Quand les képis prennent leur retraite… mais pas leur calme
Le Gendarme en balade aurait pu sonner la fin d’une époque, celle d’une équipe de bras cassés en uniforme sur les routes du Midi. Mais au lieu de faire ses adieux, ce quatrième opus offre à Cruchot et sa clique un dernier baroud d’honneur… en civils, mais pas sans panique.
Recalés à la retraite contre leur gré, nos gendarmes sentent encore l’appel de la sirène. Et comme souvent dans la saga, il suffit d’un grain de sable — en l’occurrence un camarade devenu amnésique — pour que le groupe remette son nez dans une enquête rocambolesque. La recette est familière : poursuites absurdes, déguisements improbables, gros plans sur Louis de Funès qui s’agite dans tous les sens. Mais malgré la répétition des gags, on ne boude pas son plaisir.
L’humour fonctionne encore, même s’il est parfois un peu daté. Les situations s’enchaînent avec un rythme bon enfant, et la nostalgie joue à fond : on a l’impression de retrouver une bande de potes, un peu rouillés, mais toujours partants pour la bagarre. C’est le charme de cette suite : moins militaire, plus tendre. On sent poindre un soupçon de mélancolie derrière les grimaces — comme si le film lui-même savait que la grande époque touche à sa fin.
De Funès est en grande forme, toujours survolté, entouré d’une équipe fidèle qui tient bien la cadence. C’est peut-être pas le plus fou des volets, ni le plus inventif, mais il y a un vrai plaisir à les voir hors cadre, confrontés à l’ennui, à la modernité, et à leur propre vieillissement… sans jamais perdre leur sens du devoir (et de la comédie).
Le Gendarme en balade, c’est une bouffée d’humour old school, un peu poussiéreuse parfois, mais pleine d’affection. On rit, on sourit, et surtout : on ne regrette pas la promenade.