La Belle équipe
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JSCooper
JSCooper

11 abonnés 904 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 novembre 2026
Sorti en 1936 sous la direction de Julien Duvivier, "La Belle Équipe" est l'un des sommets incontournables du réalisme poétique français de l'entre-deux-guerres. En mettant en scène cinq ouvriers au chômage qui s'associent pour construire une guinguette au bord de l'eau grâce à un gain à la loterie, le film capture merveilleusement bien l'élan de solidarité populaire qui caractérisait son époque.

La plus grande réussite du film repose sur sa distribution et son atmosphère bucolique. Jean Gabin est absolument formidable dans le rôle de Jeannot, le leader charismatique de la bande. Il livre une interprétation d'une justesse et d'une sincérité désarmantes. Face à lui, Charles Vanel est tout aussi excellent en ami fidèle et torturé, épaulé par une remarquable galerie de seconds rôles typiques des années 1930. De plus, le film brille par des séquences particulièrement inspirées et magnifiquement mises en images, à l'image des travellings fluides de Duvivier le long des berges ensoleillées de la Marne ou des scènes de travaux collectifs, qui exhalent un parfum d'insouciance et d'optimisme communicatif.

Cependant, le long-métrage souffre d'un défaut d'écriture qui tempère l'enthousiasme : l'histoire s'avère assez prévisible. Dès que la guinguette commence à prendre forme, les rouages du drame et les tensions internes au groupe — provoquées par la figure de la "femme fatale" incarnée par Viviane Romance — se mettent en place de façon très mécanique. On devine aisément comment le destin va s'acharner sur cette belle amitié virile, ce qui atténue l'effet de surprise. Ce manque d'originalité narrative est renforcé par le pessimisme noir et la misogynie inhérents au cinéma de Duvivier, qui force parfois le trait du tragique de manière un peu artificielle.

"La Belle Équipe" n'en reste pas moins un chef-d'œuvre touchant, indispensable pour quiconque souhaite ressentir l'esprit et la fraternité de l'année 1936. Grâce à son casting impérial et à ses moments de grâce suspendus, le film surmonte la prévisibilité de son scénario pour nous offrir une œuvre d'une grande sensibilité.
Fabrice G.
Fabrice G.

26 abonnés 41 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2026
Le film est un peu idéaliste, néanmoins c'est tellement bien filmé qu'on a envie d'y croire. Au début je me suis dit qu'il avait un peu vieilli et m'attendais à m'ennuyer...mais que nenni il y a une grosse accélération, avec notamment des peintures de personnages assez justes et touchantes, correspondant au monde d'avant...avant la digitalisation. Gabin est lumineux, Viviane romance est superbe en garce, quels grands acteurs ! Certaines scènes sont très bien senties, entre ces deux derniers et Charles Vanel, qui constituent le trio principal. Je ne crois pas trop au dénouement mais peu importe, c'est un film majeur du cinéma français.
Claude Julien57
Claude Julien57

7 abonnés 196 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2026
Vu sur Arte hier soir. Bien au-delà de la carte postale du Front Populaire, le film montre une petite bande de jeune hommes bien soudés dans la dèche et dont la fortune subite va mettre à l’épreuve l’amitié et la solidarité. Quant à la fraternité, elle a deux faces : la belle de la devise républicaine et la noire, celle des frères ennemis. Tout cela servi, entre autres, par un grand Gabin.
Nathalie Picard
Nathalie Picard

2 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 novembre 2026
Difficile et dérangeant de regarder ce film tant il est imprégné de misogynie, sexisme et de culture patriarcale pour ne pas dire masculiniste. Bah oui le destin funeste de cette belle équipe initiée dans une si touchante amitié virile c’est la faute des femmes aux portraits stéréotypés : naïve ou manipulatrice au choix. Le pire c’est que Gina l’ensorceleuse qui vient de se fait frapper par Jean ne trouve qu’à dire «  Ah toi t’es un homme au moins ! » Impardonnable validation des violences faites aux femmes ! Ennoutre exceptée la date de réalisation on cherche encore les liens avec le front populaire dans ce pessimisme qui anime ce qui aurait pu être mais qui n’est pas une belle allégorie politique .
Ph SRL
Ph SRL

10 abonnés 127 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 novembre 2026
L’amitié entre les hommes, la fragilité de cette dernière face à la femme, l’esprit d’équipe, le prolétariat, la mise en commun des biens, l’esprit du front populaire de 1936, toute une époque avec un casting d’enfer et Jean Gabin qui chante. A voir.
CrystalEagle
CrystalEagle

6 abonnés 148 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 septembre 2026
Il y a des films qui vous tombent dessus sans prévenir. La Belle Équipe est de ceux-là. Pendant plus d'une heure, Gabin et sa bande nous font aimer la vie et le cinéma d'une force qui ne s'explique pas : on voudrait être des leurs, trinquer au bord de la Marne, croire avec eux que ça va tenir. C'est le plus beau film sur l'amitié masculine qu'il m'ait été donné de voir, parce qu'il ne la raconte pas, il la fait vivre, puis s'effondrer sous nos yeux. Une fraternité née dans la misère, et qui ne survivra pas à la fortune. Le film réveille en chacun le fantôme d'un projet partagé qui s'est défait, d'une bande qui n'a pas tenu. On cite volontiers Renoir et Carné, mais Duvivier est un cinéaste immense, dont la mise en scène stupéfie par sa modernité, un pied de nez magnifique à ceux qui croient le cinéma des années 30 poussiéreux. Sa caméra bouge, glisse, enveloppe ; et lorsque Gabin pousse sa chansonnette au fil de l'eau, l'image et le son se confondent en un instant de grâce qu'on n'oublie plus. C'est du noir et blanc, et pourtant tout y est lumineux, fleuri : on jurerait voir de la couleur partout.

On y découvre un Gabin jeune et vibrant, dont on devine déjà le monument qu'il deviendra, face à un Vanel qui prête à la lâcheté et à la faiblesse une humanité bouleversante. Spaak écrit dans une langue de la rue, tendre et cruelle, où une réplique comme « on veut tous la liberté, mais aucun de nous peut l'avoir seul » devient philosophie sans jamais cesser d'être populaire. Le scénario ne court pas après la surprise : il guette le basculement, le moment où tout vacille vers le drame, et la blessure est bien réelle. Que les spectateurs de 1936 aient voté en masse pour la fin heureuse en dit long sur leur besoin d'y croire ; que Duvivier l'ait toujours regretté en dit tout autant sur sa vision de l'humanité. Beau et triste, un très grand film.
Deroo Blar
Deroo Blar

2 abonnés 207 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mai 2026
La belle équipe est un grand film des années 30.
Malgré mes moins de 40 balais, j'essaie de regarder la filmographie de Jean Gabin. Je découvre à l'exception de deux ou trois films, le cinéma des années 30.

C'est alors que je regrette presque de ne pas l'avoir connu plus tôt mais ces découvertes procurent l'émotion de mes premières expériences cinématographiques.

La belle équipe est un film qui démarre joyeusement avec cette bande de potes qui gagne à la loterie. C'est un plaisir de les voir s'amuser, rigoler, cabotiner. Au point qu'on souhaiterait être des leurs et passer un bon moment ensemble.

Je note un film en noir et blanc mais pourtant lumineux, fleuri, au bord de l'eau et tout donne envie, même quand il pleut.

La scène de la tempête pour l'époque est une merveille du cinéma...

Mais comme la vie est faite de hauts et de bas, si il y a de la joie, il y a aussi parfois de la peine. Cette peine, deux amis la partagent et le film plonge alors dans le drame, revient dans la comédie et fait plusieurs aller retour.

Je comprends alors que les années 30 étaient glorieuses pour le cinéma. Les acteurs sont tellement vrais et je comprends que se priver de la filmo du vieux quand il était jeune est se priver d'un morceau très important de sa carrière. On dit que les acteurs se subliment parfois mutuellement et il faut dire que Vanel est monstrueux de vérité.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

4 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mai 2026
Avec La Belle Équipe, Julien Duvivier capte l’élan collectif et les désillusions populaires dans une France marquée par les espoirs du Front populaire. Le groupe d’amis, porté notamment par Jean Gabin, incarne une fraternité fragile rapidement rattrapée par les rivalités et les frustrations. Duvivier alterne chaleur humaine et fatalisme avec une noirceur progressive très maîtrisée. Pourtant, le film peut parfois sembler hésiter entre chronique sociale et mélodrame sentimental. Reste une œuvre forte et amère, mais dont les déséquilibres limitent légèrement l’impact global.
Arthur Lafont
Arthur Lafont

6 abonnés 395 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2025
Un classique de l'avant guerre. La mélancolie mêlé au bucolique et son cortège de tragique signé Duvivier. Des dialogues travaillés, les personnages et leurs évolutions un peu moins mais les interprètes font oublier ce détail. Une histoire d'amitié, d'amour et de cœur brisé et bien entendu GABIN et ce beau dimanche au bord de l'eau.
Geoffrey N
Geoffrey N

4 abonnés 97 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2025
Magnifique drame, qui nous plonge instantanément dans le Paris des années 30. Les personnages sont attachants tout en ayant leurs travers. L'histoire est originale et on se laisse bien porter par le récit. Les dialogues sont tellement délicieux qu'on en redemanderait. Une fois passé outre le manque de couleur et le rythme parfois lent de cette époque, on se surprend à apprécier le film.
gerard stevenson
gerard stevenson

33 abonnés 1 442 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 juillet 2025
Ce film de 1936 est un beau portrait sur l'amitié masculine. Cinq amis au chômage gagnant à la loterie, décident d’investir dans une ruine pour en faire une guinguette. On va passer de l'espoir, de la joie au rêve brisé.
Avec un Jean Gabin livrant une performance, avec en autre un passage où il chante.

NB : la version que j'ai vu est celle où la fin est plus sombre. Fin voulue par le réalisateur Julien Duvivier.
Mme Hérisson
Mme Hérisson

7 abonnés 386 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2025
Ce film a le charme des années 30. Il traite de l’amitié, mais alors que tout semblait bien parti avec cette bande d’amis qui gagnent à la loterie, peu à peu les choses ne vont se passer comme prévues. Malgré les années qui passent sur ce film très ancien, il reste encore aujourd'hui facile à regarder, ce qui en fait certainement un grand film de l’époque et un beau témoignage des années 30.
Pernille
Pernille

33 abonnés 267 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2025
Il y en a qui considère comme ringard des films d'il y a 20 ou 30 ans, alors là, celui-ci date de Mathusalem ! Moi, j'aime ! Moins aujourd'hui, mais il fut un temps où je regardais beaucoup de films de l'entre-deux-guerres. Et tous les films de Gabin, l'idole de mon père (et le mien aussi). Il a eu la chance de voir bon nombre de ses films à leur sortie. Mon amour pour le cinéma de cette période s'explique facilement. A replacer dans le contexte et première règle en Histoire, comme en Histoire du cinéma, on ne regarde pas avec nos yeux du XXIème siècle. J'aime l'atmosphère, l'histoire de ces cinq hommes gagnants de la loterie qui essaient de monter une guinguette et sont rattrapés par des conflits. Je connais le fait qu'il y ait deux fins, une pessimiste, la première, et la seconde de la volonté du public. Je ne pense avoir qu'une seule des deux. Je prends ce film comme d'autres de l'époque comme un moyen de découvrir la société de cette période. C'est autant l'envie de voir un film qu'une part de l'Histoire de la période, une sorte de témoignage. On y apprend beaucoup en même temps de l'histoire elle-même et de la société de l'époque. Je cherche vainement les dates de tournage. On dit de ce film qu'il est celui du Front Populaire. Mais le film sort vers la mi-septembre 1936, j'estime difficile qu'il ait été tourné au printemps de la même année, sans doute avant et donc avant même les évènements politiques.
Lomen
Lomen

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2025
La Belle équipe de Julien Duvivier est un film classique du cinéma français, offrant un regard saisissant sur la condition humaine à travers l'histoire de sept hommes, unis par un rêve commun et confrontés à la réalité des aspirations personnelles. Sorti en 1936, ce film a non seulement marqué son époque par sa thématique sociale mais reste encore aujourd’hui une œuvre pertinente.

Les personnages, tous très différents les uns des autres, sont brillamment interprétés par un casting d'acteurs solides, avec une mention spéciale pour les performances de Raoul Ploquin et de Jean Gabin. Chacun apporte une profondeur particulière à son rôle, ce qui donne au film une vraie dimension humaine et émotionnelle.

La mise en scène de Duvivier est à la fois sobre et percutante, avec des dialogues pleins de réalisme et des scènes qui sont à la fois touchantes et pleines de tension. Le film s'attarde sur des thèmes universels tels que la solidarité, les rêves de réussite et les sacrifices personnels, tout en explorant la fragilité des liens humains lorsque les rêves se confrontent aux réalités de la vie.

Visuellement, le film bénéficie d'une photographie soignée et d’une atmosphère typique des années 30 qui renforce son authenticité et son impact émotionnel. Bien que le film ait un rythme assez calme, il parvient à captiver grâce à l'intensité de son propos et à la richesse de ses personnages.

La Belle équipe est une œuvre qui, au-delà de son époque, propose une réflexion poignante sur les rêves et la fraternité. Si certains aspects peuvent sembler un peu datés aujourd’hui, la sincérité du film et la profondeur de ses personnages font de ce classique une œuvre intemporelle qui mérite d’être vue et redécouverte.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

103 abonnés 4 606 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 février 2024
Sur la forme, le film est Julien Duvivier est le reflet d'une époque dure mais pittoresque: l'ouvrier parisien, les guinguettes du bord de Marne, la langue de Paname tiennent un place prépondérante. Le début du film a le ton de la comédie; la belle équipe de copains vit, avec une certaine désinvolture, du chômage, de l'amitié masculine et de l'entraide, et même un gain à la loterie ne la sépare pas. Au contraire, ensemble, ils investissent et bâtissent une guinguette avec l'enthousiasme de l'ouvrier affranchi. Période idyllique bientôt spoiler: contrariée par de purs éléments de mélodrame.

A cet égard, on ne saurait dire si l'approche de Duvivier (et de son co-scénariste Charles Spaak) participe du mouvement réaliste évoquant la condition prolétarienne des années 30 ou si elle est d'essence romanesque. Car il y a une certaine complaisance dans l'accumulation des aléas qui déterminent spoiler: l'échec de la belle équipe, décimée par une amourette, une expulsion du territoire, un accident et, surtout, par l'action d'une garce, véritable femme fatale des faubourgs parisiens. Le drame
semble alors un peu artificiel, voire pathétique, mais les personnages sont attachants et le ton populiste a conservé un certain charme.
A noter que le film a été tourné avec deux fins, l'une dramatique (d'origine), l'autre "optimiste" comme on a dit à l'époque.
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