tout simplement horrible, affreux de voir une enfant à ce point brisée.
Et ça fait encore plus mal de voir avec quelle facilité cette jeune fille est rayonnante lorsqu'elle est enfin entourée et soutenue, le résultat de ne plus être sous emprise est saisissant, on peut enfin sourire même si les larmes continuerons de couler jusqu'à la fin du générique de fin.
Cette précision à montrer toute la lâcheté et le culot dont un agresseur fait preuve, le fait qu'ils peuvent détruire un nombre incalculable de vie, sans jamais se soucier de leur avenir, c'est à vomir et si réel.
Tessa Van der Broeck est saisissante dans ce rôle brisée, jusqu'à dans la gestuelle pour faire paraître un mal-être profond. Julie se tait est un film extrêmement touchant, nécessaire et puissant que je recommande à tout le monde.
Julie est une jeune espoir talentueuse du tennis belge. Son entraîneur est suspendu suite au suicide d’une de ses anciennes élèves. Alors que les membres du club sont invités à s’exprimer, Julie préfère garder le silence. Dans un film, lourd de silence, le spectateur assiste au processus interne d’une victime, qui accepte de se détacher du joug de son bourreau. C’est brillant, glaçant, bouleversant.
Je suis mitigée concernant ce film. Tout le long, on subit les silences, les suppositions, les non-dits.. Jusqu'à la fin, on s'attend à comprendre l'origine de l'emprise et à nuancer les agissements de l'entraîneur Jérémy envers ses éleves de tennis, encore adolescentes, sans jamais avoir des vraies réponses.. Les faits : une élève s'est suicidée et le coach a été éloigné du collège pendant l'enquête. Julie, a défaut de savoir gérer la nouvelle tragique, a été incapable de dire quoi que ce soit à son sujet, même si elle était proche de ce dernier. Trop proche ? On ne saura jamais. C'est répétitif, long par moments, froid.
La mise en scène est belle et soignée et le récit resserré sur Julie feutré, intelligent, touchant et captivant. L'ensemble est excellent et important.
Un sens du cadre et de la mise en scène d'une finesse et d'une précision rares, autant de maîtrise procure de l'émotion, ça fait du bien de sentir ça dans un film, de sentir la mise en scène tout en l'oubliant, de se laisser séduire tout en oubliant cette séduction. Idem pour l'écriture et le jeu de l'actrice principale, cette Julie qui se tait avec une folle éloquence, une éloquence dévastatrice. Aussi, le tennis est filmé avec une belle intensité, on est avec Julie, on est dans on effort, on y croit, et c'est déjà beaucoup, rarement, voire quasi jamais le tennis n'a été filmé aussi fidèlement que dans ce film, tout en restant crédible et réel. Belle surprise, cinéaste à suivre...
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3,0
Publiée le 18 février 2025
La vie de Julie, la joueuse vedette d'une académie de tennis, est bouleversée lorsque son entraîneur est suspendu à la suite d'un drame... Le début d'une prise de conscience avec pas mal de questions et d'interrogations. Si "Julie zwijgt" fait écho à de nombreuses affaires dans le milieu du sport et plus particulièrement du tennis, Leonardo Van Dijl, qui adapte son propre court-métrage "Umpire", fait le choix de la sobriété. On est directement prévenu avec le titre puisque Julie ne s'épanche pas sur cette affaire. C'est à nous de lire entre les lignes pour comprendre de quoi il s'agit réellement, car ça peut déboucher sur plusieurs choses. Il y a notamment une phrase qui fait tout basculer et nous ouvre les yeux sur ce que la jeune athlète a vécu. Une histoire de résilience intérieure qui essaie de comprendre les personnes qui gardent le silence sans jamais les juger. Une approche respectueuse qui reste parfois malgré tout trop en surface. Au final, je suis un peu resté sur ma faim, mais c'est pas mal et surtout fidèle aux promesses de départ.
Co-produit par les frères Dardenne, Julie se tait montre le quotidien des ados en sport études, fait de cours, parfois interrompus par des séances de kiné, mais aussi de longues heures passées sur les terrains à s’entraîner, à faire des gammes, à répéter les gestes pour être le plus performant possible le dimanche lors des compétitions.
Dans une forme souvent proche du documentaire, filmant au plus près les regards, les attitudes, les silences et les non-dits, le réalisateur belge propose une mise en scène extrêmement soignée, avec un travail sur le cadre très précis, montrant ses personnages principalement dans des plans fixes, usant de subtils jeux d’ombres et de lumières pour évoquer les violences et la pression psychologique que peuvent ressentir les adolescents dans le monde du sport de haut niveau. On appréciera également la musique entêtante de Caroline Shaw qui vient accompagner les images dans une forme d’épure stylistique privilégiant le cadre et les sons ces plutôt que les longs dialogues.
Dommage que le film soit, par moment, un peu trop ombrageux, et ne donne pas plus de clés au spectateur, notamment sur la relation d’emprise entre Julie et son ancien entraîneur. Malgré tout, on appréciera la maîtrise et la manière avec laquelle le réalisateur ausculte la vie de cette adolescente qui, malgré les tourments psychologiques, semble s’accrocher à son sport comme à une bouée.