A première vue le film reprend le cahier des charges inhérent au genre, un bébé monstre, des parents qui ne vont évidemment pas être sur le même longueur d'ondes, une forêt étrange voir inhospitalière, une maison forcément isolée, mystère du passé, choc des cultures... etc... Rien de bien neuf donc... Pourtant le film nous prend un peu pas surprise dans les effets organiques autant charnels que forestière, et surtout dans l'intimité féminine et surtout maternelle et sa dimension sanguine. A contrario plutôt déçu par le bébé, très bon point pour avoir privilégié l'animatronique plutôt que le numérique mais le bébé reste tellement dans l'ombre ou l'obscurité que les effets le concernant s'en trouve atténués. Mais on s'agace un peu plus sur les actions-réactions des proches, et d'autant plus du mari qui paraissent toujours peu plausibles, plus incohérents voir même invraisemblables... SPOILERS voir site !... Ainsi y a-t-il des limites à la cécité paternel, tandis que le passé familial qui s'avère trouble reste au niveau des évocations floues et du questionnement sans réponses. On constate donc que sur le fond la réalisatrice tombe sur les écueils habituels du genre, mais se rattrape sur la forme avec un superbe travail sur l'environnement, une certaine audace dans les passages dérangeants et malsains, avec une réflexion sur la maternité intéressante, et en prime une performance de Seidi Haarla aussi bluffante que perturbante. Site : Selenie
Oh, chérie,spoiler: si on allait fricoter dans les bois, c'est pastoral, c'est poétique, c'est... monstrueux. Oh mince, le lichen n'était pas frais, Bébé a une sale gueule. L'actrice Seidi Haarla est assez bluffante dans son rôle de maman qui subit spoiler: l'origine étrange de son bébé et les poussées soudaine d'arbres dans sa maison (c'est Monsanto, ça), tandis que Rupert Grint continue sa carrière d'électron libre depuis Harry Potter : on ne sait jamais où il va apparaître, mais c'est toujours assez étonnant (Moonwalkers est un bazar fascinant dont on ne se remettra jamais). Malheureusement, le film est ultra maladroit et prévisible, ce qui gâche un peu le visionnage, malgré les jeux d'acteur de qualité. Les trucages numériques du bébé sont infects, le scénario est linéaire et tout vu d'avance (surtout si vous avez déjà vu Lamb et autres délires autour de la natalité... C'est vraiment très proche), et la fin saccage un peu le message spoiler: féministe "les mères subissent beaucoup, aidez-les" avec cette dernière scène où la mère spoiler: se révèle être un monstre elle aussi, qui bouffe son pauvre époux (la bonne poire du film...). Le rythme est quand même bien tenu (le film est concis avec ses 90 minutes), et la photographie est plutôt bonne. On notera même la scène spoiler: assez débilement sanglante de l'accouchement , celle qu'on a préféré du film (avant qu'il ne se prenne trop au sérieux, alors qu'il balance tous les indices d'emblée, ne réservant aucune surprise pour la fin), et le jeu d'acteur assez impressionnant (ils sont à fond, tous les deux). Difficile de ressortir de Nightborn surpris, tant rien ne tente de sortir de l'idée qu'on se construit de sa trame, au fur et à mesure qu'on nous surligne tout... Un film qui est maladroit, assez proche d'autres œuvres existantes, mais dont le binôme d'acteurs est irréprochable.
Nightborn s'inscrit dans la continuité du renouveau du fantastique nordique en privilégiant une horreur psychologique fondée sur l'incertitude plutôt que sur la démonstration. Hanna Bergholm construit un récit où la peur ne surgit pas d'une succession de scènes spectaculaires, mais d'une lente dégradation des repères. Dès l'installation de Saga et Jon dans une maison familiale isolée, le quotidien se transforme progressivement en un espace où chaque geste, chaque silence et chaque regard semblent porteurs d'une menace difficile à identifier.
Le film trouve sa singularité dans la manière dont il traite la parentalité. La grossesse, l'accouchement et les premiers mois qui suivent ne sont jamais réduits à de simples éléments narratifs. Ils deviennent le point de départ d'une réflexion sur l'altérité, sur cette sensation de voir apparaître un être à la fois intime et profondément étranger. Cette ambiguïté nourrit une tension constante et donne naissance à un fantastique où le doute prend progressivement le pas sur les certitudes.
L'autre grande réussite du film réside dans la dynamique du couple. Les incompréhensions s'accumulent, les interprétations divergent et la communication devient progressivement impossible. Chacun évolue dans une perception différente des événements, créant une fracture psychologique qui alimente l'angoisse du spectateur. Le récit ne cherche jamais à apporter des réponses immédiates, préférant laisser s'installer une impression durable d'instabilité.
Visuellement, Nightborn privilégie l'atmosphère aux effets démonstratifs. La forêt, la maison et les matières organiques prolongent les états émotionnels des personnages. Les effets pratiques, les maquillages et les marionnettes renforcent la présence physique des éléments fantastiques, tandis que le design sonore et le hors-champ entretiennent un malaise permanent. Sans multiplier les jump scares, le film construit une tension continue qui accompagne le spectateur jusqu'à son dénouement, faisant de l'incertitude son principal moteur dramatique.
Nightborn est un film d’horreur troublant et efficace. Il sait installer une ambiance dérangeante et coche globalement les cases du genre. Certaines scènes fonctionnent très bien et mettent réellement mal à l’aise. Mais l’ensemble manque de rythme. Le film tourne un peu en rond et peine à faire avancer ses enjeux. Les personnages secondaires, en particulier, sont souvent presque ridicules tant ils ne semblent jamais voir ce qui crève pourtant les yeux : la nature inquiétante de la relation mère/fils. Dommage, car avec plus de tension et des personnages mieux écrits, Nightborn aurait pu être vraiment marquant.
Parti sur une séance du matin un peu au hasard, je suis tombé sur cette excellente surprise : entre l'immersion dans la forêt finlandaise, la dynamique du couple des 2 acteurs principaux menacée par des cultures british et nordique différentes, et par l'arrivée d'un "petit monstre" et la gestion post-partum, la dérive vers la folie/le fantastique... Je me suis bien fait capter !
Dès le début du film, on est plongé dans l’ambiance des films de genre : un couple de finlandais prend possession d’une vieille maison complètement isolée et délabrée au fond d’une forêt profonde avec une bande-son suscitant l’angoisse. On suit l’histoire de ce couple dont la femme va accoucher d’un enfant et quel enfant ! L’horreur et l’épouvante s’invitent alors et nous accompagnent tout au long de ce film. La réalisation et l’interprétation sont certes de bonne qualité malgré la noirceur du sujet traité. A noter toutefois une belle pointe d’humour cynique à la fin du film. Les amateurs de film de genre apprécieront sans doute, les autres peut-être.
Bernard CORIC (Film visionné en projection de presse le 20/04/2026 au Club 13 à PARIS)
Avec Nightborn, Hanna Bergholm confirme son goût pour un cinéma d'horreur psychologique où les monstres naissent autant des peurs intérieures que du surnaturel. Après avoir marqué les esprits avec son premier long métrage, la cinéaste revient avec une œuvre oppressante qui mêle drame familial, folklore nordique et terreur viscérale.
Saga et son mari Jon quittent la ville pour s'installer dans la maison où elle a grandi, perdue au cœur des forêts finlandaises. Ils espèrent y construire une vie paisible avec leur nouveau-né. Pourtant, dès les premiers jours, Saga est persuadée que quelque chose ne va pas chez son enfant. Tandis que son entourage tente de la rassurer, la jeune mère s'enfonce dans une spirale de doutes où la frontière entre instinct maternel, traumatisme et phénomène surnaturel devient de plus en plus incertaine.
Le scénario s'appuie sur une montée progressive de la tension. Hanna Bergholm privilégie le malaise à l'horreur frontale, laissant le spectateur partager les interrogations de son héroïne. Le film explore avec intelligence les angoisses liées à la maternité, l'isolement et le poids des souvenirs d'enfance, tout en entretenant un mystère qui ne cesse de s'épaissir.
Seidi Haarla livre une prestation remarquable de vulnérabilité. Elle incarne une mère déchirée entre son amour pour son enfant et la peur grandissante de ce qu'il pourrait être. Face à elle, Rupert Grint apporte beaucoup de retenue au personnage de Jon, tandis que Pamela Tola enrichit cette galerie de personnages confrontés à l'inexplicable.
La mise en scène fait des paysages finlandais un véritable personnage. Les immenses forêts, les nuits interminables et les intérieurs baignés d'une lumière froide créent une atmosphère pesante où chaque silence devient menaçant. La réalisatrice soigne particulièrement le travail sonore et les effets visuels, préférant une horreur suggestive qui laisse une large place à l'imagination.
Au-delà de son récit fantastique, Nightborn interroge les peurs les plus profondes liées à la parentalité : la responsabilité, la transmission et l'inquiétude de ne pas reconnaître son propre enfant. Cette dimension psychologique donne au film une puissance émotionnelle qui dépasse largement les codes du genre.
Un film d'horreur aussi élégant qu'angoissant, porté par une Seidi Haarla bouleversante. Hanna Bergholm signe un conte sombre où la terreur se nourrit autant des blessures de l'âme que des mystères de la forêt.
Sous ses airs de film d’horreur glauque et profondément malaisant, Nightborn cache une réflexion bien plus intéressante qu’il n’y paraît. À travers l’histoire d’une mère qui voit son bébé n’est pas normal et bizarre, le film propose une métaphore de la parentalité, de l’épuisement et de la difficulté à créer un lien avec son enfant. Cette double lecture fonctionne étonnamment bien et donne une vraie profondeur au récit.
Mais Nightborn n’oublie jamais son côté horrifique. Le bébé est particulièrement dérangeant, son cri est cauchemardesque et plusieurs scènes flirtent avec le body horror, au point de mettre franchement mal à l’aise. L’atmosphère mystérieuse, presque oppressante, participe énormément à cette sensation et maintient la tension jusqu’au bout. Seidi Haarla porte le film avec une prestation convaincante, tandis que Rupert Grint reste plus en retrait et n’apporte finalement pas grand-chose.
Tout n’est pas parfait. Certains effets autour du bébé paraissent un peu artificiels et cassent parfois l’immersion. Malgré cela, Nightborn réussit à proposer une expérience originale, dérangeante et intelligemment écrite. Un film qui ne se contente pas de faire peur, mais qui laisse aussi matière à réfléchir une fois le générique terminé.
Le film commence bien, avec un scénario qui promet. Puis l'histoire tourne un peu en rond, malgré l 'interprétation correcte des acteurs. Une fin très prévisible cependant
Le film commence pourtant plutôt bien, avec cette ambiance de maison isolée au cœur de la forêt et ce couple qui rêve de fonder la famille idéale en pleine nature. Évidemment, ce rêve tourne très vite au cauchemar.
J’ai bien aimé les passages assez gore autour de la maternité, que j’ai trouvés particulièrement réussis et dérangeants. En revanche, pour le reste, j’ai eu beaucoup plus de mal. En dehors de la mère, les personnages manquent cruellement de profondeur et il est difficile de s’y attacher.
Je trouve aussi dommage que le film n’exploite pas davantage son décor. Le mal est censé se trouver dans la forêt, mais on passe finalement la majeure partie du temps enfermé dans la maison. Pourtant, le cadre avait énormément de potentiel. Les plans sont parfois incompréhensible, notamment celles liées aux pertes de mémoire, m’ont paru assez confuses sans vraiment apporter de réponse.
Au final, c'est assez bof. Avec un tel concept et un tel décor, je pense qu’il y avait largement de quoi proposer quelque chose de plus marquant.
Vu au NIFFF à Neuchâtel. Un film bien réalisé et bien joué, mais avec quelques problèmes de scénarisation. Il est difficile de comprendre le comportement de plusieurs personnages tout au long du film